Chroniques

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5 avril 2016
Par Elizabeth Landry

Des diamants dans les homards d'Halifax

Je suis assise à mon strapontin (jumpseat) depuis une bonne heure, car depuis notre départ d’Halifax en Nouvelle-Écosse, les conditions météo m’empêchent de me lever et d’aller me déhancher dans l’allée. Le commandant annonce qu’une tempête fait rage près des côtes américaines. De mon point de vue, je dirais que c’est une bonne dose de nuages enragés qui nous font bouger d’un côté et de l’autre mais ça ne m’empêche pourtant pas de sentir mes paupières s’alourdir.

Je me suis levée à 3 h am et après des allers-retours entre Cuba, la République Dominicaine et les nombreux pubs d’Halifax où le folklore bat son plein, le sommeil me gagne. Je regarde les passagers assis devant moi. La dame et son mari me fixent depuis un moment. Je leur souris. «Vous êtes fatiguée?», qu’ils me demandent.

Je ne peux cacher mon manque d’énergie apparent. «C’est qu’assise ainsi pendant trop longtemps sans rien faire, c’est endormant.» La dame approuve car à ma défense, elle dormait avant même que l’on soit en vol. Je décroche le combiné pour appeler mon collègue de l’autre côté de l’allée.

«C’est quoi ton pays préféré?», lui demandai-je pour faire la conversation.

Il hésite. Il en a tellement visité qu’il ne sait plus lequel il préfère. En fait, il les aime tous. La Croatie, la Serbie, le Japon. Il arrive justement de la Colombie et de l’Équateur.

«Tu as passé combien de temps en Équateur?», le questionnai-je entre deux secousses.

«4 jours», répond-il bonnement.

«Tu te fous de moi? C’est loin l’Équateur pour quatre jours!»

Mon collègue est hyperactif. Il ne dort jamais. Quoique là, il a attrapé une petite grippe. C’est sans doute son saut de folie entre Quito et Montañita (super endroit d’ailleurs) qui l’a tué.

Soudain, je ressens un haut-le-coeur a être tournée de côté. Je raccroche pour regarder tout droit afin de reprendre mes esprits. Il ne faudrait surtout pas que je déverse le peu que j’ai englouti ce matin sur le charmant couple assis devant moi.

Pour passer le temps, je fredonne dans ma tête Take Me Home, Country Roads, une chanson de la veille qui m’aura fait danser (vidéo en fin d’article). Le signal des ceintures s’éteint enfin et je me lève afin de commencer les services à bord.

Ce sera bref. Une heure plus tard la descente commence et je suis de retour assise devant le mari et la dame

«Vous vous êtes réveillée finalement?», me lance la femme en me voyant m’asseoir plus pimpante qu’auparavant.

J’approuve et maintenant un peu plus en forme, je me décide à lui faire la conversation.

«Vous vivez à Halifax?»

«Tout près, me dit-elle. Nous vivons à Peggys Cove»

Mes yeux s’agrandissent. C’est là il me semble qu’un avion de SwissAir a sombré dans l’océan en 1998.

«Mon mari est pêcheur. Pendant une semaine, lui et ses collègues ont ramassé les débris. C’était atroce», précise-t-elle sans trop élaborer sur le sujet.

Je n’ose pas lui demander de décrire davantage, gênée par ma curiosité. Je parle plutôt de la cause de l’écrasement. «Un feu à bord», précisai-je en tentant de me rappeler les détails. Le sujet touche tant de passagers que plusieurs aux alentours apportent leur contribution. «C’est mon frère et son ami qui ont été les premiers sur le lieu de l’accident», ajoute un.

À les écouter, je note une fébrilité encore existante face à ce terrible évènement. Captivée par la conversation, le train d’atterrissage sort et je ne le remarque même pas. Soudain, la dame assise devant mon strapontin s’avance vers moi comme pour me souffler un secret.

«Vous savez, on dit qu’à bord du Suissair, il y avait des millions de diamants. Tous les pêcheurs de la côte rêvent du jour où ils tomberont sur la prise du siècle. Qui sait si l’un des homards n’aura pas ingurgité par mégarde un diamant perdu…»

Je souris en m’imaginant la surprise du pêcheur ou plutôt du client au restaurant qui croque dans la pince rouge du crustacé et manque d’avaler la pierre précieuse. Et puis, j’entends le boom de l’appareil contre la piste. Mes passagers applaudissent et pour la première fois dans ma carrière d’agent de bord, moi aussi! J’applaudis de bon coeur sans m’en rendre compte, comme si j’étais l’une des leurs, heureuse moi-aussi d’aller passer du temps à Punta Cana. C’est l’effet que font les Néo-Écossais sur moi, j’ai l’impression de faire partie de la gang!

Fait: Aucun des 229 passagers du vol qui effectuait la liaison New York-Genève n’a survécu. Parmi eux, on comptait un prince saoudien, le proche d’un ancien shah d’Iran et des hauts fonctionnaires onusiens. Des diamants et des pierres précieuses d’une valeur de 500 millions de dollars n’ont, par ailleurs, jamais été retrouvés. (source: Radio-Canada)

 

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28 février 2016
Par Elizabeth Landry

Vérité ou mensonge: J'ai déjà infiltré le yacht à Puff Daddy

Les Oscars de ce soir me donne le goût de me ressentir jetset! Alors Vérité ou mensonge? Ça vous dit quelque chose cette affirmation? “N’est-ce pas une anecdote dans ton roman L’Hôtesse de l’air, tome 3?”  Bien vu! Sauf que vous pensiez probablement qu’elle était tirée de mon imagination…

 

J’avoue que j’avais presque peur de révéler la vérité. D’un coup que Puff et sa gang lancent une armée à mes trousses pour me punir de leur avoir menti haha! Parce que non, je ne suis pas une amie intime du célèbre rappeur pour me faire inviter sur son gros yacht à Saint-Barthélemy mais bien parce qu’une amie et moi sommes très téméraire. Disons que nous nous sommes imaginées que tout était possible l’instant d’une nuit. Peut-être aussi que ce n’est pas faux non plus 😉

Voici un court extrait de notre expérience (chapitre 30, p.269) accompagnée d’images qui font rêver, de l’île de Saint-Martin en passant par Anguilla jusqu’à la veille du nouvel an à St-Barth avec Rihanna! Bon Décollage!

“Are you on the guestlist?”

L’homme baraqué posté à l’entrée de la passerelle s’adresse à nous. Béa, la confiance chargée à bloc, n’hésite pas à nous annoncer.

“Of course ! Béa and Scarlett.”

Elle soulève le menton pour avoir l’air insultée d’avoir été interpellée ainsi. On ne demande pas à des stars si elles font partie de la liste des invités ! J’essaie aussi de me la jouer cool en déposant une main sur ma hanche. Le bodyguard parcours le document. Il semble exhaustif et, pendant qu’il continue à chercher, son collègue s’avance pour nous scruter des pieds à la tête. Béa bombe les lèvres et lui esquisse un clin d’œil.

“It’s ok. Enjoy your night”, nous souhaite-t-il en retirant la chaîne pour nous laisser passer.

Je monte sur le pont qui relie le bateau à la terre ferme. J’essaie de ne pas démontrer d’excitation. « Tu es une célébrité, Scarlett, ces choses-là ne t’impressionnent pas ! » me répétai-je. Béa avance devant moi en se déhanchant avec assurance.

“Please leave your shoes here”, exige un employé d’une vingtaine d’années.

Tel que demandé, nous lui remettons nos sandales et il nous donne un numéro pour les récupérer à la sortie. « Je n’ai pas besoin d’un numéro. Je sais reconnaître mes chaussures », aimerais-je lui dire. Je réalise que cette procédure a été mise en place par sécurité, car aux côtés de mes pauvres Aldo se retrouvent des escarpins griffés Chanel, Louboutin, Manolo Blahnik.

      Pieds nus, nous empruntons un couloir jusqu’à rencontrer un jeune homme vêtu d’un polo à l’effigie du bateau. Il bloque le passage et nous indique d’emprunter un escalier. Nous passons devant une cuisine, et un homme nous désigne le chemin vers la musique. Par peur d’être démasquée, je demeure muette et je n’ose pas demander à Béa l’identité du propriétaire du yacht. Arrivée dans un spacieux salon recouvert d’un tapis moelleux, nous sommes à nouveau redirigées vers un escalier central en colimaçon. Le beat est à notre portée. Une porte automatique s’ouvre et nous accédons au party. Et quel party !

“Viens !”

Béa me prend la main et m’attire vers le bar central. Je scrute la foule discrètement.

“C’est à qui ce bateau ?” chuchotai-je dans l’oreille de mon amie.

“Deux champagnes !” annonce-t-elle au serveur avant de me faire un signe des yeux pour que je regarde sur le comptoir.

Je lis le menu qui y est déposé. Trois cocktails sont offerts. Le premier s’appelle The Diddy.

“No way ! “, m’exclamai-je sans arriver à me contenir. Les partys de Puff Daddy sont légendaires ! J’y crois pas ! J’y crois pas ! Il est là ?

“Calme-toi, Scarlett. On est des stars. Ça ne nous impressionne pas, ce monde-là”, chuchote-t-elle en récupérant les verres de Veuve Cliquot.

Je respire et me ressaisis. C’est vrai qu’il faut jouer le jeu. Et puis, à part avoir quelques millions dans ses poches, ce célèbre rappeur utilise les toilettes comme tout le monde. « Non mais tu as vu le bateau ! » murmurai-je en scrutant les lieux. Le chanteur, amoureux de la musique, a fait construire une piste de danse avec projecteurs et système de son de première qualité. L’étage est à demi recouvert d’un toit, chaque extrémité exposée à ciel ouvert.

“C’est pas le gars d’American Idol, ça ?”

Je fais un signe à Béa et elle se retourne discrètement. L’homme est assis dans les sofas rouges près d’un spa.

“C’est bien lui”, me confirme-t-elle.

Je termine mon premier verre de champagne et en commande un autre. Je cherche Puff Daddy mais je ne le vois nulle part. La musique mixée par un DJ est excellente, je propose d’aller danser. Je cale mon deuxième champagne et en récupère un troisième avant de m’avancer sur la piste, là où s’activent d’autres invités. Soudain, les portes automatiques s’ouvrent et j’aperçois le rappeur suivi de son entourage d’Afro-américains faire son entrée. J’ai le souffle coupé mais je continue de danser comme si rien n’était. Pourquoi suis-je si impressionnée ? Est-ce l’argent qu’il possède ? Le talent ? Son image médiatisée ? Je ne pourrais dire, mais je le suis.

“Béa, on prend une photo !”

Elle me fait des gros yeux. Je me ressaisis. Ça risquerait de nous faire démasquer. Je décide d’embarquer à fond dans mon personnage. Plus rien ne m’impressionne. Je profite du moment présent jusqu’à ce que …

Pour la suite, il y a  L’Hôtesse de l’air, tome 3 !

PSST. Malheureusement, ça se termine tel quel! HAHA!

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3 février 2016
Par Elizabeth Landry

Quand chacun veut son moment de gloire

L’être humain est un être bien complexe qui requiert de l’attention pour s’épanouir. Chacun veut vivre son moment de gloire pour se sentir accompli, admiré, écouté. Je vous l’accorde, c’est important de se sentir valorisé dans la vie et de savoir que l’on est entendu par nos semblables.

Sachez pourtant que lorsque vous franchissez la porte d’un avion, c’est plutôt le temps de vous asseoir confortablement et de profiter des services à bord. Nous aimerions bien prendre une minute avec chacun de vous mais notre temps est calculé. Si je vous accorde votre minute de gloire à chaque service, je vous rendrai heureux certes, mais je risque d’en faire enrager 200 autres en arrière de vous.

Pour éviter toutes pertes de temps et surtout minimiser les temps de gloire accordés à chacun, nous, chères hôtesses brillantes et astucieuses, avons élaboré quelques astuces.  De quels stratagèmes s’agit-il? Voyons voir.

L’astuce de l’annonce

Après le décollage, un agent de bord fait une annonce aux passagers sur l’interphone. Ce serment est presque impossible à ignorer. Le son résonne partout à travers l’avion. Les toilettes vibrent. Les hublots aussi. La projection vidéo s’arrête et nos poils se dressent. Si vous n’entendez pas cette annonce, c’est que vous êtes mort ou proche de l’être.

Le but de toute cette turbulence sonore est d’informer les passagers des services que nous offrirons lors du vol. Nous voulons éviter la confusion et surtout préparer mentalement tout le monde à notre arrivée future dans les allées. Nous précisons que nous allons offrir un repas, une boisson, une autre boisson, etc. Nous fournissons les informations nécessaires afin que chaque passager ait le temps de réfléchir et de choisir leur boisson préférée. Ce message codé veut dire: «Pensez à ce que vous voulez boire parce que dans quelques instants vous devrez nous le dire. »

L’astuce de la montée de l’allée

Il est maintenant temps de servir nos passagers. La distribution des repas et des boissons se fait de l’avant vers l’arrière. Malheureusement, les chariots se trouvent à l’arrière. Nous devrons donc monter l’allée entière avant de pouvoir servir les premiers passagers. C’est un effort physique supplémentaire qui peut en frustrer plusieurs. Cependant, la plupart d’entre nous voient cette montée abrupte comme l’occasion en or d’aviser les passagers rebelles qui n’auraient pas entendu la bruyante annonce faite auparavant.

Notre tactique est de monter tranquillement à une vitesse constante afin d’avertir le plus de gens possible. Comme nous effectuons cet exploit dans une allée de moins de deux pieds de large, nous en profitons pour accrocher involontairement quelques jambes et quelques genoux sur notre passage. À l’occasion, des coudes seront également agressés par notre chariot. Les chanceux auront peut-être même la chance d’être caressés par nos hanches lors de la montée. Il n’y a pas de doute, notre venue ne passera pas inaperçue.

Les passagers reçoivent donc une fois de plus le signal que la question secrète «Que désirez-vous à boire?» arrive.

L’astuce du ténor

Nous sommes maintenant au sommet de l’allée et prêts à servir nos passagers. C’est maintenant le temps de se transformer en un vrai ténor italien.  Digne d’un Pavarotti, nous nous efforçons de crier haut et fort ce que le passager boit afin d’inspirer les autres rangées à choisir leurs boissons à venir. Nous restons fidèles à notre mission. Les probabilités que vous réclamiez votre moment de gloire restent assez faibles!

Si le passager boit de l’eau, nous répétons: «AH! DE L’EAU!». S’il choisit de prendre du pepsi, nous prononçons haut et fort: «AH! DU PEPSI!». Si c’est plutôt un bon café, ce sera: «AH! UN CAFÉ!»

Vraiment, il n’y a aucune chance que vous ne sachiez pas quoi boire. Nous vous chantons tel un opéra tous les choix qui s’offrent à vous: «AH! UN 7UP, AH! UN THÉ! AH! DE L’EAU! Ah! UN JUS DE TOMATE? Euh, désolé, ça je ne connais pas … »

L’astuce du TUPPERWARE

Notre stratagème ne serait pas complet sans la démonstration visuelle de nos produits disponibles. En complément aux «AH! DU PEPSI!» , nous avons élaboré la technique du Tupperware. C’est notre dernière tentative de succès.

Par la suite, les indécis, les incompris et les hésitants seront à jamais classés dans la catégorie Trouble d’attention.

Cette technique est habituellement très efficace. Il suffit de lever bien haut la boisson servie lorsqu’elle est versée dans le verre. Ainsi, les passagers nous faisant face pourront voir de leurs propres yeux ce que nous offrons dans notre chariot. Nous terminons ensuite par un «AH! DU PEPSI!» et le tour est joué! Ça fonctionne dans 95% des cas.

Néanmoins, après autant d’astuces élaborées méthodologiquement selon les probabilités de réussites, quelques passagers restent indécis et sollicitent leur petit moment de gloire.

Hôtesse de l’air: «Que désirez-vous boire?»

Passager: «Hum, qu’est ce que vous offrez?»

Hôtesse de l’air: «Et bien, nous avons de l’eau, du café, du thé, des boissons gazeuses…»

Passager: «Hum, qu’est ce que vous avez comme boissons gazeuses?»

Hôtesse de l’air: «Et bien, nous avons du Pepsi, du 7UP, du Gingerale…»

Passager: «Ah! Je vais prendre de l’eau finalement.»

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13 novembre 2015
Par Elizabeth Landry

Les grands brûlés de l'aviation

Êtes-vous plutôt TYPE GRAND BRÛLÉ ou CREVETTE TIGRÉE? Vous croyez sûrement que ce bronzage noir que vous arborez fièrement vous rend plus beau et plus sain? Vous pensez qu’à votre arrivée dans le froid hivernal, tout le monde se retournera sur votre passage pour admirer cette peau parfaitement dorée? Détrompez-vous! Vous serez plutôt classé dans l’une de ces six catégories.

TYPE A: MONSIEUR PÂTE À DENT COLGATE MAX WHITE

Vous êtes le chanceux qui ne bronze pas. Celui qui n’aura jamais les pommettes rouges. Vous êtes blanc en tout temps. Vous revenez de vacances et l’on vous demande si vous partez bientôt en vacances. Cependant, vous entrez dans l’avion avec fière allure. Vous êtes heureux et serein. La mer et le sable représentent pour vous le repos. Vous vouliez dormir et décrocher de la réalité et c’est ce que vous avez fait. À votre arrivée à Cuba, vous avez appliqué une protection solaire adéquate. Vous connaissez votre corps et vous le respectez. Vous en avez rien à faire des commentaires tels que: «Ouin, tu n’as pas bronzé ben ben!», ou «Ouin, il n’a pas fait soleil!».

Oui, vous étiez blanc et vous serez toujours blanc. Par contre, pour vous, cela n’a aucune importance, car vous êtes maintenant détendu et retournerez au travail vitalisé et moins ridé…

TYPE B: LA CREVETTE TIGRÉE

Vous êtes la version modifiée du TYPE A. Vous êtes blanc comme neige et vous ne pourrez jamais brunir. Pourtant, il semble que vous ne le sachiez toujours pas. Peut-être espérez-vous changer votre corps au fil du temps? Vous vous dites sûrement qu’en exposant votre peau continuellement au soleil, elle produira encore plus de mélanine et qu’un jour vous aurez la chance de revenir de vacances tout bronzé?

Convaincu d’un tel miracle, la crème solaire est pour vous un outil facultatif. Vous l’appliquez maladroitement, car vous croyez encore que le mot «coup de soleil» n’existe pas. Vous en mettez donc légèrement sur les épaules, le ventre et le front. Vous oubliez d’en appliquer sur les jambes, le dos, les bras, le cou, le nez.

Vous allez ensuite à la mer ou à la plage. À midi, vous êtes encore là à vous faire chauffer la couenne sous le soleil brûlant. Le soir venu, vous êtes brûlé et bien rosé. Vous tenant bien droit devant votre miroir de chambre, vous remarquez soudainement trois intactes parcelles blanches sur vos épaules, ventre et front.

Voilà, c’est fait! Vous êtes une vraie crevette tigrée.

TYPE C: LE HOMARD

D’un grade plus haut, cette troisième catégorie s’apparente à la CREVETTE TIGRÉE. Vous remarquerez par contre que le homard est bien plus imposant que la pauvre petite crevette. Ici, nous avons droit à un véritable coup de soleil. Aucune partie du corps n’a été épargnée. Vous étiez blanc à votre arrivée et vous en avez fait à votre tête. Vous avez donc appliqué dès la première journée une protection solaire avec FPS15 ou pire, de l’huile de noix de coco sans FPS. Résultat: rouge comme un homard. Et la semaine vient de commencer!

TYPE D: LE GRAND BRÛLÉ alias le MASOCHISTE

Vous êtes celui qui s’est découvert une vraie passion pour la douleur. Dès votre première journée de vacances, vous vous êtes converti en HOMARD. La seconde journée, de peur de brûler davantage, vous vous êtes abrité à l’ombre. La troisième journée, ayant déjà oublié les coups de fouet du soleil, vous avez appliqué un peu plus de crème solaire et êtes retourné sous les rayons UV. Ce soir-là, c’était l’insolation critique, fièvre et sueur étaient au rendez-vous. Le lendemain, vous étiez à nouveau à l’ombre. Le jour suivant, ayant déjà oublié votre coup de soleil de la première journée et l’insolation de la troisième, vous vous êtes à nouveau présenté sous les feux de la rampe.

Cette fois-ci, aucune protection solaire. De toute façon, après cinq jours à la chaleur, votre peau ne devrait-elle pas être habituée? Inévitablement, c’est un deuxième coup de soleil qui vous frappe. Le lendemain du deuxième coup de soleil, c’est à l’ombre que l’on vous retrouve. Et le lendemain? Et le lendemain du lendemain? J’imagine que si vous restez deux semaines dans le Sud, vous aurez peut-être le temps d’attraper sept coups de soleil:) Le défi est lancé!

TYPE E: LE SERPENT QUI MUE

Pour vous transformer en serpent qui mue, vous devez être passé par le HOMARD et le GRAND BRÛLÉ au cours de votre semaine de vacances.  Votre peau a tellement souffert qu’elle exige une cure de jouvence. Ce phénomène se produit normalement lorsque vous êtes enfin prêt à revenir à la maison.

Votre premier coup de soleil vous a asséché l’épiderme. Vous avez donc commencé à peler dès les premières journées de la semaine. Insouciant comme vous êtes, vous avez été frappé encore une fois par un autre coup de soleil. Une semaine plus tard, c’est tout votre corps qui est asséché.

Votre cuir chevelu se détache. Vos mains craquent. Vos vêtements sont recouverts de vieilles peaux sèches. Vous laissez des traces de votre venue sur les sièges de l’avion. En fait, vous perdrez tout votre bronzage avant même d’être rentré au bercail. Une huile de noix de coco ou un FPS 30? À vous de choisir.

TYPE F: LE VIEUX PRUNEAU alias LE BACON GRILLÉ

Vous faites partie de ce groupe de gens qui bronzent sans brûler. Seulement, vous n’arrivez pas à gérer votre temps d’exposition au soleil. Vous avez créé une dépendance aux rayons UV. Vous vous levez le matin à 7 h AM et allez déposer votre serviette sur une chaise à la plage car vous ne voulez surtout pas vous faire voler votre place. S’en suit le déjeuner. Vous revenez à 8 h 30 prêt pour affronter la journée. Vous vous étendez à l’horizontale et vous y restez. Vous vous dorez un côté du corps durant quelques heures puis c’est l’autre côté qui y passe. Le lendemain, la même routine.

À la fin de la semaine, vous êtes noir, voire calciné. Vos dents blanches nous aveuglent. Le blanc de vos yeux déchire l’obscurité. Pour sourire, vous devez faire un effort supplémentaire car vos muscles sont complètement figés. Tout le sébum de votre peau s’est évaporé sous l’effet de la chaleur, vous donnant une allure terne et sèche.

Vous pourriez ressembler à une oasis fleurissante du désert de Libye, mais au lieu de ça, vous êtes le désert du Sahara. Un petit conseil: la modération à bien meilleur goût…

ET VOUS? ÊTES-VOUS PLUTÔT TYPE VIEUX PRUNEAU OU GRAND BRÛLÉ?

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