Chroniques

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13 mars 2013
Par Elizabeth Landry

Les joies du Stand-by

airline-standby-left-copyright3Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, je suis une femme et comme beaucoup de femmes, j’aime bien prévoir et contrôler légèrement (voire un peu trop) les évènements de ma vie. J’aimerais tant quelques fois penser comme un homme et considérer une chose à la fois sans «m’enfarger» dans les fleurs du tapis mais non, j’en suis incapable. Ceci étant dit, lorsque je voyage, j’essaie toujours de me laisser porter par le courant car souvent les plus beaux voyages en découlent. Néanmoins, je tente quand même de planifier mon itinéraire pour ne pas me retrouver sans toit pour la nuit.

Mais l’imprévu étant ce qu’il est, il n’arrive jamais en annonçant sa visite. Résultat: on perd le contrôle et il faut s’adapter. Regard sur les joies du stand-by.

Destination: Los Angeles (LAX)

Plan A: Bus jusqu’à New York (Newark) / Avion jusqu’à Los Angeles (JFK -LAX)

Plan B: Avion jusqu’à New York (NEWARK) / Nuit à NYC / Avion JFK – LAX

Plan C: Imprévu…

Billets émis pendant l'aventure

Billets émis pour l’imprévu (retour inclus)

En tant qu’agent de bord, je peux voyager sur d’autres compagnies aériennes selon les ententes que ma compagnie détient avec certaines d’entre elles. La procédure: je me présente au comptoir de la compagnie désirée. Je demande le droit de voyager en stand-by vers une destination x. Après avoir montré ma carte d’identification de membre d’équipage et vérification des ententes respectives, me voilà en possession d’un billet d’embarquement stand-by. Je traverse la sécurité et à la dernière minute, si un siège est disponible, je m’envole vers New York, Atlanta ou ailleurs. Tout cela pour 0 $ (ou généralement pas plus que 50$). Alléchant? Certainement! Il me fallait essayer!

Siège dans un avionEn restant consciente que le stand-by offre la possibilité de voyager qu’uniquement si un siège est disponible à bord, j’avais planifié un peu à l’avance mon itinéraire. J’aurais pu choisir l’option 1 et prendre l’autobus de nuit jusqu’à New York pour ensuite rejoindre l’aéroport. Les chances que tout fonctionne étaient très élevées car je n’aurais eu qu’à faire du stand-by qu’une seule fois. Si je manquais le premier vol de la journée, il m’en restait encore 4 ou 5 à prendre. Rien d’inquiétant.

Mais pourquoi prendre l’autobus pendant 8 heures quand on peut s’y rendre en 2 heures? J’ai donc choisi l’avion. Le plan semblait prudent. Je dormirais une nuit à New York, ce qui me donnerait ainsi toute la journée pour m’y rendre (l’option de ne jamais me rendre ne voguait pas dans mon esprit) et ainsi je pourrais visiter la ville et partir le lendemain à Los Angeles. Tout était en règle jusqu’à ce que New York tombe sous la neige…

Newark aéroport new york sous la neige

YUL-YYZ – ?

Porter à TorontoJ’avais décollé à 7:30 du matin pour Toronto. Je devais prendre ensuite le prochain vol vers Newark. Pas un seul stand-by à part moi sur le vol et plusieurs sièges de libre. Comme prévu, je visiterais la Grande Pomme en après-midi. Il était 9 heures du matin. J’avais pleinement le temps de me rendre. Je m’assis donc tranquillement dans l’aire d’attente. Quelques délais s’affichèrent sur l’écran mais encore confiante, je ne m’y attardai pas.

Un premier vol vers New York partit. Le mien était le prochain. 10 h. 11h. 12h. Toujours rien. Je demandai des informations. La dame me dit que les vols étaient en délai mais qu’ils allaient partir bientôt. 13h encore rien. Je m’avançai à nouveau vers la dame au comptoir. J’étais un peu plus inquiète.

«Madame, quelles sont les chances que j’embarque vers New York?»

Elle consulta son écran d’ordinateur, me regarda et me dit: «Honnêtement. Aucune. »

Quoi?! Aucune! « Mais je n’ai pas de plan B!», pensai-je. En fait, tous les vols étaient annulés. Il n’en restait que trois et tous les passagers prévus sur les autres vols venaient d’être transférés sur ces trois vols. Aucun siège de disponible pour moi. L’imprévu venait de frapper. J’avais soudainement l’impression de devoir concocter une recette de gâteau sans oeufs et sans farine. Il me fallait trouver des ingrédients de remplacement. Lesquels? Si New York n’était plus ma ville de transit, quelles autres possibilités s’offraient donc à moi? Dormir à Toronto et partir le lendemain pour New York? Et si la tempête persistait? Je réfléchis.

SkyScanner applicationAprès avoir utilisé la géniale application SkyScanner, j’entendis une voix salvatrice.

«Mesdames et Messieurs, dernier appel pour Washington D.C. Tous les passagers devraient être à bord.»

Je consultai SkyScanner à nouveau. Un vol vers Los Angeles était prévu dans deux heures.  Je courrai alors au comptoir, tassai les autres passagers en file telle une enragée et dictai à la dame que je voulais tenter ma chance vers Washington. Quelques minutes plus tard, j’entrais la dernière à bord de l’appareil et me présentais au capitaine en disant: « Hey… Désolé… J’étais censée partir pour New York mais finalement ce sera Washington. Je ne sais pas trop comment je vais me rendre en Californie mais bon… on verra!»

Une fois atterri dans la capitale, je ramasse mes valises et je sors de l’appareil en pensant réussir ma mission vers LAX. Malheureusement, j’avais oublié les douaniers! Je dus attendre deux heures en file d’attente avant de pouvoir présenter mon passeport à un agent de l’immigration. Grrrr!

file de passagers aux douanes américaines      Virgin Airlines to SFO

Il est maintenant 17 h. Je décide d’aller voir tout de même au comptoir de Virgin Airlines (la compagnie sur laquelle je peux voler). On m’informe que le vol vers Los Angeles est déjà parti mais qu’il y en a un qui part pour San Francisco (SFO) dans 50 min. Et voilà! Je m’envole vers SFO où je n’aurai d’autre choix que d’y passer la nuit.

Airplane Virgin AirlinesLe lendemain, j’embarquerai vers LAX, encore une fois à bord d’un appareil de Virgin Airlines. Un vrai plaisir de voler sur cette compagnie où les agents de bord sont magnifiquement vêtus, où l’éclairage de cabine nous donne l’impression d’être importants et où même les verres nous parlent. Pas surprenant quand son propriétaire s’appelle Sir Richard Branson.

Glass of Virgin AirlinesAu final, ça n’aura pas été si terrible comme expérience. J’ai entendu bien pire comme histoire… Disons plutôt que ce fût agréable de se laisser guider par le courant.

Ce que j’en conclus: tous les chemins mènent à Los Angeles!

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