Chroniques

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27 mai 2017
Par Elizabeth Landry

Le Mystère du Jus de Tomate à 36 000 pieds d'altitude!

Aujourd’hui, j’ai décidé d’écrire sur le jus de tomate. Ça fait bien longtemps que je veux en parler car je dois l’avouer, je n’ai pas encore élucidé le « Mystère du Jus de Tomate » dans l’avion. S’il y a quelqu’un qui peut me donner des explications à ce sujet, j’aimerais bien le savoir. Voilà, je me lance. Vous allez sûrement vous reconnaître.

Je n’ai pas de problème à servir du Pepsi. Je n’ai pas de problème à servir de l’eau. J’aime vraiment servir de l’eau. C’est simple et il n’en manque jamais. Je n’ai, par contre, aucun plaisir à servir un jus de tomate. Pourquoi?

 

Selon moi, personne ne boit du jus de tomate à la maison. Ce n’est pas un désaltérant par définition. On prend du jus de tomate lorsqu’on a faim ou bien en table d’hôte au restaurant. Ne venez pas me faire croire qu’un bon jus de tomate est le breuvage idéal à boire en tout temps. NON! C’est évidemment pas le cas. Pourtant, lorsqu’on part en voyage (et je m’inclus là-dedans), on dirait que c’est soudainement celui qui devient le plus populaire. Il est comme la peste.

Quand quelqu’un a le malheur d’en prendre un, il se propage en un clin d’oeil!

C’est simple, si Monsieur A assis au hublot pense au fameux jus de tomate et à l’audace d’en demander un, alors soyez bien certain que Monsieur B et C en demandront aussi.

Ensuite, s’en suivra Madame D et E. Par la suite, les Mademoiselles A, B et C de la rangée d’en arrière auront également entendu à travers les branches que l’on servait du jus de tomate à bord de cet avion et ils en boiront aussi.

Si je suis chanceuse, j’aurai peut-être réussi à en donner qu’une dizaine sinon le mot ce sera déjà répandu à la vitesse de l’éclair et à la fin du vol, nous n’aurons plus de jus de tomate pour le retour. MERCI BEAUCOUP MONSIEUR A!

 

 

Je ne sais pas pourquoi c’est si populaire? Pourquoi ça me rend folle d’en donner? Tout simplement, parce que ça prend du temps à verser. À chaque fois que je l’ouvre, il y a un peu de jus de tomate qui part d’un côté ou de l’autre et qui va s’étendre sur mes doigts ou sur ma chemise blanche. Si je suis vraiment malchanceuse, ce jus de tomate rebelle ira sur la chemise d’un passager. Ça j’aime moins ça!

Ensuite, après avoir terminé notre service, on doit chercher toujours partout dans l’avion pour en remettre dans notre chariot. On va en avant et en arrière et on ouvre tous les compartiments et on demande à tout le monde «T’as-tu vu du jus de tomate?». On irait jusque dans le cargo à la limite pour en trouver. Ça me tape sur les nerfs, un point c’est tout! Mon truc maintenant, je donne la cannette! Par contre, le problème avec cette technique c’est que ça ne me fait pas sauver plus de temps parce qu’ils ne sont pas fous ces passagers. Ils se disent « Ah, elle donne la cannette ! ». Avoir une cannette, c’est sous-entendre qu’ils en auront bien plus à boire alors ils en veulent tous davantage. Bref, on s’en sort jamais. Avec tout ça, je pense que je vais retourner à mon ancienne méthode de le verser dans un verre.

 

De toute façon, pour votre information personnelle du jus de tomate ça fait péter!

C’est très acide et en altitude ça donne des maux de ventre et ça fait avoir des gaz. Et oui, des petits gaz voire des gros gaz. Tout fait presque péter dans un avion mais spécialement le jus de tomate. Peut-être que vous y penserez à deux fois la prochaine fois pour ne pas incommoder votre voisin d’à côté.

SVP! N’en prenez plus! HAHA!

Pour élucider le mystère, voici un article qui tente de l’expliquer.


 

 

 

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30 avril 2017
Par Elizabeth Landry

Comment je suis devenue agente de bord. La magie de la vie?

J’étais prédestinée à devenir agente de bord. Depuis longtemps qu’on me lançait: « Toi, tu devrais devenir hôtesse de l’air! ». C’est clair qu’à me voir partir comme ça à l’étranger chaque été, j’avais le profil de l’emploi. Mais je m’entêtais. J’allais terminer l’université, travailler dans un bureau, avoir une carrière importante BLA BLA BLA. Dans ma tête, (préjugés inclus), je ne pouvais finir à servir des PEPSI dans un avion.

J’avais tout faux! Être agent de bord, c’est bien plus que cela (comme vous l’avez sûrement compris en suivant mon blogue et mes livres). C’est des belles rencontres, des aventures différentes d’un vol à l’autre, l’ouverture sur le monde. C’est aussi porter plusieurs chapeaux: infirmière, psychologue, mécanicienne ou même d’être un système GPS 🙂

Bien sûr, la fatigue et le décalage horaire reste difficile à gérer ( et un jour si je change de métier, ils en seront la cause principale…) mais j’ai souvent le plaisir de me dire lorsque je travaille que je n’ai pas vu le temps passer. Pouvez-vous en dire autant de votre métier? (Si oui, faites m’en part dans les commentaires ci-bas.)

Je m’étais donnée six mois. Six mois pour essayer. Pour penser à ce que je voulais faire dans la vie. Dix ans plus tard, je suis encore là.

Vous vous demandez alors, étant donné que je ne voulais pas devenir agente de bord, pourquoi je le suis aujourd’hui?

La magie de la vie. Comme quoi des fois, si votre chemin est tel, la vie s’arrange pour vous le montrer.

 

 

Un jour, je reçois l’appel d’une bonne amie à moi. Elle avait comme moi terminé l’université et se cherchait un peu. Elle avait postulé pour Air Canada à Vancouver et avait obtenu le poste.

« Applique! m’a-t-elle dit. Tu ne sais pas quoi faire. Tu n’as rien à perdre après tout…»

Comme j’étais vraiment perdue à ce moment de ma vie, j’ai décidé d’appliquer. Comme les entrevues à Montréal étaient terminées, ma mère m’a forcée de me rendre à Toronto. Je suis partie seule, bien motivée à dénicher l’emploi.

J’avais préparé des questions-réponses selon les recommandations de mon amie. Je les avais tellement répétées que je les savais par coeur.

Le jour de l’entrevue, trop stressée, j’ai réalisé la pire entrevue de ma vie en tutoyant, non pas 1 fois mais 2 fois mon interviewer!

Le courant ne passait pas entre elle et moi. Je ne me sentais pas bien. Un inconfort inexplicable.

Dans la salle d’attente, mon voisin s’est mis à me parler. Je lui ai dit que je ne pensais pas être choisie. C’est là qu’il m’a mentionné le nom d’une autre compagnie qui embauchait des agents de bord. Il avait aussi postulé pour celle-ci et je pouvais faire de même si je le voulais.

Je suis revenue bredouille de Toronto mais je ne me suis pas découragée. Dès mon retour, à 23h tapantes, j’ai envoyé mon application à l’autre compagnie. En pressant la touche ENTER, j’étais loin de me douter que je scellais ma carrière pour un bon bout de temps.

L’entrevue s’est bien déroulée. Non seulement parce que je savais quoi répondre (j’avais tellement appris mon texte que ça coulait naturellement) mais aussi parce qu’en entrant au siège social, une énergie positive me donnait le goût d’y rester. Il fallait que je travaille ici.

Mon métier, je l’aime pour ses hauts et ses bas (surtout quand ça me donne des bonnes anecdotes à raconter! ) mais aussi parce que j’ai été choisie par une compagnie qui a réussi à me faire tatouer sur le coeur son étoile bleue que je ne troquerais jamais pour une autre.

Alors voilà. Tout comme les quelques 80 collègues qui ont été embauchés en même temps que moi, je souffle mes bougies. Merci pour ces 10 ans avec vous ! L’aviation étant ce qu’elle est … une source inépuisable d’inspiration!

 

◊ Par souci de confidentialité, vous remarquerez que je ne nomme pas LA compagnie en question. Les indices sont là, faites vos déductions…  À noter que L’Hôtesse de l’air est une entité à part entière et que les propos exprimés sur ce blogue ne représentent pas ceux de mon employeur.

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22 février 2017
Par Elizabeth Landry

Une hôtesse de l'air peut-elle atterrir un avion sans les pilotes?

J’ai tenté de répondre à cette question en me rendant chez Aerosim Expérience dans le simulateur de vol d’un Boeing 737.

J’étais fébrile à l’idée de tenter l’expérience car j’avais vu un vidéo il y a peu de temps où une agente de bord atterrissait avec calme et facilité un avion en étant guidée par un pilote au sol.

En arrivant dans les bureaux d’Aerosim à Laval, j’ai bien indiqué à Maël, le pilote qui allait me guider lors de mon expérience, que je ne voulais pas recevoir trop d’informations. Le peu que je savais, le mieux se serait comme dans la réalité, c’est-à-dire, déstabilisant, stressant, zéro dans mon élément.

Maël m’a quand même demandé sur quel aéroport j’avais le désir d’atterrir et j’ai choisi Saint-Martin pour voir la belle plage de Maho Beach.

« Ouf, ce n’est pas la plus facile! », m’a-t-il répondu.

Il m’a ensuite posé une autre question: « Est-ce que tu veux faire comme dans la vidéo en atterrissant l’avion sur le pilote automatique, ou tu veux faire comme dans la réalité?

Je lui ai demandé de préciser.

« Et bien, a-t-il dit, ce n’est pas sur toutes les pistes que l’on peut atterrir avec le pilote automatique. La majorité des grands aéroports sont équipés en conséquence mais celui à St-Martin ne l’est pas. »

En résumé, tous les pilotes qui atterrissent à Saint-Martin doivent atterrir manuellement. Ils débranchent donc le pilote automatique à environ 1000 pieds d’altitude et prennent les commandes.

J’ai choisi de faire comme dans la réalité. Parce qu’autant se le dire, dans le cas où les deux pilotes mouraient vraiment à bord, avoir le choix d’atterrir dans un aéroport plus facile ne serait pas une option…

Je vous présente donc en vidéo mon atterrissage d’urgence.

Assumez aussi que je sais PAR COEUR les numéros exacts pour contacter la tour de contrôle selon notre position dans le ciel. Que je sais tous les termes d’aviation utilisés dans le poste de pilotage. Que je comprends ELOPO, ALUMI ou je ne sais quoi d’autre!

Conclusion: Je vous aime les pilotes et merci d’être là!

♥ ♥ ♥

Merci à Aerosim Expérience pour m’avoir fait vivre des émotions fortes!

Pour visiter leurs installations:

Aerosim Expérience

1177 Autoroute 440, suite 201
Laval (Québec) H7L 3W3

Tél.: 450-490-1316

100 $ pour 30 minutes, ceci inclus un atterrissage et un décollage

169$ pour 1 h et vous pourrez atterrir sur plusieurs pistes de votre choix

Aerosim offre également des séances de thérapie pour vaincre la peur en avion

 

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2 février 2017
Par Elizabeth Landry

Amman-Montréal. Le vol d'une vie.

Dans la foulée du récent évènement à Québec, l’un de mes collègue agent de bord a ressenti le désir de me partager son expérience qu’il a vécue à bord d’un avion nolisé pour les réfugiés syriens. L’immigration c’est la quête d’une vie meilleure et des fois l’équipage devient témoin de cette nouvelle aventure qui commence. L’avenir est prometteur. Il devrait l’être… L’Hôtesse de l’air et ses collaborateurs offrent ses sympathies à la communauté musulmane.

Amman (ADJ) – Montréal (YUL), janvier 2016.

Naïm. Sa femme et deux préados. Le vol d’une vie. De quatre vies.

Il est là, assis devant moi, nous nous observons timidement l’un l’autre. Cet étranger qui n’en est pas un. Poliment, il me décline quelques-unes de ses multiples préoccupations quant à l’odyssée qu’il entame.

« Quel quartier serait pour moi et ma famille un endroit où renaître? Où mes enfants recommenceront à rêver et où je pourrais oser croire qu’ils ont une chance de réaliser leurs rêves? »

Le genre d’interrogations à sens multiples qui vous scient les jambes. Je réalise que pour cette cohorte précise de voyageurs, la guerre n’est plus dehors dans la rue. Elle est désormais beaucoup plus subtile et internalisée. C’est la guerre de l’immigrant: préjugés, discrimination, adaptation et certainement ici désorientation.

De pharmacien à réfugié, voilà Naïm.

Précision: des réfugiés, ça arrive aussi au pays en veston-cravate, digne et fier. Avec le sentiment d’abandonner un projet en cours. Deux cent trente fois au moins. 230 passagers ou immigrants forcés. Pas réfugiés. C’est selon moi la définition.
Mais certainement réfugiés de cœur et de rêves brisés. Des puits de larmes asséchées. De la révolte parfois oubliée, mais partout télévisée. De la pathologie des masses. Du laboratoire en relations internationales échouées, aveugle à l’humanité.

Quelques mois seulement avant notre envolée, toujours en Syrie, Naïm, le pharmacien, ose ouvrir boutique. En plein Damas à feu et à sang. Une affiche à l’extérieur indique à qui mieux mieux de rentrer. De se servir gratuitement. Il sera là pour prodiguer quelques soins et conseiller les courageux qui auront bravé la rue.

Naïm liquide son inventaire. Le point de non-retour est derrière. Ça ne peut plus continuer. Il partira chez un cousin au Liban voisin dès la première opportunité.
De là, il cherchera à rejoindre Beyrouth où il postulera auprès de délégations étrangères et, si Dieu le veut, il partira. Lui et sa famille partiront vers une destination inconnue, car ni Naïm, ni sa femme, n’ont de famille à l’étranger, mis à part un oncle distant.

Le cousin libanais est débordé. Le quart de la population libanaise est réfugiée. Littéralement 25%. Et celle-ci n’est pas toute peuplée de vestons-cravates à la profession libérale.
La famille de Naïm passe un an dans une chambre d’hôtel de Zahlé, ville mixte chrétienne-sunnite où demeure le cousin. Un an avant d’obtenir le visa tant attendu.

Rejoindra-t-il cet oncle maternel à Laval? Ou ira-t-il à Ville Saint-Laurent?

Le regard rempli d’inquiétude, il me questionne: « Où crois-tu qu’il me sera plus facile de faire une équivalence pour pratiquer un jour mon métier? Au Canada, poursuit-il, c’est bien un État? Il y aura donc un fonctionnaire pour me guider? »

Je le rassure. « Oui, au Canada il y aura un fonctionnaire pour te guider dans tes recherches. »

Assis dans son siège d’avion, il poursuit.

GOD and taxes. Ce sont bien les deux certitudes qu’ont les Américains n’est-ce pas? Car en Syrie, il n’y a plus d’État à qui payer ses impôts. Que des huissiers armés jusqu’aux dents. Et ces derniers ne sont intéressés que par une seule devise: le sang ennemi. Là-bas au Canada, Inchallah, je pratiquerai ma profession et je serai contribuable. Je pourrai ainsi rembourser ce vol.

Et les cours de perfectionnement du français, or english?

Mon ami, un 4 1/2, c’est une ou 2 chambres à coucher? J’ai vu dans Internet, mais je ne m’en souviens plus.

Je prendrai ton conseil et irai à Montréal. Si tu me dis que c’est près du métro et de l’épicerie moyen-orientale… et aussi le bonheur de te savoir ici pas très loin.

Autant de questions, autant d’espoir, de désespoir, de sentiments entremêlés. En quelques moments partagés à bord, en quelques moments où nous sommes dans le même vaisseau; Naïm et sa famille seront les visages de leur pays, de tous ces pays abusés par des forces plus grandes, qui souvent, par vil intérêt, ne se mêlent pas de leurs oignons.

Malgré le combat et sa suite en exode, ces quelques cohortes de passagers-émigrants auront laissé une trace indélébile dans mon cœur. De par nos moments partagés ensemble, j’ai saisi un sens réel à ma présence à bord. Et je serai longtemps reconnaissant envers Naïm, sa famille et tous ceux dont j’oublie leurs noms, mais pas leurs souvenirs.

J’étais loin du bougon parti une semaine apprendre le mexicain ou du cousin venu faire sa cabane au Canada. Juste pour ça, merci! 😉

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