Chroniques

15 octobre 2010
Par Elizabeth Landry

L’enfer Ryanair

Qui choisir? EasyJet ou Ryanair?

Comme je m’oblige à répondre à cette pénible question, je comparerai alors Easyjet au tunnel chaud voire brûlant qu’empruntent les âmes pécheresses lors de la descente aux Enfers. C’est orange, c’est agressant. On n’aime pas.

Ryanair, pour sa part, c’est déjà l’Enfer! Le feu brûle et détruit tout sur son chemin. C’est jaune. C’est trop jaune. C’est plus qu’agressant. On veut mourir.

Avion de Ryanair

Il y a peu de temps, une jeune hôtesse de l’air et son équipage embarquèrent à bord d’un des Boeing 737-800 de Ryanair. Le prix des sièges (si l’on peut appeler ceux-ci des sièges) valait probablement une petite bouchée. Le vol durait environ une heure. Ce n’est rien qu’une heure, vous direz. Attendez un instant! C’est une heure de trop. Une heure de cauchemar.

L’équipage en question n’avait pas encore fermé l’oeil, car tous avaient volé durant toute la nuit au-dessus de l’Atlantique.

Après deux heures d’attente dans l’aéroport, l’avion arriva enfin. Les passagers qui étaient déjà à bord descendirent. Une annonce se fit alors entendre et tous les nouveaux passagers se mirent en ligne dans l’espoir d’embarquer rapidement.

Vite, vite, vite. Coups de coude par-ci et coups de bagages par-là. Voyons c’est quoi le problème? Ah! j’avais oublié Ryanair, tout comme Easyjet, n’assigne aucun siège. Premier arrivé, premier servi. Une vraie partie de hockey. «Désolé, j’étais là avant vous.» «Non, c’était moi». Bla, bla, bla.

Durant ce temps, les agents au sol (ceux qui vérifient les billets d’embarquement à la barrière) se préparaient à s’amuser avec toutes ces petites sardines bien cordées, hôtesse de l’air et équipage inclus.

Le Rack

Le Rack de Ryanair

C’est à ce moment que l’ennemi juré des passagers fit son entrée en jeu: le fameux «rack» utilisé afin de mesurer la dimension d’un bagage. Le chef exécutif de Ryanair, Micheal O’Leary a tout compris. Il n’est pas fou ce gars-là. Même si un passager coriace réussit à passer outre au comptoir d’enregistrement, il va se faire prendre à la barrière.

Donc, voilà que le dangereux «rack» bleu s’approche de l’équipage en question. Les petits carry-on des agents de bord (les petites valises à roulettes) doivent donc sans exception entrer aisément entre les barreaux du «rack» sinon il faut payer. Combien? 35 euros!

Après avoir payé ledit montant, notre jeune hôtesse de l’air coupable de voyager avec sa petite valise dans le cadre de son travail, entra sans problème à bord de l’avion infernal. Personne ne lui demanda de la mettre dans le cargo. Personne!

Pourtant, cette charge ridicule n’était-elle pas imposée afin de mettre la valise en soute? Ce «rack» n’était-il pas utilisé dans le but de coincer les malheureux bagages trop corpulents pour entrer dans les compartiments supérieurs? Il semblerait que non, car la petite valise noire entra sans problème et surtout sans question à bord de l’avion.

Je soupçonne que ce «rack» bleu a même été construit trop petit dans le but précis de faire plus d’argent…

Un avion sans équipage ne vole pas loin

File d’attente

Non, ce n’est pas terminé. L’enfer ne fait que commencer. Il y a quelques instants, nos petites sardines fatiguées s’alignaient en file cordée. Ne voilà toujours pas d’embarquement après 30 minutes d’attente.

45 minutes…

1 h…

1h30…

Peut-on monter à bord? Non, impossible. L’équipage du super Boeing est porté disparu. Les passagers sont pourtant en ligne depuis bientôt deux heures mais personne n’est là pour voler l’avion. Et surtout pas question de retourner s’asseoir dans la salle d’attente. Qui va à la chasse perd sa place!

C’est ainsi que l’équipage et l’hôtesse de l’air, à bout de nerfs depuis un bon moment, découvriront alors une nouvelle fonction à leurs carry-on apparemment trop gros pour entrer dans un «rack» Ryanair. Le banc portatif était né!

Mais où est passée la bienséance? Honnêtement, je crois qu’elle s’est envolée quelque part entre minuit, plusieurs au revoir, quelques heures d’attente et 35 euros.

Astuces Marketing

Si Ryanair fait vivre l’enfer à tous les équipages en mise en place, il faut l’admettre, Ryanair détient la formule pour réduire ses coûts d’exploitation et augmenter ses profits.

Voyons voir :

1- Il n’y a pas de cartes de démonstration d’urgence imprimées sur du papier. Sauvons la planète, mais sauvons plutôt notre porte-monnaie en imprimant directement les consignes de sécurité directement sur les sièges.

Consignes de sécurité Ryanair

2. Il n’y a pas de sacs de vomissure non plus. Si vous vomissez, on vous charge probablement 2 € pour le sac! Mais comme le derrière des sièges sont en plastique, j’imagine que quelques gouttes de vomi se nettoient assez bien.

3. À bord, on a droit à un vrai marché ambulant. Les agents de bord font des annonces pour vendre toutes sortes d’items : des cigarettes qui ne produisent pas de fumée, des coupons de loterie ou des articles de la boutique hors-taxes.

4. D’ici deux ans, vous pourrez voyager debout pour moins cher. Voir le video.[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=E_dQH1hNCsg]

5. Vous devrez également payer pour faire pipi! Boeing est en train de développer un système de toilettes payantes pour les avions de Ryanair. Vous devrez alors débourser 1 £ ou 1 € pour utiliser les toilettes sur les vols d’une heure et moins. Une toilette seulement sera alors disponible à bord de certains appareils. L’autre toilette sera enlevée et remplacée par des sièges de passagers. $$$

4. Procurez-vous également le CALENDRIER 2010 mettant en vedette les hôtesses de l’air sexy de RYANAIR. Les profits sont versés à un organisme de charité… Vraiment?

Cabin Crew Calendar 2010

Je pourrais continuer cette énumération pour encore longtemps en vous parlant des «FAT TAX», cette taxe qui pourrait s’appliquer pour les personnes obèses. Ou leur pratique controversée de mettre le minimum de kérosène dans le but précis d’épargner, mais aussi d’obliger leurs pilotes à se poser coûte que coûte à l’aéroport de destination.

Bref, le génie marketing de Ryanair n’a pas de fin.

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Marie-Eve
Invité
Marie-Eve
6 années 8 mois plus tôt

Mon Dieu, Élie, tu as mis le doigt dessus! En plus, Ryanair exige que ses passagers impriment eux-mêmes leurs cartes d’embarquement! Des milliers de $$$ d’économie!
Si au moins ils avaient la “gentillesse” de copier leur compétiteur #1, easyJet, en mettant sur place un embarquement du genre speedy-boarding, l’enfer serait un tout petit peu moins pénible…

Robert Morand
Invité
Robert Morand
6 années 8 mois plus tôt

Bonjour Elizabeth
Toujours intéressant de te lire. Pour renchérir un peu, que dire du lunch que l’on m’a servi sur le vol d’Air Canada Toronto-Puerto Vallarta? Pizza molle, croustilles en accompagnement. Et Puerto Vallarta-Toronto? Sandwich rosbif douteux et croustilles en accompagnement. Et quel super spécial l’on m’a fait en m’offrant le trio bière, vin, sandwich et croustilles! 26$. Je crois qu’ils devraient à l’avenir offrir le tout directement dans un petit sac à vomi!

dominique landry
Invité
6 années 8 mois plus tôt

j’adore et la photo est super!

Charlene
Invité
Charlene
4 années 2 mois plus tôt

Bonjour à toi

Je vais faire cours mais efficace..Je suis hotesse chez Ryanair et plus de la moitié de ton écrit est faux!
Les toilettes sont au nombre de 3 et le resteront, ils sont gratuits bien evidement..Les sick bag aussi sont gratuits..
Les extentions de ceinture pour les bébés, les personnes obèses sont et resteront gratuits.
Les pilotes mettent la quantité suffisante de carburant et n’ont pas de quotas, et beaucoup d’avions Ryanair sont deviés vers d’autres destinations lorsque les conditions le requierent..Des nuits dans des hotels de minimum 3etoiles sont offerts aux passagers pour les dédomager..
Ne généralise pas tous les vols, tu as eu une mauvaise experience ok mais tous les vols ne se deroulent pas de la meme façon crois moi.
Je ne defends pas ma compagnie car elle a bien des failles mais simplement la vérité!

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