Chroniques

19 avril 2013
Par Elizabeth Landry

Pas si facile que ça d’écrire.

Cette semaine, une amie m’envoie ceci →Ernest Hemingway quote

Traduction: Il n’y a rien de difficile dans l’écriture. Tout ce que tu fais c’est t’asseoir devant un clavier et saigner …

Évidemment, le célèbre écrivain usait d’un peu de sarcasme. Ce qu’il voulait plutôt dire c’est qu’en écrivant tu y mets ton âme jusqu’à y laisser ta dernière goutte de sang et que non, même pour Ernest Hemingway, ce n’était pas toujours facile de faire apparaître des mots sur une page blanche.

Cette citation ne pouvait pas mieux tomber. Car je suis vidée. Oui vidée! Les mots sont disparus, ils ne sortent plus!

Malheureusement, cette saignée tombe à un très mauvais moment. Pour écrire mon deuxième roman (oui le 2 ieme… et le premier ne sort qu’en septembre chez Libre-Expression), j’ai décidé de participer à une retraite d’écriture en Angleterre. J’en suis au mi-parcours de mon séjour et là, je viens de frapper le mur. Plus rien ne sort. J’ouvre mon document et j’ai le goût de le refermer aussi vite. Mon inspiration, imagination, flamme appelée la comme vous le voulez, s’est éteinte. Elle va revenir, j’en suis sûre, mais disons que j’aurais apprécié qu’elle meure dans deux semaines lorsque je reviendrai. Alors, je suis là, à déjeuner, à dîner, à souper avec ces autres écrivains qui sont ici par plaisir ou pour terminer un manuscrit et qui s’exclament simplement: «J’ai écrit 2000 mots aujourd’hui!». Et moi … Euh! Je passe.

Cheval galopant sur la plage de WideMouth Bay, Cornwall.

La plage de WideMouth Bay, Cornwall.

Avec cette frustration qui m’habite, ce n’est décidément pas le meilleur état d’esprit pour pondre de bonnes idées. Alors, j’ai décidé d’attendre qu’un souffle d’inspiration me balaie à nouveau l’esprit. J’ai visité les alentours en attendant. C’est en changeant de décor que tout reviendra dans l’ordre. Enfin, je l’espère:) Je vous offre ainsi quelques-unes de mes découvertes tout au long de cet article.

Des kiteboarders sur la magnifique plage de Saunton dans le Devon.

Des kiteboarders sur la magnifique plage de Saunton dans le Devon.

Mais encore? Et bien apparemment, je ne suis pas la seule qui lutte ainsi pendant l’écriture d’un livre.

En fait, je suis tombée sur le blogue d’une Américaine qui s’appelle Kristen Lamb.

Dans son article, elle tente de briser le mythe suivant: les vrais écrivains ne luttent pas pour écrire. En bref, c’est facile pour eux. FAUX!

Selon elle, cela prend beaucoup de courage pour écrire un livre et encore plus pour le partager au reste du monde et s’ouvrir ainsi à la critique. Il y a ce mythe qui dit que les vrais auteurs sont nés déjà génies et qu’ils ne réécrivent, révisent ou ne recommencent jamais. C’est un mensonge. Il y a des exceptions bien entendues, mais les autres n’écrivent pas en criant «Pinotte!». Lutter pour écrire fait partie du processus. Et avoir de la difficulté ne fait pas de nous de faux auteurs.

Cabanes à Saunton Beach   Cheval près de Sheepwash, Devon Mouton noir dans un pré près de Sheepwash, Devon

Madame Lamb explique qu’il y a deux types d’écrivains. Les Scrivnus Aspirus et les Scrivnus Authenticas. En résumé, l’Aspirus est celui qui dit: «Oh! J’ai vécu tellement d’expériences pour faire un bon livre. Un jour, je l’écrirai». S’il essaie d’écrire, il le fera sans se donner trop d’effort et sans vraiment terminer rien. Il donne par contre l’impression pour les autres qu’écrire lui semble un jeu d’enfant mais il n’écrit jamais vraiment non plus.

Le village de Sheepwash, Devon

Le village de Sheepwash, Devon

À l’inverse, l’Authenticas travaille et écrit des mots. Beaucoup de mots. Plusieurs des Authenticas pensent que s’ils n’écrivent pas de bons mots ou des mots sujets à remporter des prix, c’est qu’ils sont sûrement des Aspirus. Mais tous les mots, bons ou mauvais comptent.

L’Authenticas peut avoir de la difficulté en écrivant son livre et c’est comme cela qu’il deviendra plus fort.

Lang conclut en disant que si l’un souffre, a mal et se sent comme si son cortex cérébral faisait du Ashanga yoga à chaque fois qu’il pond un mot, c’est sûrement un Authenticas.

Je remercie Madame Lang pour cet article. Il me réconforte. C’est donc normal d’avoir des moments morts, durs où les mots ne viennent pas. En attendant que tout rentre dans l’ordre, je devrais peut-être m’amuser:) À moi la conquête de l’Angleterre alors!

Pour lire l’article en question, cliquez ici.

Pour faire une retraite en Angleterre avec, je vous le souhaite, de l’inspiration, cliquez ici.

Agneaux dans les prés de Sheepwash, Devon

Agneaux dans les prés de Sheepwash, Devon

Partagez!
< Nouvelles chroniquesAnciennes chroniques >

Laisser un commentaire

avatar

Yves Destination-Terre
Invité
4 années 1 mois plus tôt

Bel article Elizabeth! Surtout qu’il tombe à point car je suis moi aussi en processus d’écriture depuis le mois dernier pour un ouvrage à paraître sous peu. C’est la panique! Il y a de bons jours mais aussi de très mauvais jours… Et l’erreur que l’on fait souvent est justement la tendance à valider la qualité de notre journée de travail en regardant le nombre de mots que l’on a écrit. 2000 mots est effectivement une bonne journée! Mais quand on en fait seulement 33 ou 67 (et ça arrive) là c’est moins drôle. Enfin, pour certains, 2000 mots ça peut paraître pas grand chose, mais quand on considère qu’en moyenne il y a 350 mots par page, le calcul est facile à faire.

La théorie avec laquelle je suis moins d’accord est celle qui dit que l’on doive absolument souffrir pour écrire. Comme le fait de saigner ou encore, moins jolie celle-là, de mettre ses tripes sur papier. C’était peut-être vrai pour certains écrivains tourmentés, mais dans la vraie vie peut-être pas. Certains écrivent uniquement dans la douleur…

Parce que l’écriture, selon plusieurs, est aussi une discipline. John Irving par exemple, dont le talent n’est plus à discuter, affirme que l’écriture n’est ni plus ni moins que 10% de talent et 90% d’effort. Et j’y crois moi aussi. Évidemment, il y a les écrivains qui pondent un roman en 48 heures (comme ce fut le cas par le passé pour Stephen King) et d’autres qui mettent des années.

Il m’arrive moi aussi de manquer totalement d’inspiration. C’est moche quand ça arrive. Mon truc c’est de ne pas me mettre de pression inutile. Alors je fais de la relecture, je corrige, je peaufine. Ça m’amène sur de nouvelles idées. Mais écrire reste toutefois quelque chose de très difficile oui, mais c’est vraiment passionnant.

Bref j’ai vraiment hâte de lire ton travail, si je peux dire ainsi. Vivement Septembre!

wpDiscuz