Chroniques

22 décembre 2010
Par Elizabeth Landry

Au Québec, il fait FRETTE en hiver

Hôtesse de l’air: « Mesdames et Messieurs, je vous souhaite la bienvenue à l’aéroport de Montréal. Il est actuellement 13h et la température extérieure est de – 10 degrés Celsius. Pour votre confort et sécurité, veuillez demeurer assis avec la ceinture attachée et vos bagages rangés…»

Passager: «QUOI! BAHHHHHH! ARK! GRRRR! OUF! Mon dieu, Guétan, il fait – 10 degrés Celsius dehors! »

Le passager me regarde complètement dérouté.

Passager: « Il fait tellement froid. On est pas habitué! »

Vraiment? Vous n’êtes pas habitué? Vous avez déjà oublié qu’au Québec, il fait froid en hiver? Vous devez en avoir bu des mojitos pour oublier une telle chose!

À vous regarder, j’avoue que j’ai presque envie de vous croire. Vous portez maintenant une légère camisole de coton et une petite robe de plage rose bonbon. Sans parler des sandales! Où sont passées vos bottes? C’est dans cette tenue que vous comptez affronter à nouveau nos rudes hivers québécois?

Pourtant, il y a une semaine, vous portiez un gros manteau chaud. Où est-il passé? Ne me dites pas que vous l’avez laissé à la femme de ménage de l’hôtel à Varadero?

Vous êtes bien né au Québec, non? Avez-vous vraiment oublié tous ces beaux souvenirs hivernaux en une seule semaine au soleil?

Souvenez-vous de votre tendre enfance où Maman emmitouflait précieusement votre corps dodu dans un habit de neige.  Elle enfilait une tuque de laine sur votre minuscule tête. Elle entrait vos petites mains de bébé dans de chaudes mitaines et elle recouvrait votre cou et votre visage d’un long foulard piquant. Vous n’aviez que vos yeux à découvert. De votre petit traîneau, vous pouviez admirer cette belle neige au sol. Vous vous souvenez? Bon, je vous l’accorde, vous étiez un peu jeune.

J’essaie encore.

Vous vous souvenez peut-être de ces fois où Maman vous chassait dehors durant une grosse tempête de neige. Vous criiez que vous ne vouliez pas sortir. Pourtant, elle vous prenait par le bras et vous ne pouviez répliquer. De toute façon, qu’auriez-vous fait à l’intérieur? Le PlayStation n’existait pas durant ce temps là!  Vous affrontiez donc l’hiver comme un grand garçon. Vous geliez royalement, mais vous teniez bon. Vous rentiez à la maison avec la morve au nez. Vous aviez eu FRETTE mais que de bons souvenirs!

Avouez que la mémoire vous revient? Non, vous ne vous souvenez toujours pas!

Essayons ceci alors.

Il y a une semaine, vous étiez à la maison, prêt à partir avec vos valises pleines. Quelques minutes avant votre départ, vous êtes sorti démarrer la voiture pour la réchauffer. Vous en avez profité pour déglacer les fenêtres et déneiger le toit. Vous aviez les mains gelées. Cependant, vous avez quand même déblayé la cour afin de ne pas rester bloqué dans cette neige nouvellement tombée.

Entre-temps, vous vous disiez: « Maudit qu’il fait FRETTE! »

Par la suite, vous êtes retourné à la maison prendre les valises. Quel bonheur de partir enfin en vacances!

Les routes étaient remplies de sloche brune. Vous deviez asperger du lave-glace sur le pare-brise à toutes les secondes pour entrevoir votre chemin. Le gros bonheur!

À l’aéroport, vous êtes entré dans l’avion avec un manteau sur le dos et la broue dans le toupet.

Vous vous souvenez maintenant? La voiture? La neige? Le froid? La buée? C’était il y a une semaine seulement!

Quand avez-vous donc perdu la mémoire?

Je sais maintenant!

Au décollage, la neige s’est éloignée rapidement en dessous de vous. Quelques nuages ont alors brouillé l’horizon pendant un instant. Puis, un beau grand ciel bleu est apparu. À cet instant même, vous avez oublié votre passé…

Hôtesse de l’air: « Pour votre confort et sécurité, veuillez demeurer assis avec vos ceintures attachées et vos bagages rangés jusqu’à l’arrêt complet de l’appareil. Si vous avez besoin d’assistance pour le débarquement, veuillez demeurer assis jusqu’à ce que les autres passagers soient descendus. J’aimerais aussi vous rappeler qu’au Québec, il fait FRETTE! Je vous souhaite à tous un bon retour à la maison et un JOYEUX TEMPS DES FÊTES! »

JOYEUX NOËL ET BONNE ANNÉE 2011!

 

 

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5 novembre 2010
Par Elizabeth Landry

Ça m'énerve - Section Café & Thé


La saison d’été est ENFIN terminée! J’ai l’air d’en avoir plein ma tuque? Désolée, ce n’est pas mon intention. Je suis bien heureuse d’avoir passé la majorité de mon temps en Europe, mais je tiens tout de même à vous préciser la raison de mon soulagement.

En mai, c’est la saison d’été qui commence. Fini les vols vers le Sud! Les passagers ne s’appelleront désormais plus Roger, Pauline ou Cindy, mais Arnaud, Fabrizio ou Agathapoulos. Nouveaux passagers et nouveaux comportements. Durant les premiers mois, les hôtesses de l’air seront compréhensives et riront gentiment de ces gestes que les passagers répètent d’un vol à l’autre. Pourtant, au fur et à mesure que les mois avanceront, ces comportements banals se transformeront en des «ÇA M’ÉNERVE!».

Peu importe votre nationalité, que vous soyez Italiens ou Espagnols, Français ou Canadiens, il semble que certains comportements se reproduisent à bord constamment. Nous les avons déjà considérés comme drôles et naïfs mais désormais ils sont devenus irritants.

Je vous présente donc mon TOP 3 «ÇA M’ÉNERVE» SECTION CAFÉ & THÉ

1. Café ou thé?

Mise en situation : Après que nous ayons passé les plateaux de nourriture à tous les passagers, nous passons par la suite dans les allées avec le café et le thé.

Il y a une hôtesse de l’air pour le THÉ. Une autre pour le CAFÉ. Il me semble que ce n’est pas compliqué. Vous me suivez jusqu’ici? Donc, si je résume bien, il y a deux hôtesses de l’air dans l’allée qui circulent avec un pot de café et un pot de thé. Elles se suivent de près.

Celle qui tient le café dit «CAFÉ».  Celle qui tient le thé dit évidemment «THÉ». Vous me suivez encore? En général, nous crions haut et fort CAFÉ, CAFÉ, CAFÉ, juste pour être certaine qu’aucun passager ne se trompe de personne. En anglais, c’est COFFEE, COFFEE, COFFEE. En Espagnol, c’est CAFÉ, CAFÉ, CAFÉ. En italien, c’est CAFFE, CAFFE, CAFFE. Grosse différence hein?

Quand quelqu’un veut du café, il doit nous tendre sa tasse. Pour être certaine qu’il veut bien le café, nous allons lui répéter que nous sommes celle qui verse le café. Nous disons alors: «Café?» et nous le regardons en signe d’approbation.  Il hoche la tête. Nous servons donc le café dans sa tasse bleue. Et là, horreur! Il nous regarde avec un air épaté et stupéfait. «Mais ce n’est pas du THÉ que vous servez! Je voulais du THÉ, MOI». ÇA M’ÉNERVE!

2. La tasse sur le plateau S.V.P

Continuons toujours avec le café et le thé pour ne pas mélanger personne. Comme il y a trois personnes dans chaque rangée, il nous est assez difficile d’aller verser le café directement dans la tasse de la personne assise près du hublot.

Pour nous faciliter la tâche, nous tenons donc d’une main le pot de café ou de thé et de l’autre un petit plateau avec des petites crèmes, des petits laits et des sachets de sucre. Un espace est laissé libre sur notre plateau afin que tous puissent y déposer leur tasse et que nous puissions verser le liquide de manière facile et sécuritaire. Tous les passagers semblent vivre LE QUESTIONNEMENT de leur vie lorsqu’il arrive le temps de nous tendre leur fameuse tasse bleue qui se trouve sur leur plateau. Je ne crois pas avoir déjà déstabilisé autant de personnes en même temps…

Imaginons que le passager voulant du café est assis au hublot. Je lui tends alors mon plateau afin qu’il y dépose sa banale tasse. Premièrement, il va regarder mon plateau avec une paire d’yeux vides. Il ne sait pas du tout quoi faire et je le sais. Je lui laisse pourtant le bénéfice du doute et j’attends un peu. Là, il s’agite et prend une petite crème supplémentaire, mais ne dépose toujours pas sa tasse sur mon plateau. Je ne dis rien. J’attends qu’il réfléchisse le moindrement. Il ne dépose toujours pas sa tasse. Il la tient fermement dans sa main.

Il se dit que je lui offre peut-être encore des petits laits et des petits sucres. Il prend alors un sucre supplémentaire. Là, il me regarde et il me dit:  «Je n’ai plus besoin de rien, seulement du café». Je lui réponds donc: «Veuillez déposer votre tasse sur mon plateau».

L’histoire pourrait s’arrêter là mais non. Je dois alors répéter: «Monsieur, la tasse sur le plateau. La tasse sur le plateau Monsieur. Monsieur LA TASSE sur le PLATEAU!»

Et puis, il y a l’extrême où je devrai littéralement déposer mon pot de café au sol. Me lever. Prendre sa tasse bleue. La déposer sur mon plateau. Reprendre mon café par terre. Verser le café et lui tendre sa tasse. ÇA M’ÉNERVE.

3. Une crème à la place du lait

Poursuivons toujours avec le café et le thé. Qui aurait cru qu’il y en avait autant à dire à ce sujet? Je suis aussi surprise que vous:)

Revenons donc à la scène où la tasse est maintenant remplie de café sur mon plateau. Le passager peut maintenant prendre sa tasse et me laisser continuer de servir les autres passagers. Et non! Il y en a toujours un qui veut changer son petit lait pour une petite crème. Il va donc prendre sa tasse avec une main et de l’autre changer son lait pour une crème.

Où croyez-vous qu’il déposera son petit lait indésiré?

— Il pourrait le remettre avec les autres laits qui sont tous bien ordonnés autour des sachets de sucre.

— Il pourrait le remettre dans l’espace libre qu’il vient de créer en prenant sa crème.

NON! NON! NON !

Il le met directement dans l’espace vide réservé aux tasses!

Ce lait s’amuse maintenant à bloquer le chemin. Il roule d’un côté et de l’autre. Il ne reste pas au même endroit. Et je ne compte surtout pas sur l’aide du passager suivant pour le déplacer. Il va sûrement me regarder et me dire: «Il n’y a pas de place sur votre plateau!» Je suis livrée à moi-même!

L’intention du passager était-elle de me faire enrager? Comment croit-il que je déplacerai ce lait qui prend maintenant l’espace pour la tasse? J’ai les deux mains pleines! ÇA M’ÉNERVE!

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15 octobre 2010
Par Elizabeth Landry

L'enfer Ryanair

Qui choisir? EasyJet ou Ryanair?

Comme je m’oblige à répondre à cette pénible question, je comparerai alors Easyjet au tunnel chaud voire brûlant qu’empruntent les âmes pécheresses lors de la descente aux Enfers. C’est orange, c’est agressant. On n’aime pas.

Ryanair, pour sa part, c’est déjà l’Enfer! Le feu brûle et détruit tout sur son chemin. C’est jaune. C’est trop jaune. C’est plus qu’agressant. On veut mourir.

Il y a peu de temps, une jeune hôtesse de l’air et son équipage embarquèrent à bord d’un des Boeing 737-800 de Ryanair. Le prix des sièges (si l’on peut appeler ceux-ci des sièges) valait probablement une petite bouchée. Le vol durait environ une heure. Ce n’est rien qu’une heure, vous direz. Attendez un instant! C’est une heure de trop. Une heure de cauchemar.

L’équipage en question n’avait pas encore fermé l’oeil, car tous avaient volé durant toute la nuit au-dessus de l’Atlantique.

Après deux heures d’attente dans l’aéroport, l’avion arriva enfin. Les passagers qui étaient déjà à bord descendirent. Une annonce se fit alors entendre et tous les nouveaux passagers se mirent en ligne dans l’espoir d’embarquer rapidement.

Vite, vite, vite. Coups de coude par-ci et coups de bagages par-là. Voyons c’est quoi le problème? Ah! j’avais oublié Ryanair, tout comme Easyjet, n’assigne aucun siège. Premier arrivé, premier servi. Une vraie partie de hockey. «Désolé, j’étais là avant vous.» «Non, c’était moi». Bla, bla, bla.

Durant ce temps, les agents au sol (ceux qui vérifient les billets d’embarquement à la barrière) se préparaient à s’amuser avec toutes ces petites sardines bien cordées, hôtesse de l’air et équipage inclus.

Le Rack

C’est à ce moment que l’ennemi juré des passagers fit son entrée en jeu: le fameux «rack» utilisé afin de mesurer la dimension d’un bagage. Le chef exécutif de Ryanair, Micheal O’Leary a tout compris. Il n’est pas fou ce gars-là. Même si un passager coriace réussit à passer outre au comptoir d’enregistrement, il va se faire prendre à la barrière.

Donc, voilà que le dangereux «rack» bleu s’approche de l’équipage en question. Les petits carry-on des agents de bord (les petites valises à roulettes) doivent donc sans exception entrer aisément entre les barreaux du «rack» sinon il faut payer. Combien? 35 euros!

Après avoir payé ledit montant, notre jeune hôtesse de l’air coupable de voyager avec sa petite valise dans le cadre de son travail, entra sans problème à bord de l’avion infernal. Personne ne lui demanda de la mettre dans le cargo. Personne!

Pourtant, cette charge ridicule n’était-elle pas imposée afin de mettre la valise en soute? Ce «rack» n’était-il pas utilisé dans le but de coincer les malheureux bagages trop corpulents pour entrer dans les compartiments supérieurs? Il semblerait que non, car la petite valise noire entra sans problème et surtout sans question à bord de l’avion.

Je soupçonne que ce «rack» bleu a même été construit trop petit dans le but précis de faire plus d’argent…

Un avion sans équipage ne vole pas loin

Non, ce n’est pas terminé. L’enfer ne fait que commencer. Il y a quelques instants, nos petites sardines fatiguées s’alignaient en file cordée. Ne voilà toujours pas d’embarquement après 30 minutes d’attente.

45 minutes…

1 h…

1h30…

Peut-on monter à bord? Non, impossible. L’équipage du super Boeing est porté disparu. Les passagers sont pourtant en ligne depuis bientôt deux heures mais personne n’est là pour voler l’avion. Et surtout pas question de retourner s’asseoir dans la salle d’attente. Qui va à la chasse perd sa place!

C’est ainsi que l’équipage et l’hôtesse de l’air, à bout de nerfs depuis un bon moment, découvriront alors une nouvelle fonction à leurs carry-on apparemment trop gros pour entrer dans un «rack» Ryanair. Le banc portatif était né!

Mais où est passée la bienséance? Honnêtement, je crois qu’elle s’est envolée quelque part entre minuit, plusieurs au revoir, quelques heures d’attente et 35 euros.

Astuces Marketing

Si Ryanair fait vivre l’enfer à tous les équipages en mise en place, il faut l’admettre, Ryanair détient la formule pour réduire ses coûts d’exploitation et augmenter ses profits.

Voyons voir :

1- Il n’y a pas de cartes de démonstration d’urgence imprimées sur du papier. Sauvons la planète, mais sauvons plutôt notre porte-monnaie en imprimant directement les consignes de sécurité directement sur les sièges.

2. Il n’y a pas de sacs de vomissure non plus. Si vous vomissez, on vous charge probablement 2 € pour le sac! Mais comme le derrière des sièges sont en plastique, j’imagine que quelques gouttes de vomi se nettoient assez bien.

3. À bord, on a droit à un vrai marché ambulant. Les agents de bord font des annonces pour vendre toutes sortes d’items : des cigarettes qui ne produisent pas de fumée, des coupons de loterie ou des articles de la boutique hors-taxes.

4. D’ici deux ans, vous pourrez voyager debout pour moins cher. Voir le video.[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=E_dQH1hNCsg]

5. Vous devrez également payer pour faire pipi! Boeing est en train de développer un système de toilettes payantes pour les avions de Ryanair. Vous devrez alors débourser 1 £ ou 1 € pour utiliser les toilettes sur les vols d’une heure et moins. Une toilette seulement sera alors disponible à bord de certains appareils. L’autre toilette sera enlevée et remplacée par des sièges de passagers. $$$

4. Procurez-vous également le CALENDRIER 2010 mettant en vedette les hôtesses de l’air sexy de RYANAIR. Les profits sont versés à un organisme de charité… Vraiment?

Je pourrais continuer cette énumération pour encore longtemps en vous parlant des «FAT TAX», cette taxe qui pourrait s’appliquer pour les personnes obèses. Ou leur pratique controversée de mettre le minimum de kérosène dans le but précis d’épargner, mais aussi d’obliger leurs pilotes à se poser coûte que coûte à l’aéroport de destination.

Bref, le génie marketing de Ryanair n’a pas de fin.

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26 septembre 2010
Par Elizabeth Landry

Alors vous retournez à Montréal?

Cet été, pendant que je souhaite de bonnes vacances à mes passagers lors des arrivées en Europe, on me demande constamment la même question. Je dois avouer que j’ai de la difficulté à comprendre comment certains osent sans honte me la poser en sachant que nous avons travailler toute la nuit. Il me semble alors nécessaire d’apporter quelques précisions. Voilà donc une petite mise en situation qui répondra, je l’espère, à cette récurrente interrogation.

Vous venez d’embarquer comme passager à bord d’un vol en direction de Paris. Il est 20 heures ou peut-être 23 heures. Peu importe, il est tard et vous passerez la nuit dans un avion. Vous vous installez à votre siège. Vous avez apporté une petite couverture pour dormir (en réalité, vous n’en avez pas, mais j’aime imaginer que c’est le cas). Vous gonflez votre oreiller et mettez vos bouchons pour ne rien entendre. Vous essayez de dormir du mieux que vous pouvez. Vous allez peut-être vous assoupir une heure seulement ou bien vous ronflerez et dérangerez votre voisin. Chose certaine, lorsque vous arriverez à Paris, vous aurez beaucoup plus d’énergie que l’hôtesse de l’air qui, pour sa part, aura déambulé dans l’allée une trentaine de fois afin de s’assurer que vous dormez bien.

Vous vous serez sûrement réveillé durant ces quelques sept heures de vol et lui aurez demandé un verre d’eau pour vous désaltérer. Vous vous serez ensuite rendormi. Pendant ce temps, cette hôtesse de l’air aura savouré un café, puis un autre, et peut-être un autre. Elle combattra petit à petit la fatigue accumulée au fil de l’été par ces nuits blanches passées à traverser l’Atlantique.

Deux heures avant l’atterrissage, vous aurez droit à un petit-déjeuner afin de vous mettre à l’heure de l’Europe. Les agents de bord seront affairés à vous servir, vous débarrasser, vous faire des sourires.

Viendra ensuite la descente vers l’aéroport Charles de Gaulle. L’équipage préparera alors la cabine. Tous seront maintenant plus alertes et oublieront, l’instant d’un moment, l’idée de s’endormir dans un lit douillet. Soudainement, ce sera le temps de s’asseoir sur leurs strapontins (petits sièges rétractables) pour l’atterrissage.

Et là, le choc arrivera! BOOM! Leurs paupières commenceront à devenir lourdes. La fatigue se fera sentir à nouveau. Pourtant, tous resteront bien éveillés, prêts à agir en cas d’urgence.

De votre côté, vous serez exténué, car vous n’aurez dormi que quelques heures à la verticale. Vous serez donc prêt à vous rendre à la maison ou à l’hôtel et à vous allonger encore davantage pour vous reposer.

Ce scénario est plus que réaliste. Tout passager, après un vol de sept heures est encore fatigué.

J’aimerais alors poser une simple question, qui, j’espère, ne vous sera pas trop difficile à répondre.

Si un passager est encore fatigué après un vol vers l’Europe, et ce, même après avoir dormi à bord, croyez-vous qu’une hôtesse de l’air qui n’a pas du tout dormi puisse immédiatement retraverser l’Atlantique sans avoir l’occasion de se reposer?

Pour ceux qui auraient répondu OUI à cette question, vous me décevez grandement. Vous me feriez donc travailler environ 20 heures (2 h avant le vol + 7 h de vol (Montréal – Paris) + 2 h au sol + 1 h embarquement + 8 h de vol (Paris-Montréal))

Pour les autres, merci pour votre considération.

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