Chroniques

26 septembre 2010
Par Elizabeth Landry

Alors vous retournez à Montréal?

Cet été, pendant que je souhaite de bonnes vacances à mes passagers lors des arrivées en Europe, on me demande constamment la même question. Je dois avouer que j’ai de la difficulté à comprendre comment certains osent sans honte me la poser en sachant que nous avons travailler toute la nuit. Il me semble alors nécessaire d’apporter quelques précisions. Voilà donc une petite mise en situation qui répondra, je l’espère, à cette récurrente interrogation.

Vous venez d’embarquer comme passager à bord d’un vol en direction de Paris. Il est 20 heures ou peut-être 23 heures. Peu importe, il est tard et vous passerez la nuit dans un avion. Vous vous installez à votre siège. Vous avez apporté une petite couverture pour dormir (en réalité, vous n’en avez pas, mais j’aime imaginer que c’est le cas). Vous gonflez votre oreiller et mettez vos bouchons pour ne rien entendre. Vous essayez de dormir du mieux que vous pouvez. Vous allez peut-être vous assoupir une heure seulement ou bien vous ronflerez et dérangerez votre voisin. Chose certaine, lorsque vous arriverez à Paris, vous aurez beaucoup plus d’énergie que l’hôtesse de l’air qui, pour sa part, aura déambulé dans l’allée une trentaine de fois afin de s’assurer que vous dormez bien.

Vous vous serez sûrement réveillé durant ces quelques sept heures de vol et lui aurez demandé un verre d’eau pour vous désaltérer. Vous vous serez ensuite rendormi. Pendant ce temps, cette hôtesse de l’air aura savouré un café, puis un autre, et peut-être un autre. Elle combattra petit à petit la fatigue accumulée au fil de l’été par ces nuits blanches passées à traverser l’Atlantique.

Deux heures avant l’atterrissage, vous aurez droit à un petit-déjeuner afin de vous mettre à l’heure de l’Europe. Les agents de bord seront affairés à vous servir, vous débarrasser, vous faire des sourires.

Viendra ensuite la descente vers l’aéroport Charles de Gaulle. L’équipage préparera alors la cabine. Tous seront maintenant plus alertes et oublieront, l’instant d’un moment, l’idée de s’endormir dans un lit douillet. Soudainement, ce sera le temps de s’asseoir sur leurs strapontins (petits sièges rétractables) pour l’atterrissage.

Et là, le choc arrivera! BOOM! Leurs paupières commenceront à devenir lourdes. La fatigue se fera sentir à nouveau. Pourtant, tous resteront bien éveillés, prêts à agir en cas d’urgence.

De votre côté, vous serez exténué, car vous n’aurez dormi que quelques heures à la verticale. Vous serez donc prêt à vous rendre à la maison ou à l’hôtel et à vous allonger encore davantage pour vous reposer.

Ce scénario est plus que réaliste. Tout passager, après un vol de sept heures est encore fatigué.

J’aimerais alors poser une simple question, qui, j’espère, ne vous sera pas trop difficile à répondre.

Si un passager est encore fatigué après un vol vers l’Europe, et ce, même après avoir dormi à bord, croyez-vous qu’une hôtesse de l’air qui n’a pas du tout dormi puisse immédiatement retraverser l’Atlantique sans avoir l’occasion de se reposer?

Pour ceux qui auraient répondu OUI à cette question, vous me décevez grandement. Vous me feriez donc travailler environ 20 heures (2 h avant le vol + 7 h de vol (Montréal – Paris) + 2 h au sol + 1 h embarquement + 8 h de vol (Paris-Montréal))

Pour les autres, merci pour votre considération.

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Nicolas Desgagné
Invité
Nicolas Desgagné

LOL, trop vrai !!!

Sarousse
Invité
Sarousse

JAI TU DLAIR D’AVOIR UNE TITE CORDE DANS LE DOS QU’ON TIRE!

JE LEUR REPONDS…. VOUS SAVEZ ON EST HUMAIN NOUS AUSSI …AVEC UN BEAU GRAND SOURIRE:)

Val
Invité
Val

Ou bien, ”combien de fois vous faites ce trajet là par jour????” Ya toujours ben juste 24 heures dans une journée!!! Merci pour ces savoureux moments de rigolade!

Mme Bleue de...
Invité
Mme Bleue de...

nous aussi on a un facteur de fatigue treeeeeeeeeeeeees important a inclure dans une convention collective. Autrement dit, on devrait pouvoir dormir sur un vol de 6 heures! Ne serait-ce que 30 min! (ils le font chez Air France, mais au Canada…)

Valérie
Invité
Valérie

Je confirme, on dors chez Air France, même si c’est que 30 minutes, cela permet de se débrancher le cerveau quelques instants…..Vous ne dormez pas chez vous?

Laurent
Invité

Je me souviens avoir vu sur un Paris-Montréal d’Air France des PNC se relayant dans une sorte de placard couchette, assez grand pour dormir, trop petit et bas de plafond pour d’autres activités délassantes (avec un PAX par exemple).

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