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2 octobre 2018
Par Luc le pilote

Peut-on vraiment perdre la trace d'un avion?

Vous lui avez parlé via Skype hier. L’être cher revient demain sur les ailes de VéoAir. Vol VE223 qui doit arriver à 15h15 depuis Barcelone.

En techno que vous êtes, vous jetez un coup d’oeil à votre application préférée de traçage d’avion. Vous découvrez que l’appareil a quitté l’Espagne tardivement et que votre tendre moitié sera en retard.

Voilà qui vous laisse un peu de temps pour trouver des fleurs.

Vous vous présentez à l’aéroport 30 minutes après la nouvelle heure d’arrivée. En entrant, vous recevez un texto de l’être aimé: « Je suis aux bagages, j’arrive dans 5 minutes », annonce-t-elle. Et c’est exactement cinq minutes plus tard que vous accueillez l’attendue avec les éloges qu’elle mérite.

Mine de rien, c’est prodigieux !

 

Comment ça marche?

Internet est le média via les ondes cellulaires et les routeurs satellites qui nous permet de se parler en direct d’un bout à l’autre du monde et de recevoir des textos presque en temps réel.

Mais, est-ce que la position de l’avion vient aussi par Internet?

Oui et non.

D’abord, les instruments de bord de l’appareil ne sont en aucun cas connectés à Internet.

Aucun hacker ne pourrait décider de dévier un appareil de sa route ou de son altitude.

 

La position de l’avion vient des radars qui sont situés au sol. Des radars, il y en a partout autour du globe mais certains endroits isolés y échappent comme le Grand Nord Canadien, l’Antarctique, certains pays moins organisés où les équipements font défaut et, bien sûr, l’ensemble des grandes étendues d’eau.

C’est pour ça que je dis qu’on peut voir l’avion «presque» en temps réel, parce que certaines zones échappent aux radars. En fait, ces radars captent un petit émetteur sur l’avion qui s’appelle: le transpondeur

 

1.Le transpondeur, qu’est-ce que c’est?

Cet appareil muni d’un code à quatre chiffres permet aux contrôleurs d’identifier l’avion, d’y voir sa position, son altitude et sa direction.

Avant l’envolée, le pilote se voit attitrer un code qui permettra aux différents contrôleurs de « voir » l’appareil sur leur écran et c’est cette position qui est retransmise sur Internet pour aider les voyageurs à nous suivre en temps réel.

Grâce au transpondeur, il est aussi possible de communiquer certaines situations.

En urgence, on affiche 7700. En panne de communication 7600 et en cas de détournement c’est 7500.

Ainsi, un pilote peut aviser les contrôleurs sans alerter les pirates de l’air que l’avion est sous l’emprise de malfaiteurs.

 

2. Le système CP-DLC, un outil très utile

Récemment, d’autres systèmes se sont ajoutés au transpondeur. Avec les satellites qui nous survolent, l’appareil peut maintenant transmettre sa position aux contrôleurs où c’était impossible de le faire avant. Au-dessus de l’Atlantique par exemple.

Ce système appelé CP-DLC (Controler-Pilot Data Link Connection) permet d’envoyer des textos pour faire des demandes de changement d’altitude, d’accepter des autorisations ou même de déclarer des situations d’urgence etc…

 

 

3. Le Système ACARS, un outil pour les pilotes et la compagnie aérienne

Il existe aussi un troisième système de communication qui s’appelle l’ACARS. Ce système sert à l’équipage pour parler directement à la compagnie.

En temps réel, le pilote peut et, dans certains cas, doit recevoir et envoyer des informations à son employeur.

Il est très utile pour demander de l’information météo, des détails sur les vols de connexion et même de partager aux passagers le score du hockey!

L’ACARS fonctionne sur demande (comme des textos) et automatiquement. Il agit comme un appareil de surveillance des systèmes. Chaque minute, des données sont envoyées à la compagnie sur la vitesse de rotation des moteurs, l’état des freins, la quantité d’essence et autres, en plus de la position de l’avion.

Disons que nous sommes assez bien équipés en matière de communication!

Maintenant, je me demande toujours …

Comment a-t-on pu perdre la trace du vol MH370?

 

Vous avez aimé cet article? N’Hésitez pas à nous le faire savoir en commentant ci-bas! Sinon, il y a mes livres pour vous divertir! 

 

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2 août 2017
Par Jonathan Hilaire

5 mythes de l'aviation expliqués par un pilote

1- Les Trous d’air existent

FAUX! Ce que les gens appellent des «trous d’air» sont tout simplement des courants d’air convectifs. Les nuages se forment à partir d’une masse d’air chaud qui se condense au contact d’une masse d’air froid en prenant de l’altitude.

C’est comme en hiver lorsque vous sortez dehors. En parlant, l’air chaud sort de votre bouche et avec le -30 degrés extérieur, il se condense immédiatement en buée au contact de l’air froid.

Plus on prend de l’altitude, plus il fait froid et parfois votre avion se retrouve pris dans un ascenseur thermique qui le fait grimper. Naturellement, une fois sorti de cet ascenseur il faut redescendre …

L’appareil en retrouvant une masse d’air froid perd donc ce courant d’air ascendant qui peut donner l’impression d’un «trou d’air» et de cette sensation de «tomber».

2- Un avion sans moteur est une brique.

FAUX ! Les avions de ligne sont conçus pour être d’excellents planeurs. D’où la taille gigantesque de leurs ailes.

Sans moteur, l’avion est capable de planer sur de longues distances. Demandez donc l’avis du Commandant Piché

FAIT INTÉRESSANT: Tous les avions de ligne sont certifiés pour voler sur un seul moteur donc ne vous inquiétez pas, vous êtes entre bonnes mains 🙂

3- On ne peut pas perdre la trace d’un avion

Faux!  Nous l’avons vu avec la disparition du vol 370 de Malaysia Airlines. Les avions sont certes équipés de transpondeurs, de GPS, de systèmes d’envoi automatique de données à la compagnie et sont aussi détectables par les radars au sol, mais si par malheur une panne de ces systèmes survenait et que l’avion avait un problème en dehors des zones de couverture radar, il serait alors impossible de le retrouver…

 

4- L’avion vole seulement sur le pilote automatique.

ENCORE FAUX! La plupart du temps, le pilote automatique est utilisé pour alléger la charge de travail mais les pilotes ont toujours la capacité de prendre le contrôle des commandes.

La plupart des décollages et atterrissages se font manuellement pour parer à toute éventualité. Certaines compagnies préconisent d’engager le pilote automatique dès que le décollage est terminé alors que d’autres laissent libre champ au commandant de bord.

5. N’importe qui peut piloter un avion de ligne en cas de problème.

FAUX ! Si vous comptiez dire à votre agente de bord préférée : « Ne vous inquiétez pas madame, j’ai joué à un simulateur de vol à la maison et je peux vous aider à atterrir cet avion», et bien vous rêvez en couleurs.

Le pilotage d’un avion de ligne n’a rien d’anodin et est d’une complexité rare pour un néophyte. Alors en cas de problème, les wannabe John Wayne vont devoir rester attachés à leurs sièges et laisser les professionnels travailler 🙂

 

À propos de notre collaborateur


 

Élevé par une mère hôtesse de l’air qui l’a nourrit aux biberons de kérosène et non de lait, Jonathan tombe dans le bain de l’aviation dès le plus jeune âge. Vouant une addiction sans limites pour l’aviation et les voyages, il pilote des avions depuis l’âge de 15 ans et est actuellement étudiant en aviation pour devenir pilote de ligne et officie comme instructeur de simulateur de vol sur un Boeing 737 chez Aerosim.

Vous avez des questions concernant cet article, n’hésitez-pas à nous laisser un commentaire ci-bas ou suivez-nous sur Facebook, Instagram ou Youtube!

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14 mars 2011
Par Elizabeth Landry

Multiples vues du cockpit

De votre petit hublot d’avion, l’horizon se montre partiellement. Vous ne verrez jamais ce qui se trouve devant vous à moins que vous pilotiez l’avion vous-même. Que verriez-vous alors si vous étiez aux commandes de l’appareil? Prises de vues depuis Paris vers Montréal.

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