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17 février 2018
Par Elizabeth Landry

Une fille qui voyage fait-elle peur aux hommes?

Bonjour tout le monde,
J’espère que vous allez bien et que vous comptez faire un petit voyage bientôt, que ça soit tout près de chez vous où au bout du monde:)

Ça fait toujours du bien de s’évader non?

Ça me rappelle cette fois où une amie m’a lancée lors d’une journée au spa:
«  Que fuis-tu pour partir aussi souvent? »
Sa question m’a choqué.
Pour elle, découvrir le monde voulait dire fuir quelque chose.

En gros, elle aurait préféré que je m’ennuie à la maison que de plonger sur la Grande-Barrière de corail, de surfer au Portugal ou de discuter pendant des heures avec un inconnu sur une plage à Bali.

Ces expériences me rendent riche. Tellement plus riche qu’une personne qui gagne des millions mais qui les accumulent dans son compte en banque.
La vie c’est fait pour, comme le mot l’indique : « vivre ».

Et si pour certains voyager souvent rime avec « fuir » alors qu’il en soit ainsi.

La St-Valentin vient de passer. Je suis célibataire et on m’a souvent dit que c’était à cause de mon métier justement.

Bien que j’aimerais comme plusieurs partager des beaux moments avec un homme que j’aime, c’est hors de question que je m’empêche de découvrir le monde pour « peut-être » rencontrer l’âme sœur.

Soyons franc, si cet homme n’a pas été piqué par le désir de voyager, que je le rencontre dans mon salon ou sur la route, quand l’aventure coule dans vos veines, même l’amour le plus fort risque de ne pas survivre…

Pourtant la question ne cesse de revenir.

Une fille qui voyage fait-elle peur aux hommes?

Sur ce, bonne semaine et je vous souhaite de conquérir vos rêves!

Bon vol!
Elizabeth xxx

Vous avez le goût de partager vos impressions? N’hésitez pas à me laisser vos commentaires en bas de l’article!

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3 février 2018
Par Elizabeth Landry

Le gros bon sens

Ça s’est passé dans une librairie récemment ouverte à Saint-Georges de Beauce. Je venais de faire trente minutes de voiture pour me rendre à un dîner et comme j’étais en avance j’ai décidé de faire un arrêt au magasin du coin.

J’avais l’une de ses envies et m’étant retenue durant tout le trajet, j’ai aussitôt demandé au commis où étaient situées les toilettes dans l’établissement.

« Oh, mais elles ne sont réservées qu’aux employés », m’a-t-il informé.

Je ne suis pas un enfant et je peux me retenir, mais ce jour-là, j’avais la vessie bien remplie alors j’ai insisté, même supplié, l’orgueil bien effacé.

Compatissant, il m’a incité à le suivre à l’arrière.

Comme il était gêné d’enfreindre la règle d’or, il a annoncé ma venue à l’employée qui s’affairait à ouvrir des boîtes dans le back-store.

« La dame a envie d’aller aux toilettes … » lui a-t-il dit.

J’ai avancé ma tête dans l’embrasure de la porte pour montrer mon visage, petit sourire timide.

« Ah non ! Ce n’est vraiment pas possible! s’est-elle offusquée. Cette toilette est pour nous, pas pour les clients. Si on commence à laisser tout le monde entrer, ça ne finira plus !

 

Le jeune homme m’a donc regardé et m’a lancé un beau « Désolé ».

Je suis restée bouche bée et je n’ai pas renchéri. Je suis retournée rejoindre les deux autres clients qui bondaient le magasin en ce jeudi matin très très achalandé.

Je n’ai pas eu le choix de quitter l’établissement. Disons que j’avais un bon litre de liquide à expulser de mon corps et que sincèrement, mon désir de faire des achats venait de s’envoler.

Puis, j’ai réfléchi. Si j’avais été prise d’une soudaine tourista, aurais-je été obligée de perdre ma dignité pour arriver à me soulager ? Ou si mes pertes féminines m’avaient surprise en plein magasin, aurais-je été obligée de leur montrer ma petite culotte pour prouver que j’avais besoin d’une toilette ?

Cette histoire m’amène à établir un parallèle avec une autre histoire que j’ai vécue dans l’avion.

CUN – YUL (Cancun – Montréal)

 

 

Nous étions en plein service au retour du Mexique. Pour ceux qui voyagent souvent, vous devez savoir que sur les vols du Sud, nous vendons la nourriture, l’alcool, les grignotines, bref, tout.

J’étais assignée au chariot des sandwichs et je descendais l’allée en distribuant la nourriture aux bons preneurs. C’est alors qu’une jeune femme assise à la fenêtre m’a interpellé.

« Est-ce que vous prenez la carte de débit ? »

Je lui ai informé que malheureusement non, que nous n’acceptions que les cartes de crédit.

C’est alors qu’elle m’expliqua la situation.

« Nous n’avons qu’une carte de crédit prépayée et les guichets dans l’aéroport n’acceptaient pas notre carte et nous n’avons pas mangé depuis trois heures. Mon fils a vraiment faim…  »

Désespéré et affamé, le mari de la femme a renchéri aussitôt.

« Si vous avez quelque chose qui reste, n’importe quoi, on va se le partager… »

La vie est remplie de règles et de lois à suivre. Mon ordre à moi était de vendre mes « délicieux » sandwichs.

Parce qu’une règle existe, il faut la suivre non? FAUX ! Des fois, il faut aussi utiliser son GROS BON SENS et son cœur !

J’ai nourri toute la famille ! Trois bons gros sandwichs pour nourrir un enfant de quatre ans et ses parents qui avaient mis de côté pendant une seconde leur fierté pour demander mon aide.

En suivant la logique de Madame Librairie, aurai-je donc dû répondre:

« Désolée, il ne reste que trois heures de vol, il va falloir endurer. Pas d’argent, pas de sandwichs! » ?


Un merci spécial à l’employé du Renaud-Bray pour m’avoir inspiré cette anecdote 🙂


 

Vous avez une opinion à ce sujet? N’hésitez pas à me laisser un commentaire ci-bas. Et surtout pour d’autres anecdotes croustillantes, procurez-vous mes livres disponibles aussi chez Renaud-Bray 🙂

 

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17 octobre 2017
Par Elizabeth Landry

Bye bye la machine à LIKE!

Ça fait longtemps que j’y pense et j’ai besoin de vous en parler.

L’autre jour, j’ai lu un article d’une blogueuse qui disait qu’elle était devenue accroc aux réseaux sociaux. Que rares étaient les soupers entre amis sans téléphone portable.

Elle mentionnait aussi qu’à chaque post qu’elle mettait sur sa page Facebook, elle s’interrogeait : « Est-ce que je vais avoir assez de J’AIME ? » Et qu’à force de publier des photos, des articles, un peu de notre vie, on finissait par la perdre justement notre vie. L’instant présent.

Je me suis reconnue là-dedans. J’ai commencé à écrire car je voyais tellement de belles choses dans le monde que je voulais en faire profiter les autres. Je voulais vous inciter à parcourir le monde, vous aussi.

C’est en plongeant avec les requins aux Bahamas que j’avais ressenti le désir d’écrire, de partager mon expérience. Ça avait été si magique ! Je pense que ça l’avait été, justement parce que ce jour-là, j’avais profité du moment présent. J’avais regardé chaque requin qui nageait devant moi. Qui m’hypnotisait.

 

J’avais pris des photos sous l’eau certes. Il me fallait bien un petit souvenir. Pour MOI. Je n’étais pas là à chercher l’angle parfait pour que l’image soit WOW et récolte des LIKE. De toute façon, je n’avais pas de Facebook encore. Mon blogue n’existait pas. Instagram on n’en parlait même pas.

À mon retour de voyage, j’avais appelé un ami qui travaillait pour un magazine. Je lui avais proposé mon expérience par écrit. Heureusement, mes photos étaient belles et j’avais pu les utiliser pour l’article. Mes mots transportaient le lecteur. L’amenait avec moi à Nassau avec ces magnifiques requins.

 

Des années plus tard, j’ai l’impression de ne plus saisir ces moments si précieux. Si important lorsque l’on raconte une histoire. Je pense être une écrivaine dans l’âme. Mais pour cela, je dois m’inspirer, vivre, profiter des aventures qui s’offrent à moi, sans être préoccupée par la machine à LIKE.

J’ai l’impression qu’à force de chercher de bons sujets d’articles, de prendre des photos sur le vif pour les agrémenter, j’en suis venue à me comparer et à cesser de profiter du voyage en soi juste pour prendre LA photo qui va faire augmenter mes followers.

Je ne me souviens plus de la dernière fois où j’ai visité une ville la tête vide sans même prendre une photo. Sans me dire que ce paysage, ruelle, monument ferait une belle photo sur Instagram ou obtiendrait des partages sur Facebook.

Je ne crois pas être la seule dans cette situation. Mon fil d’actualité est rempli de selfie pris dans un merveilleux décor mais auquel la personne lui fait dos. Voyageons-nous pour prendre une photo ou pour vivre une expérience?

J’ai voyagé souvent seule et j’ai été confrontée à moi-même et j’ai appris un peu plus sur moi-même. Je veux encore voyager pour être éblouie par le monde, les gens et vivre des aventures toutes aussi surprenantes les unes que les autres.

Je veux avant tout voyager pour être présente dans chaque moment et m’allouer le droit de ne plus me sentir coupable parce que je n’ai pas retenu l’adresse de tel restaurant à Sydney ou photographié ce beau coucher du soleil pour vous en faire part.

Ce n’est pas vous chers lecteurs qui m’avez mis de la pression. Bien sûr que non ! C’est moi qui a fait cela seule, comme une grande ! Je suis bien bonne là-dedans, me mettre de la pression.

Cette fois-ci, je pars pour moi. L’Australie m’attend. J’ai toujours voulu visiter ce pays et pas question que je parte en me disant qu’il me faut la SHOT pour en mettre plein la vue.

Je veux pouvoir prendre une photo parce que ce paysage m’émeut. Je veux aussi ne pas prendre rien parce que j’ai juste le goût d’admirer ce que je vois. Je veux revenir et écrire sur ce que j’ai vécu parce que je l’ai vécu à fond.

Bye bye la machine à LIKE. On se revoit en janvier 2018 !

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30 avril 2017
Par Elizabeth Landry

Comment je suis devenue agente de bord. La magie de la vie?

J’étais prédestinée à devenir agente de bord. Depuis longtemps qu’on me lançait: « Toi, tu devrais devenir hôtesse de l’air! ». C’est clair qu’à me voir partir comme ça à l’étranger chaque été, j’avais le profil de l’emploi. Mais je m’entêtais. J’allais terminer l’université, travailler dans un bureau, avoir une carrière importante BLA BLA BLA. Dans ma tête, (préjugés inclus), je ne pouvais finir à servir des PEPSI dans un avion.

J’avais tout faux! Être agent de bord, c’est bien plus que cela (comme vous l’avez sûrement compris en suivant mon blogue et mes livres). C’est des belles rencontres, des aventures différentes d’un vol à l’autre, l’ouverture sur le monde. C’est aussi porter plusieurs chapeaux: infirmière, psychologue, mécanicienne ou même d’être un système GPS 🙂

Bien sûr, la fatigue et le décalage horaire reste difficile à gérer ( et un jour si je change de métier, ils en seront la cause principale…) mais j’ai souvent le plaisir de me dire lorsque je travaille que je n’ai pas vu le temps passer. Pouvez-vous en dire autant de votre métier? (Si oui, faites m’en part dans les commentaires ci-bas.)

Je m’étais donnée six mois. Six mois pour essayer. Pour penser à ce que je voulais faire dans la vie. Dix ans plus tard, je suis encore là.

Vous vous demandez alors, étant donné que je ne voulais pas devenir agente de bord, pourquoi je le suis aujourd’hui?

La magie de la vie. Comme quoi des fois, si votre chemin est tel, la vie s’arrange pour vous le montrer.

 

 

Un jour, je reçois l’appel d’une bonne amie à moi. Elle avait comme moi terminé l’université et se cherchait un peu. Elle avait postulé pour Air Canada à Vancouver et avait obtenu le poste.

« Applique! m’a-t-elle dit. Tu ne sais pas quoi faire. Tu n’as rien à perdre après tout…»

Comme j’étais vraiment perdue à ce moment de ma vie, j’ai décidé d’appliquer. Comme les entrevues à Montréal étaient terminées, ma mère m’a forcée de me rendre à Toronto. Je suis partie seule, bien motivée à dénicher l’emploi.

J’avais préparé des questions-réponses selon les recommandations de mon amie. Je les avais tellement répétées que je les savais par coeur.

Le jour de l’entrevue, trop stressée, j’ai réalisé la pire entrevue de ma vie en tutoyant, non pas 1 fois mais 2 fois mon interviewer!

Le courant ne passait pas entre elle et moi. Je ne me sentais pas bien. Un inconfort inexplicable.

Dans la salle d’attente, mon voisin s’est mis à me parler. Je lui ai dit que je ne pensais pas être choisie. C’est là qu’il m’a mentionné le nom d’une autre compagnie qui embauchait des agents de bord. Il avait aussi postulé pour celle-ci et je pouvais faire de même si je le voulais.

Je suis revenue bredouille de Toronto mais je ne me suis pas découragée. Dès mon retour, à 23h tapantes, j’ai envoyé mon application à l’autre compagnie. En pressant la touche ENTER, j’étais loin de me douter que je scellais ma carrière pour un bon bout de temps.

L’entrevue s’est bien déroulée. Non seulement parce que je savais quoi répondre (j’avais tellement appris mon texte que ça coulait naturellement) mais aussi parce qu’en entrant au siège social, une énergie positive me donnait le goût d’y rester. Il fallait que je travaille ici.

Mon métier, je l’aime pour ses hauts et ses bas (surtout quand ça me donne des bonnes anecdotes à raconter! ) mais aussi parce que j’ai été choisie par une compagnie qui a réussi à me faire tatouer sur le coeur son étoile bleue que je ne troquerais jamais pour une autre.

Alors voilà. Tout comme les quelques 80 collègues qui ont été embauchés en même temps que moi, je souffle mes bougies. Merci pour ces 10 ans avec vous ! L’aviation étant ce qu’elle est … une source inépuisable d’inspiration!

 

◊ Par souci de confidentialité, vous remarquerez que je ne nomme pas LA compagnie en question. Les indices sont là, faites vos déductions…  À noter que L’Hôtesse de l’air est une entité à part entière et que les propos exprimés sur ce blogue ne représentent pas ceux de mon employeur.

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2 février 2017
Par Elizabeth Landry

Amman-Montréal. Le vol d'une vie.

Dans la foulée du récent évènement à Québec, l’un de mes collègue agent de bord a ressenti le désir de me partager son expérience qu’il a vécue à bord d’un avion nolisé pour les réfugiés syriens. L’immigration c’est la quête d’une vie meilleure et des fois l’équipage devient témoin de cette nouvelle aventure qui commence. L’avenir est prometteur. Il devrait l’être… L’Hôtesse de l’air et ses collaborateurs offrent ses sympathies à la communauté musulmane.

Amman (ADJ) – Montréal (YUL), janvier 2016.

Naïm. Sa femme et deux préados. Le vol d’une vie. De quatre vies.

Il est là, assis devant moi, nous nous observons timidement l’un l’autre. Cet étranger qui n’en est pas un. Poliment, il me décline quelques-unes de ses multiples préoccupations quant à l’odyssée qu’il entame.

« Quel quartier serait pour moi et ma famille un endroit où renaître? Où mes enfants recommenceront à rêver et où je pourrais oser croire qu’ils ont une chance de réaliser leurs rêves? »

Le genre d’interrogations à sens multiples qui vous scient les jambes. Je réalise que pour cette cohorte précise de voyageurs, la guerre n’est plus dehors dans la rue. Elle est désormais beaucoup plus subtile et internalisée. C’est la guerre de l’immigrant: préjugés, discrimination, adaptation et certainement ici désorientation.

De pharmacien à réfugié, voilà Naïm.

Précision: des réfugiés, ça arrive aussi au pays en veston-cravate, digne et fier. Avec le sentiment d’abandonner un projet en cours. Deux cent trente fois au moins. 230 passagers ou immigrants forcés. Pas réfugiés. C’est selon moi la définition.
Mais certainement réfugiés de cœur et de rêves brisés. Des puits de larmes asséchées. De la révolte parfois oubliée, mais partout télévisée. De la pathologie des masses. Du laboratoire en relations internationales échouées, aveugle à l’humanité.

Quelques mois seulement avant notre envolée, toujours en Syrie, Naïm, le pharmacien, ose ouvrir boutique. En plein Damas à feu et à sang. Une affiche à l’extérieur indique à qui mieux mieux de rentrer. De se servir gratuitement. Il sera là pour prodiguer quelques soins et conseiller les courageux qui auront bravé la rue.

Naïm liquide son inventaire. Le point de non-retour est derrière. Ça ne peut plus continuer. Il partira chez un cousin au Liban voisin dès la première opportunité.
De là, il cherchera à rejoindre Beyrouth où il postulera auprès de délégations étrangères et, si Dieu le veut, il partira. Lui et sa famille partiront vers une destination inconnue, car ni Naïm, ni sa femme, n’ont de famille à l’étranger, mis à part un oncle distant.

Le cousin libanais est débordé. Le quart de la population libanaise est réfugiée. Littéralement 25%. Et celle-ci n’est pas toute peuplée de vestons-cravates à la profession libérale.
La famille de Naïm passe un an dans une chambre d’hôtel de Zahlé, ville mixte chrétienne-sunnite où demeure le cousin. Un an avant d’obtenir le visa tant attendu.

Rejoindra-t-il cet oncle maternel à Laval? Ou ira-t-il à Ville Saint-Laurent?

Le regard rempli d’inquiétude, il me questionne: « Où crois-tu qu’il me sera plus facile de faire une équivalence pour pratiquer un jour mon métier? Au Canada, poursuit-il, c’est bien un État? Il y aura donc un fonctionnaire pour me guider? »

Je le rassure. « Oui, au Canada il y aura un fonctionnaire pour te guider dans tes recherches. »

Assis dans son siège d’avion, il poursuit.

GOD and taxes. Ce sont bien les deux certitudes qu’ont les Américains n’est-ce pas? Car en Syrie, il n’y a plus d’État à qui payer ses impôts. Que des huissiers armés jusqu’aux dents. Et ces derniers ne sont intéressés que par une seule devise: le sang ennemi. Là-bas au Canada, Inchallah, je pratiquerai ma profession et je serai contribuable. Je pourrai ainsi rembourser ce vol.

Et les cours de perfectionnement du français, or english?

Mon ami, un 4 1/2, c’est une ou 2 chambres à coucher? J’ai vu dans Internet, mais je ne m’en souviens plus.

Je prendrai ton conseil et irai à Montréal. Si tu me dis que c’est près du métro et de l’épicerie moyen-orientale… et aussi le bonheur de te savoir ici pas très loin.

Autant de questions, autant d’espoir, de désespoir, de sentiments entremêlés. En quelques moments partagés à bord, en quelques moments où nous sommes dans le même vaisseau; Naïm et sa famille seront les visages de leur pays, de tous ces pays abusés par des forces plus grandes, qui souvent, par vil intérêt, ne se mêlent pas de leurs oignons.

Malgré le combat et sa suite en exode, ces quelques cohortes de passagers-émigrants auront laissé une trace indélébile dans mon cœur. De par nos moments partagés ensemble, j’ai saisi un sens réel à ma présence à bord. Et je serai longtemps reconnaissant envers Naïm, sa famille et tous ceux dont j’oublie leurs noms, mais pas leurs souvenirs.

J’étais loin du bougon parti une semaine apprendre le mexicain ou du cousin venu faire sa cabane au Canada. Juste pour ça, merci! 😉

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19 avril 2013
Par Elizabeth Landry

Pas si facile que ça d'écrire.

Cette semaine, une amie m’envoie ceci →

Traduction: Il n’y a rien de difficile dans l’écriture. Tout ce que tu fais c’est t’asseoir devant un clavier et saigner …

Évidemment, le célèbre écrivain usait d’un peu de sarcasme. Ce qu’il voulait plutôt dire c’est qu’en écrivant tu y mets ton âme jusqu’à y laisser ta dernière goutte de sang et que non, même pour Ernest Hemingway, ce n’était pas toujours facile de faire apparaître des mots sur une page blanche.

Cette citation ne pouvait pas mieux tomber. Car je suis vidée. Oui vidée! Les mots sont disparus, ils ne sortent plus!

Malheureusement, cette saignée tombe à un très mauvais moment. Pour écrire mon deuxième roman (oui le 2 ieme… et le premier ne sort qu’en septembre chez Libre-Expression), j’ai décidé de participer à une retraite d’écriture en Angleterre. J’en suis au mi-parcours de mon séjour et là, je viens de frapper le mur. Plus rien ne sort. J’ouvre mon document et j’ai le goût de le refermer aussi vite. Mon inspiration, imagination, flamme appelée la comme vous le voulez, s’est éteinte. Elle va revenir, j’en suis sûre, mais disons que j’aurais apprécié qu’elle meure dans deux semaines lorsque je reviendrai. Alors, je suis là, à déjeuner, à dîner, à souper avec ces autres écrivains qui sont ici par plaisir ou pour terminer un manuscrit et qui s’exclament simplement: «J’ai écrit 2000 mots aujourd’hui!». Et moi … Euh! Je passe.

Avec cette frustration qui m’habite, ce n’est décidément pas le meilleur état d’esprit pour pondre de bonnes idées. Alors, j’ai décidé d’attendre qu’un souffle d’inspiration me balaie à nouveau l’esprit. J’ai visité les alentours en attendant. C’est en changeant de décor que tout reviendra dans l’ordre. Enfin, je l’espère:) Je vous offre ainsi quelques-unes de mes découvertes tout au long de cet article.

Mais encore? Et bien apparemment, je ne suis pas la seule qui lutte ainsi pendant l’écriture d’un livre.

En fait, je suis tombée sur le blogue d’une Américaine qui s’appelle Kristen Lamb.

Dans son article, elle tente de briser le mythe suivant: les vrais écrivains ne luttent pas pour écrire. En bref, c’est facile pour eux. FAUX!

Selon elle, cela prend beaucoup de courage pour écrire un livre et encore plus pour le partager au reste du monde et s’ouvrir ainsi à la critique. Il y a ce mythe qui dit que les vrais auteurs sont nés déjà génies et qu’ils ne réécrivent, révisent ou ne recommencent jamais. C’est un mensonge. Il y a des exceptions bien entendues, mais les autres n’écrivent pas en criant «Pinotte!». Lutter pour écrire fait partie du processus. Et avoir de la difficulté ne fait pas de nous de faux auteurs.

    

Madame Lamb explique qu’il y a deux types d’écrivains. Les Scrivnus Aspirus et les Scrivnus Authenticas. En résumé, l’Aspirus est celui qui dit: «Oh! J’ai vécu tellement d’expériences pour faire un bon livre. Un jour, je l’écrirai». S’il essaie d’écrire, il le fera sans se donner trop d’effort et sans vraiment terminer rien. Il donne par contre l’impression pour les autres qu’écrire lui semble un jeu d’enfant mais il n’écrit jamais vraiment non plus.

À l’inverse, l’Authenticas travaille et écrit des mots. Beaucoup de mots. Plusieurs des Authenticas pensent que s’ils n’écrivent pas de bons mots ou des mots sujets à remporter des prix, c’est qu’ils sont sûrement des Aspirus. Mais tous les mots, bons ou mauvais comptent.

L’Authenticas peut avoir de la difficulté en écrivant son livre et c’est comme cela qu’il deviendra plus fort.

Lang conclut en disant que si l’un souffre, a mal et se sent comme si son cortex cérébral faisait du Ashanga yoga à chaque fois qu’il pond un mot, c’est sûrement un Authenticas.

Je remercie Madame Lang pour cet article. Il me réconforte. C’est donc normal d’avoir des moments morts, durs où les mots ne viennent pas. En attendant que tout rentre dans l’ordre, je devrais peut-être m’amuser:) À moi la conquête de l’Angleterre alors!

Pour lire l’article en question, cliquez ici.

Pour faire une retraite en Angleterre avec, je vous le souhaite, de l’inspiration, cliquez ici.

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