Chroniques

22 juillet 2010
Par Elizabeth Landry

Le Passager JE, ME, MOI

PETITE CARICATURE RIGOLOTTE


Je reviens de Marseille et je ne suis pas revenue les mains vides. J’ai évidemment une bonne adresse de restaurant à vous révéler sous peu. Par contre, aujourd’hui, j’ai envie de m’exprimer sur un autre sujet. Délicat? Je ne crois pas. Nous avons ou incarnerons tous un jour le rôle de ce mystique personnage que j’appellerai aujourd’hui : LE PASSAGER «JE, ME, MOI ».

En fait, je fais référence ici à cet unique passager qui sait se faire remarquer et qui s’arrangera pour nous occuper durant tout le vol. Il peut être seul ou accompagné de plusieurs complices et il porte différents noms tels que «je suis dans les jambes de tout le monde» ou bien « je suis un adulte en santé, je n’ai pas 10 ans, mais pourtant, j’ai constamment besoin d’attention ». Ça suffit, démasquons-le!

Dès les premières minutes de l’embarquement, il signale sa présence. Il porte à son bras sa maison entière. Et moi qui croyais qu’un seul bagage à main était permis en cabine! Non, ce passager se réserve le droit d’apporter son sac à main, sa grosse valise, une autre grosse valise et pourquoi pas quelques bouteilles d’alcool qu’il aura achetées à l’aéroport (et il refusera évidemment de les mettre sous le siège). Il est surchargé, c’est bien évident. Il vous obligera à soulever ses quelques sacs et vous irez même jusqu’à porter son bébé dans vos bras, car il est trop occupé à s’installer à son siège. Jusque là, ça va.

Avant le décollage, il vous demandera un bon vieux verre d’eau en ajoutant « c’est pour prendre un médicament », ou « je suis déshydraté », ou « c’est pour faire passer ma bouchée de sandwich». Bref, demande de verre d’eau suivi de la raison de la demande du verre d’eau. Un simple : « Pourrais-je avoir un verre d’eau? », serait suffisant, mais apparemment, il faut toujours justifier. Allez savoir pourquoi! Encore là, ça va.

Durant l’embarquement, il restera debout. Les allées seront encombrées davantage. Il ne veut pas s’asseoir. Il se dit:  «Je vais passer huit heures assis, alors je reste debout ! ». Pendant, ce temps-là, les autres passagers s’impatientent et passent quasiment sur lui.

Après le décollage, il désire savoir l’heure du repas. SES enfants ont faim. L’un est probablement allergique aux champignons, l’autre aux petites tomates rouges. Pire, la famille entière est allergique au lactose, aux noix et est végétarienne. Pourtant, papa et maman n’ont rien apporté à grignoter…Curieux non?

Durant le repas, LE Passager « JE, ME, MOI » n’aura pas son premier choix parmi les trois plats suggérés. En fait, si quinze choix étaient offerts, SON choix n’y serait pas. Bref, la panique! Nous courons en avant pour lui trouver une banane et des craquelins.

Petit Quiz : Acceptera-t-il la banane et les craquelins?

Durant le vol, il fait froid. Tous les autres passagers ont chaud, sauf lui. Il a tellement froid qu’il dit porter plainte à la compagnie, ou pire encore, poursuivre le pilote de l’avion. On aura tout vu!

Lorsque nous sommes dans l’allée avec les chariots, il a soudainement envie d’aller aux toilettes. Il ne peut pas patienter et il nous le fait savoir. Il respire dans notre cou et s’arrange pour rester très près de nous afin que nous ayons aucun autre choix de le laisser passer. La même chanson à son retour des toilettes.

Lors de la turbulence, il se lève de son siège pour aller chercher l’item inutile qui se trouve dans le compartiment supérieur. Je peux vous assurer qu’il prendra bien son temps. Il se dit encore une fois que l’annonce faite auparavant afin que tous demeurent assis avec leurs ceintures attachées ne lui était pas destinée. Rien de surprenant!

À la descente, pour nous en mettre encore plein la vue, l’un des enfants du Passager «JE, ME, MOI» aura mal au ventre. Mal de ventre qui se transformera en mal de coeur. Mal de coeur qui se transformera en «j’ai envie de vomir maman!». Et comme prévu, le petit n’aura pas le temps de se rendre aux toilettes pour évacuer toutes les friandises qu’il aura englouties durant le vol. Malchance! La main devant la bouche afin d’empêcher un dégât, il évacuera le tout sur le plancher, les fours, la porte et finalement notre strapontin (le siège rétractable des agents de bord).

Et puis, maman nous laissera ramasser cette substance indésirable avec nos beaux gants en plastique. Parfait!

Dernier Quiz:

Une fois atterri, un passager détachera sa ceinture avant les autres. Un seul osera se lever le premier pendant que l’avion sera toujours en mouvement. De qui parlons-nous? Quel est son nom?

ET OUI! C’EST MONSIEUR «JE, ME, MOI»!

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Robert Morand
Invité
Robert Morand
6 années 9 mois plus tôt

Toujours très à propos, chère Elizabeth. J’ai déjà eu un Jememoi assis à mes côtés sur un vol Montréal-Rome. Pendant la première heure de vol, j’ai eu droit à un condensé de son dernier voyage au Vatican, de sa visite auprès du Pape, etc., qu’il avait fait très froid à Rome, beaucoup de frimas, etc. Pour m’en débarrasser, je lui ai demandé gentiment si le Pape et ses zouaves se les étaient gelés… Il ne l’a pas trouvé drôle, mais j’ai eu la paix jusqu’à la fin du vol.

Miss Papila
Invité
6 années 9 mois plus tôt

Et que dire de ceux qui sentent mauvais? C’est pas drôle ça et je parles d’un cas vécu!

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