Chroniques

6 janvier 2011
Par Elizabeth Landry

La patience est une vertu qui ne s'acquiert pas dans un avion.

Un avion est une réplique de la société. Tous les comportements humains s’y retrouvent: des plus altruistes aux plus égoïstes.

L’impatience que vous éprouvez au volant de votre voiture durant les heures de pointe possède elle aussi une jumelle à bord. Je vous présente L’IMPATIENCE VERSION AVION.

Nous venons de décoller. Dix minutes ont passé. Quinze maximum. Il reste encore quatre heures de vol et tous les sièges sont occupés. Nous avons plus de 350 passagers à bord. Beaucoup de passagers et donc beaucoup de demandes.

Je dois me rendre à l’arrière de l’appareil. Cette épreuve me semble réalisable. Pourtant, un doute flotte dans mon esprit. Lequel?

J’entreprendrai mon périple à la rangée 1 située complètement à l’avant de l’avion. Je sais qu’en théorie, je devrai terminer à la rangée 43. Pourtant, j’avoue que je n’ai aucune idée du temps qui s’écoulera entre ces deux nombres. Que se passera-t-il entre la rangée 1 et la rangée 43? Mystère et boule de gomme.

Avant mon départ, je calcule mes chances de réussite. Une rangée compte trois passagers de chaque côté d’une allée. Cela fait donc 6 passagers dans une rangée . Il y a 43 rangées. Je risque de me faire intercepter 258 fois. Bref, j’ai 7 chances sur 10 d’être arrêtée en chemin par quelqu’un.

Je laisse mon sort entre les mains du destin. J’arriverai quand j’arriverai!

Je m’élance. D’un pas décidé, je passe la rangée 1-2-3. Je franchis le rideau en me dirigeant vers mon objectif. Je marche bien droite. Je ne veux montrer aucune faiblesse. Je suis maintenant à la rangée 10. J’ai réussi à passer dix rangées les deux doigts dans le nez!

J’ai le goût de laisser transparaître ma joie. Je me ressaisis immédiatement. Je me dis: «Hey, la p’tite, il te reste encore trente autres rangées. Je ne serais pas aussi positive à ta place!».

Et j’ai bien raison de me dire cela, car voilà que survient l’inévitable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Monsieur 12 D m’accroche par le bras: « (Désolé) (Pourrais-je) (Serait-il possible) Une autre carte de douane! (S.V.P) (Merci) (De rien)»

Je poursuis ma course vers l’arrière.

Je note dans ma tête la demande numéro 1: CARTE DE DOUANE.

Je poursuis ma descente. 12-13-14.

Soudainement, une dame m’intercepte d’un ton fort.

Madame 14 A: « (Désolé) (Pourrais-je) (Serait-il possible) Des écouteurs, vous m’avez oublié! (S.V.P) (Merci) (De rien)

Je note dans ma tête la demande numéro 2: ÉCOUTEURS.


Je continue l’épreuve. 14-15-16-17-18-19-20. Un enfant m’arrête à son tour.

Enfant 20 C: « Pourrais-je avoir un sac de jouets comme mon frère?»

Je note dans ma tête la demande numéro 3: SAC DE JOUETS.

Mes espoirs sont maintenant anéantis. J’ai déjà trois demandes et je n’en suis qu’à la moitié de l’avion. Je garde pourtant l’espoir d’atteindre mon but rapidement. Je franchis maintenant le cap de la trentième rangée!

Voilà que je regagne soudainement confiance. Je me dis: «L’épreuve n’était pas si difficile que cela finalement».

Encore une fois, j’aurai parlé trop vite! Madame 31 C m’intercepte. Elle est accompagnée de son mari à 31 B. Ils ont quelques questions pour moi.

Madame 31 C et Monsieur 31 B: «On écrit quoi à NATIONALITÉ? C’est quoi qu’ils veulent dire par PORT D’EMBARQUEMENT? C’est quoi le numéro du vol?»

Je passe un instant avec eux. Je leur mentionne qu’ils sont Canadiens et qu’ils ont bel et bien embarqué à Montréal…

Je poursuis ma route vers mon objectif. 31-32-33-34-35

C’est à cet instant, lorsque je croyais atteindre mon but sans trop d’embûches, qu’un bombardement survint.

UN CRAYON! UN VERRE D’EAU POUR UN MÉDICAMENT! UN AUTRE VERRE D’EAU! DES ÉCOUTEURS!

J’arrive à l’arrière un peu mêlée. Une comptine retentit dans ma tête.

«Quand je vais au marché, je mets dans mon petit panier: une carte de douane, des écouteurs, un sac de jouets, un crayon, un verre d’eau, des écouteurs. »

Je ramasse tout ce dont j’ai besoin. J’essaie de faire vite car ma mémoire a ses limites. Je chante encore.

«Quand je vais au marché, je mets dans mon petit panier: une carte de douane à Monsieur 12 D, des écouteurs à Madame 14 A, un sac de jouets à Enfant 20 C, un crayon à lui, un verre d’eau à l’autre, des écouteurs à la dernière rangée!»

Voilà que je suis enfin prête à faire les distributions. Je remonte.

LES VERRES D’EAU. LE CRAYON. LES ÉCOUTEURS.

Je remets le SAC à 20 C. Je remonte à 14 A et lui tends les ÉCOUTEURS.

Il ne me reste plus que Monsieur 12 D. Je suis une vraie championne! Moins de dix minutes se sont écoulées. Il reste encore plus que trois heures de vol.

J’arrive à Monsieur 12 D. Je suis prête à lui rendre cette carte qu’il m’a demandée il y a quelques minutes.

Vous savez, cette carte de douane que je me suis efforcée de garder en mémoire depuis le tout début. Oui, cette même carte de douane qu’il a encore trois heures pour remplir.

Je lui tends la carte. Il me regarde surpris. J’aperçois sur sa tablette une carte déjà dûment remplie.

Monsieur 12 D: «Vous n’arriviez pas alors j’ai demandé à quelqu’un d’autre…»

En effet, la patience n’est pas une vertu qui s’acquiert dans un avion!

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22 décembre 2010
Par Elizabeth Landry

Au Québec, il fait FRETTE en hiver

Hôtesse de l’air: « Mesdames et Messieurs, je vous souhaite la bienvenue à l’aéroport de Montréal. Il est actuellement 13h et la température extérieure est de – 10 degrés Celsius. Pour votre confort et sécurité, veuillez demeurer assis avec la ceinture attachée et vos bagages rangés…»

Passager: «QUOI! BAHHHHHH! ARK! GRRRR! OUF! Mon dieu, Guétan, il fait – 10 degrés Celsius dehors! »

Le passager me regarde complètement dérouté.

Passager: « Il fait tellement froid. On est pas habitué! »

Vraiment? Vous n’êtes pas habitué? Vous avez déjà oublié qu’au Québec, il fait froid en hiver? Vous devez en avoir bu des mojitos pour oublier une telle chose!

À vous regarder, j’avoue que j’ai presque envie de vous croire. Vous portez maintenant une légère camisole de coton et une petite robe de plage rose bonbon. Sans parler des sandales! Où sont passées vos bottes? C’est dans cette tenue que vous comptez affronter à nouveau nos rudes hivers québécois?

Pourtant, il y a une semaine, vous portiez un gros manteau chaud. Où est-il passé? Ne me dites pas que vous l’avez laissé à la femme de ménage de l’hôtel à Varadero?

Vous êtes bien né au Québec, non? Avez-vous vraiment oublié tous ces beaux souvenirs hivernaux en une seule semaine au soleil?

Souvenez-vous de votre tendre enfance où Maman emmitouflait précieusement votre corps dodu dans un habit de neige.  Elle enfilait une tuque de laine sur votre minuscule tête. Elle entrait vos petites mains de bébé dans de chaudes mitaines et elle recouvrait votre cou et votre visage d’un long foulard piquant. Vous n’aviez que vos yeux à découvert. De votre petit traîneau, vous pouviez admirer cette belle neige au sol. Vous vous souvenez? Bon, je vous l’accorde, vous étiez un peu jeune.

J’essaie encore.

Vous vous souvenez peut-être de ces fois où Maman vous chassait dehors durant une grosse tempête de neige. Vous criiez que vous ne vouliez pas sortir. Pourtant, elle vous prenait par le bras et vous ne pouviez répliquer. De toute façon, qu’auriez-vous fait à l’intérieur? Le PlayStation n’existait pas durant ce temps là!  Vous affrontiez donc l’hiver comme un grand garçon. Vous geliez royalement, mais vous teniez bon. Vous rentiez à la maison avec la morve au nez. Vous aviez eu FRETTE mais que de bons souvenirs!

Avouez que la mémoire vous revient? Non, vous ne vous souvenez toujours pas!

Essayons ceci alors.

Il y a une semaine, vous étiez à la maison, prêt à partir avec vos valises pleines. Quelques minutes avant votre départ, vous êtes sorti démarrer la voiture pour la réchauffer. Vous en avez profité pour déglacer les fenêtres et déneiger le toit. Vous aviez les mains gelées. Cependant, vous avez quand même déblayé la cour afin de ne pas rester bloqué dans cette neige nouvellement tombée.

Entre-temps, vous vous disiez: « Maudit qu’il fait FRETTE! »

Par la suite, vous êtes retourné à la maison prendre les valises. Quel bonheur de partir enfin en vacances!

Les routes étaient remplies de sloche brune. Vous deviez asperger du lave-glace sur le pare-brise à toutes les secondes pour entrevoir votre chemin. Le gros bonheur!

À l’aéroport, vous êtes entré dans l’avion avec un manteau sur le dos et la broue dans le toupet.

Vous vous souvenez maintenant? La voiture? La neige? Le froid? La buée? C’était il y a une semaine seulement!

Quand avez-vous donc perdu la mémoire?

Je sais maintenant!

Au décollage, la neige s’est éloignée rapidement en dessous de vous. Quelques nuages ont alors brouillé l’horizon pendant un instant. Puis, un beau grand ciel bleu est apparu. À cet instant même, vous avez oublié votre passé…

Hôtesse de l’air: « Pour votre confort et sécurité, veuillez demeurer assis avec vos ceintures attachées et vos bagages rangés jusqu’à l’arrêt complet de l’appareil. Si vous avez besoin d’assistance pour le débarquement, veuillez demeurer assis jusqu’à ce que les autres passagers soient descendus. J’aimerais aussi vous rappeler qu’au Québec, il fait FRETTE! Je vous souhaite à tous un bon retour à la maison et un JOYEUX TEMPS DES FÊTES! »

JOYEUX NOËL ET BONNE ANNÉE 2011!

 

 

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5 novembre 2010
Par Elizabeth Landry

Ça m'énerve - Section Café & Thé


La saison d’été est ENFIN terminée! J’ai l’air d’en avoir plein ma tuque? Désolée, ce n’est pas mon intention. Je suis bien heureuse d’avoir passé la majorité de mon temps en Europe, mais je tiens tout de même à vous préciser la raison de mon soulagement.

En mai, c’est la saison d’été qui commence. Fini les vols vers le Sud! Les passagers ne s’appelleront désormais plus Roger, Pauline ou Cindy, mais Arnaud, Fabrizio ou Agathapoulos. Nouveaux passagers et nouveaux comportements. Durant les premiers mois, les hôtesses de l’air seront compréhensives et riront gentiment de ces gestes que les passagers répètent d’un vol à l’autre. Pourtant, au fur et à mesure que les mois avanceront, ces comportements banals se transformeront en des «ÇA M’ÉNERVE!».

Peu importe votre nationalité, que vous soyez Italiens ou Espagnols, Français ou Canadiens, il semble que certains comportements se reproduisent à bord constamment. Nous les avons déjà considérés comme drôles et naïfs mais désormais ils sont devenus irritants.

Je vous présente donc mon TOP 3 «ÇA M’ÉNERVE» SECTION CAFÉ & THÉ

1. Café ou thé?

Mise en situation : Après que nous ayons passé les plateaux de nourriture à tous les passagers, nous passons par la suite dans les allées avec le café et le thé.

Il y a une hôtesse de l’air pour le THÉ. Une autre pour le CAFÉ. Il me semble que ce n’est pas compliqué. Vous me suivez jusqu’ici? Donc, si je résume bien, il y a deux hôtesses de l’air dans l’allée qui circulent avec un pot de café et un pot de thé. Elles se suivent de près.

Celle qui tient le café dit «CAFÉ».  Celle qui tient le thé dit évidemment «THÉ». Vous me suivez encore? En général, nous crions haut et fort CAFÉ, CAFÉ, CAFÉ, juste pour être certaine qu’aucun passager ne se trompe de personne. En anglais, c’est COFFEE, COFFEE, COFFEE. En Espagnol, c’est CAFÉ, CAFÉ, CAFÉ. En italien, c’est CAFFE, CAFFE, CAFFE. Grosse différence hein?

Quand quelqu’un veut du café, il doit nous tendre sa tasse. Pour être certaine qu’il veut bien le café, nous allons lui répéter que nous sommes celle qui verse le café. Nous disons alors: «Café?» et nous le regardons en signe d’approbation.  Il hoche la tête. Nous servons donc le café dans sa tasse bleue. Et là, horreur! Il nous regarde avec un air épaté et stupéfait. «Mais ce n’est pas du THÉ que vous servez! Je voulais du THÉ, MOI». ÇA M’ÉNERVE!

2. La tasse sur le plateau S.V.P

Continuons toujours avec le café et le thé pour ne pas mélanger personne. Comme il y a trois personnes dans chaque rangée, il nous est assez difficile d’aller verser le café directement dans la tasse de la personne assise près du hublot.

Pour nous faciliter la tâche, nous tenons donc d’une main le pot de café ou de thé et de l’autre un petit plateau avec des petites crèmes, des petits laits et des sachets de sucre. Un espace est laissé libre sur notre plateau afin que tous puissent y déposer leur tasse et que nous puissions verser le liquide de manière facile et sécuritaire. Tous les passagers semblent vivre LE QUESTIONNEMENT de leur vie lorsqu’il arrive le temps de nous tendre leur fameuse tasse bleue qui se trouve sur leur plateau. Je ne crois pas avoir déjà déstabilisé autant de personnes en même temps…

Imaginons que le passager voulant du café est assis au hublot. Je lui tends alors mon plateau afin qu’il y dépose sa banale tasse. Premièrement, il va regarder mon plateau avec une paire d’yeux vides. Il ne sait pas du tout quoi faire et je le sais. Je lui laisse pourtant le bénéfice du doute et j’attends un peu. Là, il s’agite et prend une petite crème supplémentaire, mais ne dépose toujours pas sa tasse sur mon plateau. Je ne dis rien. J’attends qu’il réfléchisse le moindrement. Il ne dépose toujours pas sa tasse. Il la tient fermement dans sa main.

Il se dit que je lui offre peut-être encore des petits laits et des petits sucres. Il prend alors un sucre supplémentaire. Là, il me regarde et il me dit:  «Je n’ai plus besoin de rien, seulement du café». Je lui réponds donc: «Veuillez déposer votre tasse sur mon plateau».

L’histoire pourrait s’arrêter là mais non. Je dois alors répéter: «Monsieur, la tasse sur le plateau. La tasse sur le plateau Monsieur. Monsieur LA TASSE sur le PLATEAU!»

Et puis, il y a l’extrême où je devrai littéralement déposer mon pot de café au sol. Me lever. Prendre sa tasse bleue. La déposer sur mon plateau. Reprendre mon café par terre. Verser le café et lui tendre sa tasse. ÇA M’ÉNERVE.

3. Une crème à la place du lait

Poursuivons toujours avec le café et le thé. Qui aurait cru qu’il y en avait autant à dire à ce sujet? Je suis aussi surprise que vous:)

Revenons donc à la scène où la tasse est maintenant remplie de café sur mon plateau. Le passager peut maintenant prendre sa tasse et me laisser continuer de servir les autres passagers. Et non! Il y en a toujours un qui veut changer son petit lait pour une petite crème. Il va donc prendre sa tasse avec une main et de l’autre changer son lait pour une crème.

Où croyez-vous qu’il déposera son petit lait indésiré?

— Il pourrait le remettre avec les autres laits qui sont tous bien ordonnés autour des sachets de sucre.

— Il pourrait le remettre dans l’espace libre qu’il vient de créer en prenant sa crème.

NON! NON! NON !

Il le met directement dans l’espace vide réservé aux tasses!

Ce lait s’amuse maintenant à bloquer le chemin. Il roule d’un côté et de l’autre. Il ne reste pas au même endroit. Et je ne compte surtout pas sur l’aide du passager suivant pour le déplacer. Il va sûrement me regarder et me dire: «Il n’y a pas de place sur votre plateau!» Je suis livrée à moi-même!

L’intention du passager était-elle de me faire enrager? Comment croit-il que je déplacerai ce lait qui prend maintenant l’espace pour la tasse? J’ai les deux mains pleines! ÇA M’ÉNERVE!

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15 octobre 2010
Par Elizabeth Landry

L'enfer Ryanair

Qui choisir? EasyJet ou Ryanair?

Comme je m’oblige à répondre à cette pénible question, je comparerai alors Easyjet au tunnel chaud voire brûlant qu’empruntent les âmes pécheresses lors de la descente aux Enfers. C’est orange, c’est agressant. On n’aime pas.

Ryanair, pour sa part, c’est déjà l’Enfer! Le feu brûle et détruit tout sur son chemin. C’est jaune. C’est trop jaune. C’est plus qu’agressant. On veut mourir.

Il y a peu de temps, une jeune hôtesse de l’air et son équipage embarquèrent à bord d’un des Boeing 737-800 de Ryanair. Le prix des sièges (si l’on peut appeler ceux-ci des sièges) valait probablement une petite bouchée. Le vol durait environ une heure. Ce n’est rien qu’une heure, vous direz. Attendez un instant! C’est une heure de trop. Une heure de cauchemar.

L’équipage en question n’avait pas encore fermé l’oeil, car tous avaient volé durant toute la nuit au-dessus de l’Atlantique.

Après deux heures d’attente dans l’aéroport, l’avion arriva enfin. Les passagers qui étaient déjà à bord descendirent. Une annonce se fit alors entendre et tous les nouveaux passagers se mirent en ligne dans l’espoir d’embarquer rapidement.

Vite, vite, vite. Coups de coude par-ci et coups de bagages par-là. Voyons c’est quoi le problème? Ah! j’avais oublié Ryanair, tout comme Easyjet, n’assigne aucun siège. Premier arrivé, premier servi. Une vraie partie de hockey. «Désolé, j’étais là avant vous.» «Non, c’était moi». Bla, bla, bla.

Durant ce temps, les agents au sol (ceux qui vérifient les billets d’embarquement à la barrière) se préparaient à s’amuser avec toutes ces petites sardines bien cordées, hôtesse de l’air et équipage inclus.

Le Rack

C’est à ce moment que l’ennemi juré des passagers fit son entrée en jeu: le fameux «rack» utilisé afin de mesurer la dimension d’un bagage. Le chef exécutif de Ryanair, Micheal O’Leary a tout compris. Il n’est pas fou ce gars-là. Même si un passager coriace réussit à passer outre au comptoir d’enregistrement, il va se faire prendre à la barrière.

Donc, voilà que le dangereux «rack» bleu s’approche de l’équipage en question. Les petits carry-on des agents de bord (les petites valises à roulettes) doivent donc sans exception entrer aisément entre les barreaux du «rack» sinon il faut payer. Combien? 35 euros!

Après avoir payé ledit montant, notre jeune hôtesse de l’air coupable de voyager avec sa petite valise dans le cadre de son travail, entra sans problème à bord de l’avion infernal. Personne ne lui demanda de la mettre dans le cargo. Personne!

Pourtant, cette charge ridicule n’était-elle pas imposée afin de mettre la valise en soute? Ce «rack» n’était-il pas utilisé dans le but de coincer les malheureux bagages trop corpulents pour entrer dans les compartiments supérieurs? Il semblerait que non, car la petite valise noire entra sans problème et surtout sans question à bord de l’avion.

Je soupçonne que ce «rack» bleu a même été construit trop petit dans le but précis de faire plus d’argent…

Un avion sans équipage ne vole pas loin

Non, ce n’est pas terminé. L’enfer ne fait que commencer. Il y a quelques instants, nos petites sardines fatiguées s’alignaient en file cordée. Ne voilà toujours pas d’embarquement après 30 minutes d’attente.

45 minutes…

1 h…

1h30…

Peut-on monter à bord? Non, impossible. L’équipage du super Boeing est porté disparu. Les passagers sont pourtant en ligne depuis bientôt deux heures mais personne n’est là pour voler l’avion. Et surtout pas question de retourner s’asseoir dans la salle d’attente. Qui va à la chasse perd sa place!

C’est ainsi que l’équipage et l’hôtesse de l’air, à bout de nerfs depuis un bon moment, découvriront alors une nouvelle fonction à leurs carry-on apparemment trop gros pour entrer dans un «rack» Ryanair. Le banc portatif était né!

Mais où est passée la bienséance? Honnêtement, je crois qu’elle s’est envolée quelque part entre minuit, plusieurs au revoir, quelques heures d’attente et 35 euros.

Astuces Marketing

Si Ryanair fait vivre l’enfer à tous les équipages en mise en place, il faut l’admettre, Ryanair détient la formule pour réduire ses coûts d’exploitation et augmenter ses profits.

Voyons voir :

1- Il n’y a pas de cartes de démonstration d’urgence imprimées sur du papier. Sauvons la planète, mais sauvons plutôt notre porte-monnaie en imprimant directement les consignes de sécurité directement sur les sièges.

2. Il n’y a pas de sacs de vomissure non plus. Si vous vomissez, on vous charge probablement 2 € pour le sac! Mais comme le derrière des sièges sont en plastique, j’imagine que quelques gouttes de vomi se nettoient assez bien.

3. À bord, on a droit à un vrai marché ambulant. Les agents de bord font des annonces pour vendre toutes sortes d’items : des cigarettes qui ne produisent pas de fumée, des coupons de loterie ou des articles de la boutique hors-taxes.

4. D’ici deux ans, vous pourrez voyager debout pour moins cher. Voir le video.[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=E_dQH1hNCsg]

5. Vous devrez également payer pour faire pipi! Boeing est en train de développer un système de toilettes payantes pour les avions de Ryanair. Vous devrez alors débourser 1 £ ou 1 € pour utiliser les toilettes sur les vols d’une heure et moins. Une toilette seulement sera alors disponible à bord de certains appareils. L’autre toilette sera enlevée et remplacée par des sièges de passagers. $$$

4. Procurez-vous également le CALENDRIER 2010 mettant en vedette les hôtesses de l’air sexy de RYANAIR. Les profits sont versés à un organisme de charité… Vraiment?

Je pourrais continuer cette énumération pour encore longtemps en vous parlant des «FAT TAX», cette taxe qui pourrait s’appliquer pour les personnes obèses. Ou leur pratique controversée de mettre le minimum de kérosène dans le but précis d’épargner, mais aussi d’obliger leurs pilotes à se poser coûte que coûte à l’aéroport de destination.

Bref, le génie marketing de Ryanair n’a pas de fin.

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