17 septembre 2018
Par Elizabeth Landry

Alors vous retournez à Montréal?

Cet été, pendant que je souhaite de bonnes vacances à mes passagers lors des arrivées en Europe, on me demande constamment la même question. Il me semble alors nécessaire d’apporter quelques précision à cette mystérieuse question.

Voilà donc une petite mise en situation qui répondra, je l’espère, à cette récurrente interrogation.

 

Vous venez d’embarquer comme passager à bord d’un vol en direction de Paris. Il est 20h ou peut-être 23h. Peu importe, il est tard et vous passerez la nuit dans un avion.

Vous vous installez à votre siège. Vous avez apporté une petite couverture pour dormir (en réalité, vous n’en avez pas, mais j’aime imaginer que c’est le cas!)  

Vous gonflez votre oreiller et mettez vos bouchons pour ne rien entendre. Vous essayez de dormir du mieux que vous pouvez. Vous allez peut-être vous assoupir une heure seulement ou bien vous ronflerez et dérangerez votre voisin.

Visitez ma boutique pour voir mes dernières trouvailles en escale !

 

Chose certaine, lorsque vous arriverez à Paris, vous aurez beaucoup plus d’énergie que l’hôtesse de l’air qui, pour sa part, aura déambulé dans l’allée une trentaine de fois afin de s’assurer que vous dormez bien.

Vous vous serez sûrement réveillé durant ces quelques sept heures de vol et lui aurez demandé un verre d’eau pour vous désaltérer (ou pour prendre vos médicaments comme vous nous le mentionnez souvent… ) Vous vous serez ensuite rendormi.

Pendant ce temps, cette hôtesse de l’air aura savouré un café, puis un autre, et peut-être un autre. Elle combattra petit à petit la fatigue accumulée au fil de l’été par toutes ces nuits blanches passées à traverser l’Atlantique.

Deux heures avant l’atterrissage, vous aurez droit à un petit-déjeuner afin de vous réveillez un peu et de vous sentir sur l’heure de l’Europe. Les agents de bord s’affaireront à vous servir, vous débarrasser, vous faire des sourires.

Viendra ensuite la descente vers l’aéroport Charles de Gaulle. L’équipage préparera la cabine. Tous seront maintenant plus alertes et oublieront, l’instant d’un moment, l’idée de s’endormir dans un lit douillet.

Regardez mes trouvailles de Paris dans ma boutique ici!

 

Il s’assiéront sur leurs strapontins pour l’atterrissage. Et là! BOOM! Le choc arrivera. Leurs paupières commenceront à devenir lourdes. La fatigue se fera sentir à nouveau. Pourtant, tous resteront bien éveillés, prêts à agir en cas d’urgence.

De votre côté, vous serez exténué, car vous n’aurez dormi que quelques heures à la verticale. Vous serez donc prêt à vous rendre à la maison ou à l’hôtel et vous allonger encore davantage pour vous reposer.

Ce scénario est plus que réaliste. Tout passager, après un vol de sept heures est souvent fatigué.

Posons-nous donc la question:

Si un passager est encore fatigué après un vol vers l’Europe, et ce, même après avoir dormi à bord, croyez-vous qu’une hôtesse de l’air qui a travaillé le vol puisse immédiatement retraverser l’Atlantique sans avoir l’occasion de se reposer?

Pour ceux qui auraient répondu OUI à cette question, il va falloir se parler LOL!

Pour les autres, merci de votre considération 🙂

Bon vol à tous! XOXO

Poursuivre la lecture
Partagez!
Image du site http://www.lhotessedelair.com
21 août 2017
Par Marie-Pier Lambert

Fumer à bord d'un avion. N'essayez même pas!

Peu de gens le savent mais l’une des situations les plus dangereuses dans un avion est un incendie qui se déclenche à bord. C’est LA situation qu’il faut éviter à tout prix. D’où nos annonces répétitives qui vous informent de ne pas fumer.

Nous penserions qu’en 2017, cette notion serait bien acquise. Que plus personne n’oserait s’en allumer une… Et bien dans un avion, on en voit de toutes les couleurs!

Toronto (YYZ) – Munich (MUC)

Ça faisait déjà un moment que je me demandais quel texte j’allais bien écrire et vous partagez pour ma première fois, mon premier article. J’avais quelques idées en tête, mais rien qui ne laissait place à l’inspiration que j’aurais voulue.

Aujourd’hui, je suis au centre d’achat pour acheter des nouveaux souliers de travail et le téléphone sonne. C’est «crew sked». Je m’en vais à Munich pour la première fois.

Même pas le temps de terminer le pad thaï que je savourais au centre d’achat de Yorkdale, que mon amie s’empresse de le transférer dans une petite boîte carrée, et hop, on file!

Arrivée à la barrière, chacun des membres de l’équipage choisit le poste qu’il souhaite occuper pendant la durée du vol. Mon tour vient et il ne reste qu’un espace sur la grille à combler et c’est celui de la galley de la classe économique.

C’est ma première fois attitrée à cette position pour un vol international. Ouf! Je décide d’en glisser un mot à ma collègue un peu inquiète, mais je garde une attitude positive.

Il fallait bien briser la glace un jour avec ce poste et j’ai eu le plaisir de l’apprendre avec quelqu’un qui a à coeur l’enseignement du métier aux autres. Merci Carita!

C’est la fin du service et c’est comme si une tornade avait passé au fond de l’appareil, mais je reprends le dessus tranquillement pendant que mes collègues terminent le deuxième service de bar.

Faites escale à : 5 mythes de l’aviation expliqués par un pilote

J’en suis à prendre ma première bouchée de muffin aux carottes que j’entends sonner à répétition dans la cabine. Je lis sur l’écran du combiné les inscriptions « SMOKE LAVATORY »  et la lumière de la toilette clignote.

Il y a évidemment quelqu’un puisqu’elle est barrée alors je cogne en mentionnant que je vais l’ouvrir de l’extérieur si la personne ne l’ouvre pas.

J’entends soudain la chasse de la toilette et en ouvrant la porte, je sens une odeur de cigarette qui me lève le coeur.

Eh oui, Monsieur 45G fumait dans les toilettes, question de passer le temps!

Ma première fois à surprendre un passager qui fume dans un avion!

Quand je lui demande où se trouve la cigarette, il me répond tout bonnement qu’il l’a mise dans la toilette et qu’il a tiré la chasse d’eau après l’avoir éteint. Il l’a dit avec un tel détachement que je me questionne réellement à savoir s’il a conscience de tout ce que cela implique.

Je laisse mon directeur de vol prendre le relais des évènements et je me retire de la situation.

Pour entrer dans l’univers de l’aviation procurez-nous les romans L’Hôtesse de l’air!

Avec du recul, je me demande réellement comment l’information de ne pas fumer à bord n’a pas pu se rendre jusqu’à lui? A-t-il été distrait au moment où nous l’avions mentionné en trois langues différentes après le décollage ou il n’a pas vu les 5 écriteaux de «NE PAS FUMER» lors de son séjour aux toilettes?

En fait, j’en parle avec sarcasme, mais rien ne le pardonne vraiment. À en juger son âge, il est probablement né après l’adoption de la loi interdisant de fumer à bord et n’a pas connu les cendriers volant d’autrefois.

Finalement, Monsieur le Fumeur est venu s’excuser et semblait sincère. Je me suis donc permis de lui dire la raison pour laquelle j’étais choquée de la situation.

Peu de gens le savent mais l’une des situations les plus dangereuses à bord d’un avion est un incendie. C’est LA situation qu’il faut éviter à tout prix.

Pour maîtriser un feu qui n’a pas été maîtrisé avec le déchargement des halons, il n’y a pas beaucoup de solutions possibles.

Soit on coupe l’entrée d’oxygène dans la cabine pour aider à éteindre le feu et du même coup en priver les passagers qui risque de s’intoxiquer OU au contraire (et c’est la procédure qui est plutôt utilisée) si la fumée met en danger la vie des passagers, on ouvre des trappes extérieures qui feront s’échapper la fumée à l’extérieur mais feront entrer du même coup de l’oxygène et donc peut-être alimenter le feu davantage. (Quoique à 36 000 pieds, l’air contient beaucoup moins d’oxygène..)

Oui, je sais, moi aussi ça me fait «capoter» de penser à ça.

Il a pris la peine de me dire qu’il avait passé sa cigarette sous l’eau avant de la jeter dans la cuve, mais le seul scénario que je m’imagine est celui où quelqu’un fume, qu’une turbulence imprévue survienne et la cigarette atterrit sur du papier dans la toilette ou sur le sol.

Je lui ai clairement dit qu’avec ce comportement, il aurait pu mettre la vie des autres passagers et celle de l’équipage en danger.

Mon directeur de vol tenait à faire valoir le règlement fédéral concernant l’interdiction de fumer à bord et une escorte policière allait l’attendre une fois arrivé à Munich.

Faites escale à : Les 10 types de voyageurs les plus agaçants.

Beaucoup d’émotions et de première fois aujourd’hui. Somme toute, je suis fière d’avoir appris autant en un seul vol. Il me fera un grand plaisir de vous partager d’autres premières fois dans de futurs articles que vous pourrez lire lors de mes collaborations avec le blogue de L’Hôtesse de l’air.

Au moment d’écrire ces lignes, il ne me reste que deux heures avant d’arriver à destination. Je pense à cette nouvelle ville à découvrir et à ce que je pourrais bien y faire pendant mon escale. Semble-t-il que la bière est bonne en Allemagne et je crois que j’en mérite bien une!

À une prochaine première fois,

Marie-Pier

À propos de notre collaboratrice


Marie-Pier n’aurait pas pu trouver un meilleur emploi pour elle que celui d’agente de bord! Ce métier a pu lui permettre de lier sa passion pour les voyages et son amour pour les gens. Ce qu’elle recherche le plus lorsqu’elle voyage est le dépaysement, comme elle a pu le vivre en Tunisie, en Équateur et en Chine. Selon elle, le voyage est la meilleure façon d’apprendre et de sortir de sa zone de confort.

 


 

Vous avez des questions concernant cet article, n’hésitez-pas à nous laisser un commentaire ci-bas ou suivez-nous sur Facebook, Instagram ou Youtube!

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Poursuivre la lecture
Partagez!
Image du site http://www.lhotessedelair.com
13 août 2017
Par Elizabeth Landry

Les pires odeurs que vous risquez de sentir dans un avion lors de votre prochain vol

Vous pensez peut-être qu’une bonne hygiène fait la norme dans ce monde? Vous faites fausse route. Mis à part les effluves de vomissures qui sont devenues la norme lors d’un vol, il y a en d’autres qui rebutent encore plus et qui réussissent à nous faire dresser les poils des narines.

Voici donc le TOP 5 DES PIRES ODEURS dans l’avion en espérant qu’un jour un parfum de rose flotte à longueur d’année à bord.

1. Les petits pieds

Je commence doucement juste pour ne pas trop vous dégouter. Certaines personnes empestent vraiment des pieds, mais on dirait que ce sont justement celles-là qui décident tout bonnement de retirer leurs chaussures pour enivrer les alentours de leur odeur suffocante. Sincèrement, vous ne vous sentez pas vous-même?

2. La transpiration de l’homme qui ne s’est pas lavé depuis une semaine

Il y a plusieurs grades d’odeurs de transpiration. Je les connais par coeur. Elles me sont très familières. Il y a celle de l’homme qui a couru dans l’aéroport pour ne pas manquer son vol. Une genre d’odeur d’après-sport. Rien de trop fort. Elle se tolère et s’estompe même après quelques minutes.

Il y a aussi celle de l’homme stressé. Celle-là est un peu plus difficile à tolérer. Il a sué ses toxines, les mauvais éléments de son corps qui devaient être éliminés. Cette odeur ne se dissipe malheureusement pas vite mais en prenant une distance d’un pied on risque de s’en sauver.

Maintenant, il y a la mort. Celle de l’homme qui ne se lave pas. Elle lève le coeur et à plusieurs rangées on arrive à la détecter. Cet homme par souci pour l’environnement a décidé de préserver les réserves d’eau potable du monde entier et de ne pas en utiliser.

Ses vêtements empestent. On sent son courant d’air pestilentiel pendant quelques minutes après son passage dans l’allée. Une simple douche ne réussirait pas à affaiblir l’odeur. C’est un lavage à grand coup de jet qu’il lui faudrait. Et lorsqu’on lui demande de remédier à la situation, il finit par vous avouer qu’il est allé en camping, qu’il a gravé les Rocheuses il y a quatre jours et qu’en effet, il n’a pas encore pris de douche…

3. La diarrhée aiguë d’un voyage dans le Sud

Au retour des tout inclus en provenance du Mexique ou en passant par Cuba, c’est facile de savoir si je recommanderais l’hôtel où a séjourné mes passagers. S’ils font des allées et venues entre les toilettes et leurs sièges et qu’ils ont voyagé ensemble, c’est certain que je mets leur hôtel sur ma liste de la TOURISTA ALERTE.

À mon avis, tout agent de bord devrait porter obligatoirement un vaporisateur Febreze comme pièce d’uniforme. Prochaine demande dans la convention collective?

4. L’haleine du matin

Celle-là on ne s’en sort pas. J’ai vraiment tout essayé.  Comme tourner la tête pour éviter de faire un contact direct avec mon nez et cette brise buccale matinale. Mais le bruit assourdissant des moteurs m’oblige souvent à me rapprocher le plus possible du passager pour arriver à le comprendre et c’est là que je me fais souvent frapper par un jet-stream puant.

Le mot qui dégage le plus d’air: SUCRRRE! Un bon café avec du SUCRRRE! Car les lettres C et R agencées ensemble raclent la gorge. Ils la raclent fort je peux vous le dire! À L’AIDE!

via GIPHY

5. La vaginite

Dernière de ma liste et non la moindre. En fait, la pire si vous voulez mon avis. Car celle-là est sournoise. Elle s’attaque autant à la grand-mère qu’à la belle jeune femme. On ne la voit donc pas venir. Assise à manger ma salade dans la rangée d’équipage qui est située près des toilettes c’est souvent là que je me fais attaquée sans prévenir.

Une dame attend sagement son tour pour utiliser le cabinet. Elle porte une jupe courte. Le genre de jupe que je pourrais lui voir la petite culotte si je me baissais un peu.

Et là BANG! Je me fais frapper par une odeur de poisson. Pourtant, il n’y a pas de poisson dans ma salade.

OUCH! Ça me pique dans le nez. J’ai le goût d’atchoumer tellement l’odeur est forte. Désolée, mais je n’ai pas affaire à une p’tite vaginite qui pique mais bien à une VAGINOSE BACTÉRIENNE de grade avancé. Devrais-je appeler un médecin?


Vous aimeriez peut-être : Dans un avion, le jus d’orange ne sent pas l’orange.

Faites escale à : Le truc de l’oreille hypocrite

Vous voulez partager vos impressions? N’hésitez-pas à nous laisser un commentaire ci-bas ou pour ne rien manquer abonnez-vous à notre Infolettre et suivez-nous sur Facebook, Instagram ou Youtube!

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Poursuivre la lecture
Partagez!
Image du site http://www.lhotessedelair.com
27 mai 2017
Par Elizabeth Landry

Le Mystère du Jus de Tomate à 36 000 pieds d'altitude!

Aujourd’hui, j’ai décidé d’écrire sur le jus de tomate. Ça fait bien longtemps que je veux en parler car je dois l’avouer, je n’ai pas encore élucidé le « Mystère du Jus de Tomate » dans l’avion. S’il y a quelqu’un qui peut me donner des explications à ce sujet, j’aimerais bien le savoir. Voilà, je me lance. Vous allez sûrement vous reconnaître.

Je n’ai pas de problème à servir du Pepsi. Je n’ai pas de problème à servir de l’eau. J’aime vraiment servir de l’eau. C’est simple et il n’en manque jamais. Je n’ai, par contre, aucun plaisir à servir un jus de tomate. Pourquoi?

 

Selon moi, personne ne boit du jus de tomate à la maison. Ce n’est pas un désaltérant par définition. On prend du jus de tomate lorsqu’on a faim ou bien en table d’hôte au restaurant. Ne venez pas me faire croire qu’un bon jus de tomate est le breuvage idéal à boire en tout temps. NON! C’est évidemment pas le cas. Pourtant, lorsqu’on part en voyage (et je m’inclus là-dedans), on dirait que c’est soudainement celui qui devient le plus populaire. Il est comme la peste.

Quand quelqu’un a le malheur d’en prendre un, il se propage en un clin d’oeil!

C’est simple, si Monsieur A assis au hublot pense au fameux jus de tomate et à l’audace d’en demander un, alors soyez bien certain que Monsieur B et C en demandront aussi.

Ensuite, s’en suivra Madame D et E. Par la suite, les Mademoiselles A, B et C de la rangée d’en arrière auront également entendu à travers les branches que l’on servait du jus de tomate à bord de cet avion et ils en boiront aussi.

Si je suis chanceuse, j’aurai peut-être réussi à en donner qu’une dizaine sinon le mot ce sera déjà répandu à la vitesse de l’éclair et à la fin du vol, nous n’aurons plus de jus de tomate pour le retour. MERCI BEAUCOUP MONSIEUR A!

 

 

Je ne sais pas pourquoi c’est si populaire? Pourquoi ça me rend folle d’en donner? Tout simplement, parce que ça prend du temps à verser. À chaque fois que je l’ouvre, il y a un peu de jus de tomate qui part d’un côté ou de l’autre et qui va s’étendre sur mes doigts ou sur ma chemise blanche. Si je suis vraiment malchanceuse, ce jus de tomate rebelle ira sur la chemise d’un passager. Ça j’aime moins ça!

Ensuite, après avoir terminé notre service, on doit chercher toujours partout dans l’avion pour en remettre dans notre chariot. On va en avant et en arrière et on ouvre tous les compartiments et on demande à tout le monde «T’as-tu vu du jus de tomate?». On irait jusque dans le cargo à la limite pour en trouver. Ça me tape sur les nerfs, un point c’est tout! Mon truc maintenant, je donne la cannette! Par contre, le problème avec cette technique c’est que ça ne me fait pas sauver plus de temps parce qu’ils ne sont pas fous ces passagers. Ils se disent « Ah, elle donne la cannette ! ». Avoir une cannette, c’est sous-entendre qu’ils en auront bien plus à boire alors ils en veulent tous davantage. Bref, on s’en sort jamais. Avec tout ça, je pense que je vais retourner à mon ancienne méthode de le verser dans un verre.

 

De toute façon, pour votre information personnelle du jus de tomate ça fait péter!

C’est très acide et en altitude ça donne des maux de ventre et ça fait avoir des gaz. Et oui, des petits gaz voire des gros gaz. Tout fait presque péter dans un avion mais spécialement le jus de tomate. Peut-être que vous y penserez à deux fois la prochaine fois pour ne pas incommoder votre voisin d’à côté.

SVP! N’en prenez plus! HAHA!

Pour élucider le mystère, voici un article qui tente de l’expliquer.


 

 

 

Vous avez aimé cet article? Procurez-vous mes livres pour plus d’anecdotes!

Enregistrer

Enregistrer

Poursuivre la lecture
Partagez!
Image du site http://www.lhotessedelair.com
11 octobre 2016
Par Elizabeth Landry

Les 10 types de voyageurs les plus agaçants

Pour fuir le froid hivernal qui s’en vient, plusieurs d’entre vous s’envoleront vers les chaleurs du Sud. Dans l’avion, en route vers votre destination soleil, vous aurez comme voisin un bavard qui ne vous laissera pas dormir. Vous grincerez des dents pendant quatre heures. Et là, surprise ! Il se dirigera dans le même bus que vous, vers le même hôtel.

Oups! Vous êtes plutôt cet individu qui titille nos nerfs, mais vous ne le savez pas. Voici 10 types de voyageurs très agaçants en espérant que vous n’en faites pas partie…

1.     Le Pollueur

 

À la maison, vous n’oseriez jamais ! Sauf que vous vous trouvez dans un autre pays, sur une plage bondée de monde. Personne ne vous verra… Après avoir englouti des margaritas et quelques bières contenues dans des verres en plastique, vous les remplissez de sable pour qu’ils ne s’envolent pas mais lorsque vous quittez la plage, vous oubliez d’en disposer adéquatement dans la poubelle. Vous vous dites : «Je suis en vacances !» Bien sûr, mais la planète Terre ne l’est pas !

 

2.     Le voleur de chaise

 

En sortant de la discothèque de l’hôtel, pour vous assurer une bonne place au soleil le lendemain, vous déposez votre serviette de plage sur l’un des transats en bordure de mer. Si vous avez oublié de mettre en œuvre votre stratagème, vous vous levez tôt, bien avant le chant du coq et réservez le plus de chaises possible. Une serviette en bloque trois. Vous ne reviendrez pas avant midi. Brillant ou égoïste ?

Découvrez mes trouvailles en escale! Magasinez dans ma boutique!

3.     La mannequin

Vous prenez des heures à vous préparer. Mieux vaut que vous vous leviez avant nous pour vous assurer d’être prête à temps. Le miroir est votre meilleur ami. Vos cheveux doivent être coiffés à la perfection même pour aller vous baigner. Vous ne quittez jamais la chambre sans avoir appliqué votre mascara, et ce, même pour une excursion en montagne. Pas question que les singes de la savane vous voient sans votre fond de teint. Qu’est-ce qui pourrait se passer ?

4.     Le passager qui se croit déjà dans le Sud

Vous arrivez à moitié habillé dans l’avion. La chemise ouverte pour lui et la robe soleil pour elle. Les sandales aux pieds pour les deux. Vous, chère dame, chialez parce qu’il fait froid. Normal, vous êtes presque en bikini et la chaleur du Sud n’arrive que dans quatre heures. À mi-trajet, vous êtes saouls. Parlez fort. Dérangez. Vous vous croyez déjà dans votre tout inclus. Quant à nous, nous prions en silence pour que vous ne dormiez pas à notre hôtel.

5.     Les mauvais parents

À la maison, vos enfants ne suivent aucune règle. En vacances, même chose. Ils crient haut et fort, courent autour de la table, tirent du sable dans le visage des autres vacanciers. Vous les sermonnez, sourire en coin, d’un simple « Ce n’est pas bien fiston ! ». Dans l’avion, vous vous assoupissez pendant que vos enfants parcourent l’allée ou font des grimaces aux passagers d’en arrière. Sans le savoir, vous réussissez à gâcher les vacances des autres. Sans vous, le concept des hôtels 18 ans et plus n’aurait pas sa raison d’être.

Découvrez mes trouvailles en escale! Magasinez dans ma boutique!

6.     Le dépendant virtuel

Vous racontez votre journée dans les moindres détails sur les réseaux sociaux. « Je vais au marché. J’ai mangé une pomme. Belle rencontre avec Monsieur ou Madame X ». À vous lire, on se demande où vous prenez le temps de vivre ces expériences, car vous semblez actif à temps plein sur le Net. Vous avez besoin de votre communauté virtuelle pour vous sentir vivant. Le pauvre voyageur qui vous accompagne devient bon deuxième derrière vos nombreux amis Facebook. Un selfie avec ça ?

7.     L’envahisseur

Vous voyagez seul et avez besoin de socialiser avec tout le monde. Les proies sont multiples : le couple d’amoureux, votre voisin dans l’avion, sur la plage, à la boutique hors-taxe. Vous vous appropriez notre espace personnel et ne notez pas notre indifférence. Vous parlez sans arrêt, posez des questions sans rien récolter en retour. Que des « Ah » ou des « Hum ». Sans succès, nous essayons de vous démontrer notre désintéressement. Pour contrer votre attaque, toutes les excuses sont bonnes. « J’ai besoin d’aller aux toilettes. » « Mon mari m’attend. » Si nous sommes pris au piège, les écouteurs s’avèrent notre meilleur ami.

 

8.     Le perdu

Vous oubliez tout. Votre portefeuille, vos lunettes de soleil, votre sac à dos. Nous devons faire demi-tour pour récupérer ce que vous avez oublié et nous prenons du retard sur l’horaire. À la fin du voyage, nous sommes devenu votre mère : « As-tu ton passeport ? Ton appareil photo ? Ton cerveau ? »

9.     Le planificateur extrême

 

Réveil à sept heures. Petit-déjeuner à huit. Excursion à neuf. Diner à midi. Pendant la journée, une proposition alléchante vous est proposée ce qui changerait l’itinéraire. Ça semble intéressant sauf que ce n’était pas prévu à l’horaire alors pas question d’accepter. Bye bye la découverte d’une plage déserte. Votre manque de flexibilité est d’une lourdeur. Et votre présence aussi…

10. Le Chialeux

Rien n’est assez beau, assez propre ou assez bon. Chez vous, c’est toujours mieux. Le service à la clientèle du restaurant ne fait pas le poids comparé à celui dans votre quartier. Le matelas est trop dur. L’hôtel trop bruyant. De retour à la maison, vous chialez encore…

Découvrez mes trouvailles en escale! Magasinez dans ma boutique!

Vous avez aimé cet article? N’Hésitez pas à nous faire part de vos commentaires!

 

Poursuivre la lecture
Partagez!
Image du site http://www.lhotessedelair.com
5 avril 2016
Par Elizabeth Landry

Des diamants dans les homards d'Halifax

Je suis assise à mon strapontin (jumpseat) depuis une bonne heure, car depuis notre départ d’Halifax en Nouvelle-Écosse, les conditions météo m’empêchent de me lever et d’aller me déhancher dans l’allée. Le commandant annonce qu’une tempête fait rage près des côtes américaines. De mon point de vue, je dirais que c’est une bonne dose de nuages enragés qui nous font bouger d’un côté et de l’autre mais ça ne m’empêche pourtant pas de sentir mes paupières s’alourdir.

Je me suis levée à 3 h am et après des allers-retours entre Cuba, la République Dominicaine et les nombreux pubs d’Halifax où le folklore bat son plein, le sommeil me gagne. Je regarde les passagers assis devant moi. La dame et son mari me fixent depuis un moment. Je leur souris. «Vous êtes fatiguée?», qu’ils me demandent.

Je ne peux cacher mon manque d’énergie apparent. «C’est qu’assise ainsi pendant trop longtemps sans rien faire, c’est endormant.» La dame approuve car à ma défense, elle dormait avant même que l’on soit en vol. Je décroche le combiné pour appeler mon collègue de l’autre côté de l’allée.

«C’est quoi ton pays préféré?», lui demandai-je pour faire la conversation.

Il hésite. Il en a tellement visité qu’il ne sait plus lequel il préfère. En fait, il les aime tous. La Croatie, la Serbie, le Japon. Il arrive justement de la Colombie et de l’Équateur.

«Tu as passé combien de temps en Équateur?», le questionnai-je entre deux secousses.

«4 jours», répond-il bonnement.

«Tu te fous de moi? C’est loin l’Équateur pour quatre jours!»

Mon collègue est hyperactif. Il ne dort jamais. Quoique là, il a attrapé une petite grippe. C’est sans doute son saut de folie entre Quito et Montañita (super endroit d’ailleurs) qui l’a tué.

Soudain, je ressens un haut-le-coeur a être tournée de côté. Je raccroche pour regarder tout droit afin de reprendre mes esprits. Il ne faudrait surtout pas que je déverse le peu que j’ai englouti ce matin sur le charmant couple assis devant moi.

Pour passer le temps, je fredonne dans ma tête Take Me Home, Country Roads, une chanson de la veille qui m’aura fait danser (vidéo en fin d’article). Le signal des ceintures s’éteint enfin et je me lève afin de commencer les services à bord.

Ce sera bref. Une heure plus tard la descente commence et je suis de retour assise devant le mari et la dame

«Vous vous êtes réveillée finalement?», me lance la femme en me voyant m’asseoir plus pimpante qu’auparavant.

J’approuve et maintenant un peu plus en forme, je me décide à lui faire la conversation.

«Vous vivez à Halifax?»

«Tout près, me dit-elle. Nous vivons à Peggys Cove»

Mes yeux s’agrandissent. C’est là il me semble qu’un avion de SwissAir a sombré dans l’océan en 1998.

«Mon mari est pêcheur. Pendant une semaine, lui et ses collègues ont ramassé les débris. C’était atroce», précise-t-elle sans trop élaborer sur le sujet.

Je n’ose pas lui demander de décrire davantage, gênée par ma curiosité. Je parle plutôt de la cause de l’écrasement. «Un feu à bord», précisai-je en tentant de me rappeler les détails. Le sujet touche tant de passagers que plusieurs aux alentours apportent leur contribution. «C’est mon frère et son ami qui ont été les premiers sur le lieu de l’accident», ajoute un.

À les écouter, je note une fébrilité encore existante face à ce terrible évènement. Captivée par la conversation, le train d’atterrissage sort et je ne le remarque même pas. Soudain, la dame assise devant mon strapontin s’avance vers moi comme pour me souffler un secret.

«Vous savez, on dit qu’à bord du Suissair, il y avait des millions de diamants. Tous les pêcheurs de la côte rêvent du jour où ils tomberont sur la prise du siècle. Qui sait si l’un des homards n’aura pas ingurgité par mégarde un diamant perdu…»

Je souris en m’imaginant la surprise du pêcheur ou plutôt du client au restaurant qui croque dans la pince rouge du crustacé et manque d’avaler la pierre précieuse. Et puis, j’entends le boom de l’appareil contre la piste. Mes passagers applaudissent et pour la première fois dans ma carrière d’agent de bord, moi aussi! J’applaudis de bon coeur sans m’en rendre compte, comme si j’étais l’une des leurs, heureuse moi-aussi d’aller passer du temps à Punta Cana. C’est l’effet que font les Néo-Écossais sur moi, j’ai l’impression de faire partie de la gang!

Fait: Aucun des 229 passagers du vol qui effectuait la liaison New York-Genève n’a survécu. Parmi eux, on comptait un prince saoudien, le proche d’un ancien shah d’Iran et des hauts fonctionnaires onusiens. Des diamants et des pierres précieuses d’une valeur de 500 millions de dollars n’ont, par ailleurs, jamais été retrouvés. (source: Radio-Canada)

 

Poursuivre la lecture
Partagez!
Image du site http://www.lhotessedelair.com
28 février 2016
Par Elizabeth Landry

Vérité ou mensonge: J'ai déjà infiltré le yacht à Puff Daddy

Les Oscars de ce soir me donne le goût de me ressentir jetset! Alors Vérité ou mensonge? Ça vous dit quelque chose cette affirmation? “N’est-ce pas une anecdote dans ton roman L’Hôtesse de l’air, tome 3?”  Bien vu! Sauf que vous pensiez probablement qu’elle était tirée de mon imagination…

 

J’avoue que j’avais presque peur de révéler la vérité. D’un coup que Puff et sa gang lancent une armée à mes trousses pour me punir de leur avoir menti haha! Parce que non, je ne suis pas une amie intime du célèbre rappeur pour me faire inviter sur son gros yacht à Saint-Barthélemy mais bien parce qu’une amie et moi sommes très téméraire. Disons que nous nous sommes imaginées que tout était possible l’instant d’une nuit. Peut-être aussi que ce n’est pas faux non plus 😉

Voici un court extrait de notre expérience (chapitre 30, p.269) accompagnée d’images qui font rêver, de l’île de Saint-Martin en passant par Anguilla jusqu’à la veille du nouvel an à St-Barth avec Rihanna! Bon Décollage!

“Are you on the guestlist?”

L’homme baraqué posté à l’entrée de la passerelle s’adresse à nous. Béa, la confiance chargée à bloc, n’hésite pas à nous annoncer.

“Of course ! Béa and Scarlett.”

Elle soulève le menton pour avoir l’air insultée d’avoir été interpellée ainsi. On ne demande pas à des stars si elles font partie de la liste des invités ! J’essaie aussi de me la jouer cool en déposant une main sur ma hanche. Le bodyguard parcours le document. Il semble exhaustif et, pendant qu’il continue à chercher, son collègue s’avance pour nous scruter des pieds à la tête. Béa bombe les lèvres et lui esquisse un clin d’œil.

“It’s ok. Enjoy your night”, nous souhaite-t-il en retirant la chaîne pour nous laisser passer.

Je monte sur le pont qui relie le bateau à la terre ferme. J’essaie de ne pas démontrer d’excitation. « Tu es une célébrité, Scarlett, ces choses-là ne t’impressionnent pas ! » me répétai-je. Béa avance devant moi en se déhanchant avec assurance.

“Please leave your shoes here”, exige un employé d’une vingtaine d’années.

Tel que demandé, nous lui remettons nos sandales et il nous donne un numéro pour les récupérer à la sortie. « Je n’ai pas besoin d’un numéro. Je sais reconnaître mes chaussures », aimerais-je lui dire. Je réalise que cette procédure a été mise en place par sécurité, car aux côtés de mes pauvres Aldo se retrouvent des escarpins griffés Chanel, Louboutin, Manolo Blahnik.

      Pieds nus, nous empruntons un couloir jusqu’à rencontrer un jeune homme vêtu d’un polo à l’effigie du bateau. Il bloque le passage et nous indique d’emprunter un escalier. Nous passons devant une cuisine, et un homme nous désigne le chemin vers la musique. Par peur d’être démasquée, je demeure muette et je n’ose pas demander à Béa l’identité du propriétaire du yacht. Arrivée dans un spacieux salon recouvert d’un tapis moelleux, nous sommes à nouveau redirigées vers un escalier central en colimaçon. Le beat est à notre portée. Une porte automatique s’ouvre et nous accédons au party. Et quel party !

“Viens !”

Béa me prend la main et m’attire vers le bar central. Je scrute la foule discrètement.

“C’est à qui ce bateau ?” chuchotai-je dans l’oreille de mon amie.

“Deux champagnes !” annonce-t-elle au serveur avant de me faire un signe des yeux pour que je regarde sur le comptoir.

Je lis le menu qui y est déposé. Trois cocktails sont offerts. Le premier s’appelle The Diddy.

“No way ! “, m’exclamai-je sans arriver à me contenir. Les partys de Puff Daddy sont légendaires ! J’y crois pas ! J’y crois pas ! Il est là ?

“Calme-toi, Scarlett. On est des stars. Ça ne nous impressionne pas, ce monde-là”, chuchote-t-elle en récupérant les verres de Veuve Cliquot.

Je respire et me ressaisis. C’est vrai qu’il faut jouer le jeu. Et puis, à part avoir quelques millions dans ses poches, ce célèbre rappeur utilise les toilettes comme tout le monde. « Non mais tu as vu le bateau ! » murmurai-je en scrutant les lieux. Le chanteur, amoureux de la musique, a fait construire une piste de danse avec projecteurs et système de son de première qualité. L’étage est à demi recouvert d’un toit, chaque extrémité exposée à ciel ouvert.

“C’est pas le gars d’American Idol, ça ?”

Je fais un signe à Béa et elle se retourne discrètement. L’homme est assis dans les sofas rouges près d’un spa.

“C’est bien lui”, me confirme-t-elle.

Je termine mon premier verre de champagne et en commande un autre. Je cherche Puff Daddy mais je ne le vois nulle part. La musique mixée par un DJ est excellente, je propose d’aller danser. Je cale mon deuxième champagne et en récupère un troisième avant de m’avancer sur la piste, là où s’activent d’autres invités. Soudain, les portes automatiques s’ouvrent et j’aperçois le rappeur suivi de son entourage d’Afro-américains faire son entrée. J’ai le souffle coupé mais je continue de danser comme si rien n’était. Pourquoi suis-je si impressionnée ? Est-ce l’argent qu’il possède ? Le talent ? Son image médiatisée ? Je ne pourrais dire, mais je le suis.

“Béa, on prend une photo !”

Elle me fait des gros yeux. Je me ressaisis. Ça risquerait de nous faire démasquer. Je décide d’embarquer à fond dans mon personnage. Plus rien ne m’impressionne. Je profite du moment présent jusqu’à ce que …

Pour la suite, il y a  L’Hôtesse de l’air, tome 3 !

PSST. Malheureusement, ça se termine tel quel! HAHA!

Poursuivre la lecture
Partagez!
3 février 2016
Par Elizabeth Landry

Quand chacun veut son moment de gloire

L’être humain est un être bien complexe qui requiert de l’attention pour s’épanouir. Chacun veut vivre son moment de gloire pour se sentir accompli, admiré, écouté. Je vous l’accorde, c’est important de se sentir valorisé dans la vie et de savoir que l’on est entendu par nos semblables.

Sachez pourtant que lorsque vous franchissez la porte d’un avion, c’est plutôt le temps de vous asseoir confortablement et de profiter des services à bord. Nous aimerions bien prendre une minute avec chacun de vous mais notre temps est calculé. Si je vous accorde votre minute de gloire à chaque service, je vous rendrai heureux certes, mais je risque d’en faire enrager 200 autres en arrière de vous.

Pour éviter toutes pertes de temps et surtout minimiser les temps de gloire accordés à chacun, nous, chères hôtesses brillantes et astucieuses, avons élaboré quelques astuces.  De quels stratagèmes s’agit-il? Voyons voir.

L’astuce de l’annonce

Après le décollage, un agent de bord fait une annonce aux passagers sur l’interphone. Ce serment est presque impossible à ignorer. Le son résonne partout à travers l’avion. Les toilettes vibrent. Les hublots aussi. La projection vidéo s’arrête et nos poils se dressent. Si vous n’entendez pas cette annonce, c’est que vous êtes mort ou proche de l’être.

Le but de toute cette turbulence sonore est d’informer les passagers des services que nous offrirons lors du vol. Nous voulons éviter la confusion et surtout préparer mentalement tout le monde à notre arrivée future dans les allées. Nous précisons que nous allons offrir un repas, une boisson, une autre boisson, etc. Nous fournissons les informations nécessaires afin que chaque passager ait le temps de réfléchir et de choisir leur boisson préférée. Ce message codé veut dire: «Pensez à ce que vous voulez boire parce que dans quelques instants vous devrez nous le dire. »

L’astuce de la montée de l’allée

Il est maintenant temps de servir nos passagers. La distribution des repas et des boissons se fait de l’avant vers l’arrière. Malheureusement, les chariots se trouvent à l’arrière. Nous devrons donc monter l’allée entière avant de pouvoir servir les premiers passagers. C’est un effort physique supplémentaire qui peut en frustrer plusieurs. Cependant, la plupart d’entre nous voient cette montée abrupte comme l’occasion en or d’aviser les passagers rebelles qui n’auraient pas entendu la bruyante annonce faite auparavant.

Notre tactique est de monter tranquillement à une vitesse constante afin d’avertir le plus de gens possible. Comme nous effectuons cet exploit dans une allée de moins de deux pieds de large, nous en profitons pour accrocher involontairement quelques jambes et quelques genoux sur notre passage. À l’occasion, des coudes seront également agressés par notre chariot. Les chanceux auront peut-être même la chance d’être caressés par nos hanches lors de la montée. Il n’y a pas de doute, notre venue ne passera pas inaperçue.

Les passagers reçoivent donc une fois de plus le signal que la question secrète «Que désirez-vous à boire?» arrive.

L’astuce du ténor

Nous sommes maintenant au sommet de l’allée et prêts à servir nos passagers. C’est maintenant le temps de se transformer en un vrai ténor italien.  Digne d’un Pavarotti, nous nous efforçons de crier haut et fort ce que le passager boit afin d’inspirer les autres rangées à choisir leurs boissons à venir. Nous restons fidèles à notre mission. Les probabilités que vous réclamiez votre moment de gloire restent assez faibles!

Si le passager boit de l’eau, nous répétons: «AH! DE L’EAU!». S’il choisit de prendre du pepsi, nous prononçons haut et fort: «AH! DU PEPSI!». Si c’est plutôt un bon café, ce sera: «AH! UN CAFÉ!»

Vraiment, il n’y a aucune chance que vous ne sachiez pas quoi boire. Nous vous chantons tel un opéra tous les choix qui s’offrent à vous: «AH! UN 7UP, AH! UN THÉ! AH! DE L’EAU! Ah! UN JUS DE TOMATE? Euh, désolé, ça je ne connais pas … »

L’astuce du TUPPERWARE

Notre stratagème ne serait pas complet sans la démonstration visuelle de nos produits disponibles. En complément aux «AH! DU PEPSI!» , nous avons élaboré la technique du Tupperware. C’est notre dernière tentative de succès.

Par la suite, les indécis, les incompris et les hésitants seront à jamais classés dans la catégorie Trouble d’attention.

Cette technique est habituellement très efficace. Il suffit de lever bien haut la boisson servie lorsqu’elle est versée dans le verre. Ainsi, les passagers nous faisant face pourront voir de leurs propres yeux ce que nous offrons dans notre chariot. Nous terminons ensuite par un «AH! DU PEPSI!» et le tour est joué! Ça fonctionne dans 95% des cas.

Néanmoins, après autant d’astuces élaborées méthodologiquement selon les probabilités de réussites, quelques passagers restent indécis et sollicitent leur petit moment de gloire.

Hôtesse de l’air: «Que désirez-vous boire?»

Passager: «Hum, qu’est ce que vous offrez?»

Hôtesse de l’air: «Et bien, nous avons de l’eau, du café, du thé, des boissons gazeuses…»

Passager: «Hum, qu’est ce que vous avez comme boissons gazeuses?»

Hôtesse de l’air: «Et bien, nous avons du Pepsi, du 7UP, du Gingerale…»

Passager: «Ah! Je vais prendre de l’eau finalement.»

Poursuivre la lecture
Partagez!
Image du site http://www.lhotessedelair.com
13 novembre 2015
Par Elizabeth Landry

Les grands brûlés de l'aviation

Êtes-vous plutôt TYPE GRAND BRÛLÉ ou CREVETTE TIGRÉE? Vous croyez sûrement que ce bronzage noir que vous arborez fièrement vous rend plus beau et plus sain? Vous pensez qu’à votre arrivée dans le froid hivernal, tout le monde se retournera sur votre passage pour admirer cette peau parfaitement dorée? Détrompez-vous! Vous serez plutôt classé dans l’une de ces six catégories.

TYPE A: MONSIEUR PÂTE À DENT COLGATE MAX WHITE

Vous êtes le chanceux qui ne bronze pas. Celui qui n’aura jamais les pommettes rouges. Vous êtes blanc en tout temps. Vous revenez de vacances et l’on vous demande si vous partez bientôt en vacances. Cependant, vous entrez dans l’avion avec fière allure. Vous êtes heureux et serein. La mer et le sable représentent pour vous le repos. Vous vouliez dormir et décrocher de la réalité et c’est ce que vous avez fait. À votre arrivée à Cuba, vous avez appliqué une protection solaire adéquate. Vous connaissez votre corps et vous le respectez. Vous en avez rien à faire des commentaires tels que: «Ouin, tu n’as pas bronzé ben ben!», ou «Ouin, il n’a pas fait soleil!».

Oui, vous étiez blanc et vous serez toujours blanc. Par contre, pour vous, cela n’a aucune importance, car vous êtes maintenant détendu et retournerez au travail vitalisé et moins ridé…

TYPE B: LA CREVETTE TIGRÉE

Vous êtes la version modifiée du TYPE A. Vous êtes blanc comme neige et vous ne pourrez jamais brunir. Pourtant, il semble que vous ne le sachiez toujours pas. Peut-être espérez-vous changer votre corps au fil du temps? Vous vous dites sûrement qu’en exposant votre peau continuellement au soleil, elle produira encore plus de mélanine et qu’un jour vous aurez la chance de revenir de vacances tout bronzé?

Convaincu d’un tel miracle, la crème solaire est pour vous un outil facultatif. Vous l’appliquez maladroitement, car vous croyez encore que le mot «coup de soleil» n’existe pas. Vous en mettez donc légèrement sur les épaules, le ventre et le front. Vous oubliez d’en appliquer sur les jambes, le dos, les bras, le cou, le nez.

Vous allez ensuite à la mer ou à la plage. À midi, vous êtes encore là à vous faire chauffer la couenne sous le soleil brûlant. Le soir venu, vous êtes brûlé et bien rosé. Vous tenant bien droit devant votre miroir de chambre, vous remarquez soudainement trois intactes parcelles blanches sur vos épaules, ventre et front.

Voilà, c’est fait! Vous êtes une vraie crevette tigrée.

TYPE C: LE HOMARD

D’un grade plus haut, cette troisième catégorie s’apparente à la CREVETTE TIGRÉE. Vous remarquerez par contre que le homard est bien plus imposant que la pauvre petite crevette. Ici, nous avons droit à un véritable coup de soleil. Aucune partie du corps n’a été épargnée. Vous étiez blanc à votre arrivée et vous en avez fait à votre tête. Vous avez donc appliqué dès la première journée une protection solaire avec FPS15 ou pire, de l’huile de noix de coco sans FPS. Résultat: rouge comme un homard. Et la semaine vient de commencer!

TYPE D: LE GRAND BRÛLÉ alias le MASOCHISTE

Vous êtes celui qui s’est découvert une vraie passion pour la douleur. Dès votre première journée de vacances, vous vous êtes converti en HOMARD. La seconde journée, de peur de brûler davantage, vous vous êtes abrité à l’ombre. La troisième journée, ayant déjà oublié les coups de fouet du soleil, vous avez appliqué un peu plus de crème solaire et êtes retourné sous les rayons UV. Ce soir-là, c’était l’insolation critique, fièvre et sueur étaient au rendez-vous. Le lendemain, vous étiez à nouveau à l’ombre. Le jour suivant, ayant déjà oublié votre coup de soleil de la première journée et l’insolation de la troisième, vous vous êtes à nouveau présenté sous les feux de la rampe.

Cette fois-ci, aucune protection solaire. De toute façon, après cinq jours à la chaleur, votre peau ne devrait-elle pas être habituée? Inévitablement, c’est un deuxième coup de soleil qui vous frappe. Le lendemain du deuxième coup de soleil, c’est à l’ombre que l’on vous retrouve. Et le lendemain? Et le lendemain du lendemain? J’imagine que si vous restez deux semaines dans le Sud, vous aurez peut-être le temps d’attraper sept coups de soleil:) Le défi est lancé!

TYPE E: LE SERPENT QUI MUE

Pour vous transformer en serpent qui mue, vous devez être passé par le HOMARD et le GRAND BRÛLÉ au cours de votre semaine de vacances.  Votre peau a tellement souffert qu’elle exige une cure de jouvence. Ce phénomène se produit normalement lorsque vous êtes enfin prêt à revenir à la maison.

Votre premier coup de soleil vous a asséché l’épiderme. Vous avez donc commencé à peler dès les premières journées de la semaine. Insouciant comme vous êtes, vous avez été frappé encore une fois par un autre coup de soleil. Une semaine plus tard, c’est tout votre corps qui est asséché.

Votre cuir chevelu se détache. Vos mains craquent. Vos vêtements sont recouverts de vieilles peaux sèches. Vous laissez des traces de votre venue sur les sièges de l’avion. En fait, vous perdrez tout votre bronzage avant même d’être rentré au bercail. Une huile de noix de coco ou un FPS 30? À vous de choisir.

TYPE F: LE VIEUX PRUNEAU alias LE BACON GRILLÉ

Vous faites partie de ce groupe de gens qui bronzent sans brûler. Seulement, vous n’arrivez pas à gérer votre temps d’exposition au soleil. Vous avez créé une dépendance aux rayons UV. Vous vous levez le matin à 7 h AM et allez déposer votre serviette sur une chaise à la plage car vous ne voulez surtout pas vous faire voler votre place. S’en suit le déjeuner. Vous revenez à 8 h 30 prêt pour affronter la journée. Vous vous étendez à l’horizontale et vous y restez. Vous vous dorez un côté du corps durant quelques heures puis c’est l’autre côté qui y passe. Le lendemain, la même routine.

À la fin de la semaine, vous êtes noir, voire calciné. Vos dents blanches nous aveuglent. Le blanc de vos yeux déchire l’obscurité. Pour sourire, vous devez faire un effort supplémentaire car vos muscles sont complètement figés. Tout le sébum de votre peau s’est évaporé sous l’effet de la chaleur, vous donnant une allure terne et sèche.

Vous pourriez ressembler à une oasis fleurissante du désert de Libye, mais au lieu de ça, vous êtes le désert du Sahara. Un petit conseil: la modération à bien meilleur goût…

ET VOUS? ÊTES-VOUS PLUTÔT TYPE VIEUX PRUNEAU OU GRAND BRÛLÉ?

Poursuivre la lecture
Partagez!
29 octobre 2015
Par Elizabeth Landry

Histoires de fantômes à 36 000 pieds d'altitude

Les fantômes, vous y croyez? Moi oui. Un jour, j’ai lu un livre écrit par James Van Praag, un médium américain de renom qui a entre autres produit la télésérie Ghost Whisperer, inspirée de sa vie. Si vous ne savez pas de quoi je parle, cette série a connu un grand succès et mettait en vedette Jennifer Love Hewitt dans le rôle de Melinda Gordon, une jeune mariée qui a hérité de sa grand-mère et de sa mère le don de communiquer avec les esprits des morts.

Dans ce livre, dont le nom m’échappe, l’auteur raconte que les avions sont des endroits qui regorgent d’esprits. Il explique que, comme les gens sont angoissés à l’idée de voler ou qu’ils ont peur de l’avion, leurs proches défunts leur tiennent compagnie pour les rassurer. Pour ma part, je n’ai jamais vu, ni senti une présence invisible lors d’un vol sauf qu’il semble que d’autres oui.

Sur le site Confessions of a trolley dolly, une agent de bord nous raconte plusieurs histoires où des agents de bord auraient été témoin de phénomènes paranormaux à bord. Les esprits de gens décédés lors d’un vol par exemple hanteraient les appareils où ils auraient trépassé. Des rideaux qui s’ouvrent et se referment comme si un passager essayait d’entrer dans la galley alors qu’il n’y a personne. Le sentiment d’une présence à ses côtés lorsque l’on est seul à l’arrière etc… Mais l’une d’entre elles m’a vraiment donné la chair de poule. La voici.

La Femme au Gin & Tonic (traduction libre)

Sur un vol long-courrier, un jeune agent de bord se rend dans la section de repos pour membre d’équipage afin de faire une sieste. Endormi sur l’un des lits (évidemment, ce n’était pas un 737 mais plutôt un gros 747), il se fait réveiller par un bruit anormal. Il ouvre les yeux et se surprend en voyant une vieille femme debout à ses pieds. L’homme sursaute et demande immédiatement ce qu’elle fait dans cette section où les passagers n’ont pas accès.

« OH Désolé, je voulais seulement avoir un Gin&Tonic pour mon mari », répond la vieille femme.

L’agent de bord, certain d’avoir fermé la porte derrière lui avant d’aller se coucher, reste professionnel et lui dit qu’il lui apporterait le verre dès qu’il aurait terminé sa pause.

« Ok, merci! Il est assis à 2 A », ajouta la femme.

Incapable de se rendormir, l’agent de bord remonte aussitôt dans la galley pour servir le Gin&Tonic du mari. Comme il s’approche du siège 2 A, il remarque que l’homme est seul et qu’il n’y a pas de signe de sa femme à ses côtés. En fait, personne n’a été assis à côté de lui du vol.

« Excusez-moi monsieur, voici votre Gin &Tonic »

« Ah merci mais je n’ai rien demandé », répond l’homme.

« Ah c’est votre femme qui l’a fait il y a un moment déjà. J’étais en pause. Désolé pour le retard », précise l’employé.

Surpris de la réplique, le passager change de couleur.

« Je vous demande pardon? »

L’agent de bord reformule mais à ce moment-là, le mari commence à s’agiter et le directeur de vol accourt rapidement pour savoir ce qui se passe. Le passager s’empresse d’expliquer la situation d’un air affolé.

« Ce jeune homme affirme que ma femme lui a demandé un verre pour moi! »

L’agent de bord lui assure qu’il dit la vérité.

« Je ne sais pas à quoi vous jouez jeune homme mais il n’y a aucun moyen que ma femme vous ait demandé un verre pour moi! »

Confus, le pauvre employé tente le tout pour le tout.

« Je vous assure que c’est vrai. Elle est venue en bas dans la section réservée aux membres d’équipages. Elle est petite, cheveux gris avec de larges lunettes. Elle portait une robe brune avec un cardigan et… »

« Oh my God! s’exclame le mari. Décrivez-la-moi à nouveau ».

Pendant que l’agent de bord décrit pour la seconde fois l’apparence de la femme, le vieil homme se met à pleurer avant d’ajouter :

« Je suis désolé, mais ma femme est décédée… »

Après cette affirmation, un lourd silence baignait dans la cabine. Le directeur de vol se tourna vers le jeune agent de bord pour savoir si c’était une mauvaise blague mais le passager assura que rien n’était plus vrai. En fait, l’agent de bord venait de décrire exactement comment sa femme était habillée lorsqu’elle avait succombé à une crise cardiaque quelques jours plutôt. À cet instant précis, il ramenait son corps en Angleterre enfin qu’elle soit enterrée.

Curieusement, après vérification auprès du commandant, il s’avéra qu’un cercueil se trouvait bel et bien dans le cargo…

Et vous, avez-vous déjà vécu une expérience paranormale à bord?

Poursuivre la lecture
Partagez!
Image du site http://www.lhotessedelair.com
26 octobre 2015
Par Elizabeth Landry

Manipulation des passagers: Trucs et Astuces

Mise en situation #1

Hôtesse de l’air: «Aimeriez-vous manger du spaghetti avec du poulet parmigiana ou juste des pâtes?»

Passager: «Je choisis le spaghetti»

Mise en situation #2

Hôtesse de l’air: «Aimeriez-vous manger du poulet avec des pâtes ou des pâtes sauce rosée avec légumes?»

Passager: «Des pâtes sauce rosée avec légumes»

Et vous, que mangeriez-vous? Avouez que vous auriez choisi le spaghetti et ensuite les pâtes sauce rosée? Si ce n’est pas le cas, c’est qu’il manquait sûrement l’intonation de ma voix pour vous convaincre. Car prononcés stratégiquement, ces choix que vous croyez VÔTRE, ne vous appartiennent pas. Ils ne sont qu’une illusion créée de toutes pièces afin de vous diriger vers le choix que J’AURAI décidé.

Je l’avoue, je vous manipule à ma guise. De toute façon, tous les jours vous vous faites manipuler à votre insu. Les experts en marketing vous le diront, vous êtes manipulés constamment. Les médias le font, les publicités le font, et l’hôtesse de l’air à bord de votre avion le fait aussi! OUF! VOUS ÊTES FOUTU, HEIN?

Sachez pourtant ici qu’aucun mensonge n’est vraiment faux. Du spaghetti avec du poulet est bien des pâtes avec du poulet. Et des pâtes avec sauce rosée se résument de toute évidence à des pâtes.

À la différence des publicités qui maquillent la vérité pour devenir riche, moi, je le fais pour votre bien… et le mien en contrepartie. Je ne voudrais surtout pas que vous soyez déçu, choqué, voire frustré de ne pas avoir eu le plaisir de manger le repas que vous désiriez lors de votre précieux voyage. Autant que je ne voudrais pas que cette déception créée par l’absence de votre choix de repas se transforme en une haine irréversible à mon égard, à l’égard de mes collègues ou à l’égard de la compagnie aérienne pour laquelle je travaille.

Bref, je m’efforce courtoisement d’influencer votre décision de façon calculée tout au long de mon service, car je sais pertinemment qu’il n’y a pas suffisamment de pâtes, de poulet, ou de boeuf pour tout le monde.

Résumé: si vous choisissez la même chose, je suis foutue! Je devrai m’excuser à la moitié des passagers à bord et me sentir impuissante, sentiment que je déteste par-dessus tout. Je préfère alors manipuler votre perception des choix offerts afin que vous soyez heureux, sereins, en famille, main dans la main.

Un petit instant! Ne vous en offusquez pas. Je ne fais qu’appliquer les principes fondamentaux de la manipulation à bord. Ces astuces d’hôtesses de l’air, transmises de génération en génération, m’ont été soufflées à l’oreille dès mes premières heures de vol. Ce sont des secrets professionnels bien gardés…mais laissez-moi vous en dévoiler quelques-uns 🙂

INITIATION À LA MANIPULATION DES PASSAGERS

Principe #1: La poésie des mots tel un Français

Les Français ont cette tendance à utiliser toutes sortes de mots élégants pour décrire des choses simples. Ils ont leur propre appellation contrôlée des mots. Ils mangent des «gourmandises», boivent des «ballons de rouge» et arment les toboggans à bord des avions en disant «Personnel de cabine, armement des toboggans!».

Au Québec, nous sommes un peu plus rustiques, plus directs, moins romantiques dans notre franc-parler. Nous mangeons des pâtisseries garnies de chocolat, buvons des verres de vin rouge et armons les portes des avions en disant: «Personnel de cabine, armement des portes!».

Par contre, si vous voulez influencer la décision des passagers, qu’ils soient Québécois, Anglais ou Inuits, il faut faire vibrer les mots à la manière d’un Français. Tel un poète, vous devrez décrire élégamment le repas que vous avez en plus grande quantité. Évitez bien entendu le chichi pour le second choix. Ainsi, si vous servez à bord du boeuf bourguignon, privilégiez le «bourguignon» lorsque vous voulez qu’il soit choisi. Et lorsque vous êtes à sec, dites plutôt «boeuf avec des patates». Le passager pensera alors: «Boeuf avec des patates, bouh!». Il choisira ensuite l’autre plat plus attrayant et moins décevant. Succès garanti, c’est promis!

Principe #2: Abuser des indécis et des endormis

Pour arriver à offrir deux choix de repas à vos passagers et de rendre ainsi tout le monde heureux, il vous faudra être astucieux. Lorsqu’une porte s’ouvre, on l’emprunte non? Ne vous sentez donc pas mal à l’aise d’abuser de quelques passagers indécis ou endormis. S’ils ne savent pas quoi manger, choisissez pour eux! Vous épargnerez du temps, mais surtout vous vous assurerez de rallier les rangées suivantes de votre côté. Ne voudriez-vous pas que le bataillon rejoigne votre camp si la guerre éclatait? Évidemment! Dans ce cas-là, écoutez ceci.

Les indécis sont tous ceux qui vous regardent avec un air étonné lorsque vous leur proposez les choix offerts. Ils sont tous ceux qui vous font répéter les choix. Ils sont tous ceux qui vous demandent: «Les pâtes sont servies avec quoi?» ou «Le poulet est servi avec quelle sauce?» ou «Quelle est la cuisson du boeuf?». S’en suit d’un «Hummmmm», interminable. C’est après ce «Hummmm» que vous devez sauter sur l’occasion. La porte s’ouvre…c’est maintenant ou jamais! Empruntez-la!

Pour les endormis, vous avez le champ libre. À moins, bien sûr, que le copain ou la copine de l’endormi ne se mêle pas de ses affaires! Là, vous n’aurez d’autres choix que d’acquiescer à sa demande et de déposer sur la tablette, le choix de repas qu’il ou qu’elle aura décidé. GRRRRRR!

Principe # 3: Ne pas se faire prendre la main dans le sac

Pour triompher lors de cette épreuve, vous devrez minimiser les occasions d’être démasqué. Le truc: rester crédible. Par conséquent, je vous suggère de rester constant dans vos propositions de choix de repas pour chaque groupe de passagers.

Par exemple, vous ne pouvez pas proposer à Monsieur 12 A de choisir entre un bon boeuf bourguignon et des pâtes et ensuite proposer à Monsieur 12 C un platonique boeuf avec des patates. Les risques sont beaucoup trop élevés pour que l’on vous démasque.

Comme Monsieur 12 C est assis tout près de Monsieur 12 A, il a sans doute entendu votre première proposition faite à ce dernier. Conséquemment, Monsieur 12 C vous dira: «Mais vous ne serviez pas du boeuf bourguignon?» Et vous de rétorquer pour sauver la face: «Et bien, hummm, du boeuf avec des patates c’est la même chose que du bourguignon Monsieur…hummm.»

Vous voulez garder votre dignité? Le changement d’appellation devra donc se faire à l’insu de tous. Il suffit de créer une distance sonore entre les passagers à qui vous vanterez le boeuf bourguignon et ceux à qui vous direz boeuf avec des patates. Je vous suggère donc de profiter de toutes les occasions qui s’offriront à vous pour appliquer le GRAND CHANGEMENT: passagers endormis, rangées libres, sorties d’urgences. Je vous le dis, ils n’y verront que du feu!

Un peu de manipulation, ça ne fait pas de mal à personne!

Poursuivre la lecture
Partagez!
Image du site http://www.lhotessedelair.com
10 avril 2015
Par Elizabeth Landry

La mésaventure de Bouteille Scarlett

Il y a huit ans, lors de mon premier vol, j’ai commencé un rituel qui ne s’est jamais terminé. Je n’ai rien inventé. J’ai seulement imité les habitudes de mes collègues. Car, avec cet air sec d’avion qui déshydrate et nous fait boire des litres d’eau, mieux vaut s’approprier notre propre bouteille d’eau et l’avoir à portée de main en tout temps. C’est là que la créativité s’active !

Une fois à bord, tous récupèrent leur 1.5 litre de liquide pour l’identifier. De toutes les bouteilles d’eau à bord, aucune n’arbore le même code, car bien sûr, nous ne voulons pas boire par mégarde dans celle d’une autre hôtesse. Par exemple, l’une y inscrit son nom en marqueur noir. Une autre son nom suivi d’un cœur. Mon design est plus rapide. Je déchire l’étiquette de façon à ce qu’elle forme une longue bande facile à attacher et je l’entoure autour du contenant. C’est ma marque personnelle. Bouteille Scarlett vient d’être créée.

Cette semaine Bouteille Scarlett s’est beaucoup promenée. La version 1 s’est rendue à Moncton, au Nouveau-Brunswick. Version 2-3-4 à Cuba, Halifax et je ne sais trop où. Mais c’est lors de son dernier vol, que Bouteille Scarlett version 5 a vécu l’aventure de sa vie. Un dépaysement. Un cultural choc. Elle a encore de la difficulté à s’en remettre. Pourtant, sa journée avait commencé normalement.

Je m’étais levée tôt et je n’avais rien mangé mis à part un gruau rapide dans ma chambre. Une fois arrivée à l’aéroport de Halifax, j’ai ramassé un sandwich œuf saucisse et un bon cappuccino au Starbucks. Comme à l’habitude, mes lèvres se sont posées sur le goulot de Bouteille Scarlett dès mon entrée à bord. La première gorgée a chassé le goût de café que j’avais dans la bouche. Je suis certaine que de microscopiques morceaux de saucisses se sont échappés dans ma bouteille d’eau lorsque j’ai refermé la bouche.

Je ne sais trop pourquoi, mais j’ai remarqué que je recrache toujours un peu de salive quand je bois. Les restants de mon déjeuner se sont peut-être déposés tel un coquillage que l’on lance à la mer et qui se dépose sur le sable en valsant tranquillement? Je n’ai pas cherché à savoir. Bouteille Scarlett et moi ne faisons qu’un. Elle aime ma salive et l’accepte à son grand plaisir.

L’embarquement a suivi. J’ai caché ma protégée dans un compartiment. Le décollage s’est bien déroulé et nous avons commencé le service aux passagers. Pendant ce temps, elle attendait sagement que je retourne la voir. La pause arrivée, mon ventre gargouillait. J’ai grignoté des chips, des craquelins, tout ce que j’avais sous la dent. J’ai chassé les miettes sur mes palettes avec une bonne gorgée d’eau offerte par Bouteille Scarlett. J’ai peut-être encore recraché sans le savoir dans son contenant. Elle ne m’a pas chicanée. « Je suis à toi, m’a-t-elle dit, recrache autant que tu le veux ! » J’ai souri. J’aime que l’on m’accepte telle que je suis.

L’atterrissage s’est bien effectué à Punta Cana. Le temps que l’équipe de nettoyage fasse son travail, une collègue et moi sommes sorties nous asseoir à l’extérieur. J’ai dégusté une pomme sous un chaud 27 degrés Celsius. La pelure rouge s’est coincée entre mes dents. Voilà l’une des raisons pourquoi je n’aime pas en manger souvent. Lorsque je suis remontée à bord, Bouteille Scarlett m’attendait. J’ai tenté de nettoyer ma cavité buccale avec son précieux nectar. Elle m’a un peu aidée, mais j’ai pensé qu’il ferait mieux que je me brosse les dents comme j’ai l’habitude de faire entre deux vols. Je me sentais à nouveau fraîche.

Souriante, j’ai accueilli les nouveaux passagers Bouteille Scarlett s’était cachée à nouveau dans son compartiment. Par contre, elle entendait tout, car située près de la porte. « Pourquoi les passagers parlent en français ? » se demandait-elle. Ah c’est vrai ! Fini les vols de Nouvelle-Écosse, nous revenions à Québec.

Le décollage a suivi et nous avons déambulé avec les chariots dans l’allée. Ça n’en finissait plus. Boissons par ci. Pizza par là. Je ne voyais pas le temps passer. La pause est enfin arrivée et j’ai mangé. Bouteille Scarlett m’accompagnait pour m’aider à faire passer ce poulet pas très délicieux des repas d’équipage.

Vite, vite, la boutique Hors-Taxes ! Je me suis dirigée à l’avant pour récupérer le chariot. Trop préoccupée par mes tâches, j’ai oublié mon amie fidèle sur le comptoir. D’une certaine façon, elle était heureuse, car elle pouvait m’observer en ayant une vue imprenable sur la cabine.

Le shopping a commencé. Bijoux, alcool, cigarettes. Une bouteille de Gin manquait. « Je vais aller voir dans l’autre chariot », ai-je dit à ma collègue.

Arrivée à l’arrière, mon cœur s’est arrêté de battre. Bouteille Scarlett pleurait à chaude larme. Elle était vidée d’eau. Plus une goutte de disponible. Sa tâche à me servir venait de prendre fin. J’ai tenté de comprendre en vain ce qui venait de se passer.

« C’est toi qui as bu ma bouteille ? », ai-je demandé à ma collègue qui s’affairait dans la galley.

« Non. Elle était vide quand je suis arrivée. »

« Mais elle était encore au quart…»

« Ah je ne sais pas mais il y avait plusieurs passagers avec des verres d’eau dans les mains près des toilettes tout à l’heure. »

J’ai esquissé une grimace. L’hôtesse blonde a plutôt souri.

« Ça leur apprendra à se servir sans demander ! », a-t-elle lancé d’un air enchanté.

Beurk! J’étais à la fois dégoutée et triste pour Bouteille Scarlett qui venait de rendre l’âme. Il me fallait rester positive.

« Ce que l’on ne sait pas ne fait pas mal ! » ai-je pensé avant de retourner dans la cabine.

R.I.P Chère Bouteille Scarlett!

Pour me suivre sur Instragram @lhotessedelair Twitter @elhotessedelair

Facebook Elizabeth Landry Chroniques hôtesse de l’air 

Pour la série L’Hôtesse de l’air par ici.

 

Poursuivre la lecture
Partagez!
31 octobre 2014
Par Elizabeth Landry

Un bonbon?

Chez VéoAir, nous avons à cœur le bien-être de nos passagers. Lors de la descente, pour vous aider à équilibrer vos délicats tympans qui sont, pour certains, prêts à exploser sous la pression, nous avons élaboré une solution miracle : l’Halloween à longueur d’année…

– C’est le temps de faire les bonbons, lance le directeur de vol à son équipage.

Il me tend un plateau rempli de pastilles à saveur de menthe. « Merde, je suis prise au piège ! », pensai-je. Et dire que j’aurais pu m’en sauver si j’avais été plus prévoyante. Lorsque je l’ai vu préparer les cabarets, j’aurais dû illico me rendre au cabinet de toilette.

– Où est Scarlett ?, aurais-je entendu de l’autre côté de la porte.

Silence. J’aurais été portée disparue. On m’aurait remplacée. Mais là, pas le choix ! C’est presque aussi pire que servir du jus de tomate. Je rectifie. C’est pire !

J’offre mon butin à un trio de passagers. Monsieur C, côté allée ne bronche pas. B, au centre, récupère ce que je lui offre et A, au hublot, attend que son tour vienne. J’avance alors mon plateau dans sa direction, encore plus loin, afin qu’il comprenne qu’il n’a pas toute la journée pour se décider. Il opte lui aussi pour une pastille. Quant à C, je n’insiste pas et je passe à la rangée suivante.

J’avance mon plateau au centre de la rangée afin que tous puissent rapidement se servir.

– Qu’est-ce que c’est ? me demande Madame B.

– Un bonbon, répondis-je et j’attends pour qu’elle se serve.

– Non merci !, conclut-elle.

Néanmoins, je demeure immobile, car C et A n’ont pas récupéré mon cadeau. Une seconde passe. Puis deux. Aucune main n’est tendue. Pas de regard dans ma direction. Ni un « non merci ». Je comprends tout de même qu’on refuse mon offre. Je passe à la rangée suivante.

Mes bonbons à la vue de C, il déplie le bras et tente de récupérer lui-même mon plateau. Je l’en empêche en reculant d’un pas. Mais qu’est-ce qu’il fait ? Veut-il prendre ma place et faire la distribution?

– Monsieur, je vous offre un bonbon, précisai-je.

– Ah… pouffe-t-il de rire gêné, en prenant une menthe.

Je patiente le temps que A et B se servent et je poursuis ensuite mon service.

– Qu’est-ce que c’est ? me demande à nouveau un autre.

Quiz : Qu’est-ce qui mesure 1 cm par 1 cm, qui est enveloppé dans un papier blanc « style bonbon » et qui est servi par dizaines sur un plateau ? Une pomme ? Nah ! Mauvaise réponse.

N’avançant qu’à pas de tortue, je décide de changer de tactique. Même s’il me semble que l’évidence règne, j’opte pour la précision.

– Un bonbon ?

L’homme tend la main et récupère son dû.

– Un bonbon ? continuai-je.

Une dame lève les yeux, regarde mon plateau et retourne à la lecture de son livre. Plus perspicace que mes passagers, je comprends rapidement qu’elle n’en a rien à $%#@& de mes délicieuses pastilles à la menthe. Je ne m’en offusque pas. J’ai si hâte de terminer ma besogne que je saute à la rangée suivante, et à la suivante en un temps record.

La dernière rangée arrive plus vite que je ne l’aurais imaginé. « La chance est avec moi », pensai-je. Plus qu’un passager à servir, car sur trois, deux dorment à point fermé. Il n’y a que cette dame assise côté allée qui est éveillée. J’avance alors mon plateau vers elle afin qu’elle se serve. Pour ne pas réveiller les endormis, ni les brusquer, je présente mon produit en chuchotant.

– Un bonbon ?

Madame C visiblement heureuse de mon offre saute sur l’occasion et pige allégrement dans mon tas de bonbons. Bonne dernière, elle doit être consciente que les autres ont déjà été servis et qu’ainsi, son avidité n’affectera personne. La croyant consciente de son entourage, elle m’en dissuade aussitôt.

La main remplie, elle se retourne vers les endormis. Son mari et son fils ? Elle réalise qu’ils dorment. Ils ont l’air si bien, transporté dans leurs rêves. La tonne de bonbons leur est peut-être réservée à leur réveil ? Oups, non, je crois qu’elle voudrait plutôt qu’ils en prennent aussi. Non ! Ne faites pas ça !, aimerais-je hurler.

Madame C donne un grand coup de coude à son mari. Il bondit sur son siège et fait sursauter par la même occasion le fils. L’homme grogne d’avoir été tiré du sommeil d’une manière aussi brutale. Il a l’air enragé et ouvre les yeux à la recherche d’un coupable. Devant lui, moi, un plateau à la main. Je fige.

« Ce n’est pas moi ! C’est votre femme !» aimerais-je la dénoncer. Au lieu de cela, d’un air embarrassé, je tente de reprendre la situation. J’avance vers lui mon plateau alléchant rempli de bonbons et prononce tout en sourire tel un enfant déguisé cognant à la porte d’une maison le soir de l’Halloween :

TRICK OR TREAT ? (Une gâterie ou je t’ennuie!)

 

 

 

 

 

 

Poursuivre la lecture
Partagez!
17 octobre 2014
Par Elizabeth Landry

Scarlett et le Boeing 737

Chers passagers,

Certains d’entre vous, pour fuir l’hiver, s’envoleront bientôt vers les chaleurs du Sud. Si c’est le cas, il y a de fortes chances que vous montiez à bord d’un Boeing 737. Un appareil qui, au contraire des pilotes (voir le vidéo ci-bas) ne plaît pas autant à Scarlett. Petit extrait de mes dernières semaines de rédaction de L’Hôtesse de l’air Tome 3.

 

(Scarlett vient d’apprendre qu’elle vole pour la première fois sur le 737.)

J’ai repoussé cette journée pendant trois mois en inscrivant ÉVITER 737 sur mon horaire.

La nouveauté ne m’effraie pas. C’est plutôt l’appareil qui ne me dit rien. Pour une hôtesse de l’air, il se situe à l’antipode du glamour. Pas d’endroits où se cacher. Une seule allée. Des mouvements de chariots répétitifs et obligés pour permettre aux passagers d’accéder aux toilettes. Des groupes de mariés, des gens bourrés. J’en ai tellement entendu parler que j’en ai la chair de poule. Ce jour allait inévitablement arriver, mais si j’avais pu, j’aurais repoussé cette journée pendant ma vie entière.

  • Scarlett ?, m’interpelle la directrice.
  • Oui ?

Je sors de ma rêverie.

  • C’est à toi.
  • À moi ?
  • Ta position. Tu es la première à choisir.
  • Euh, hésitai-je.

Je ne sais que répondre, car je ne me souviens plus de qui fait quoi sur cet avion. Ma nervosité m’en a fait perdre mes facultés cognitives. À oui, ça me revient !

  • L-2 A !, annonçai-je contente d’avoir sauvé la face.

(extrait retiré)

Je n’en fais pas de cas. À la place, j’essaie d’être pratique et de me remémorer ce qu’implique ma position. Je sais au moins une chose : je serai assise du côté gauche dans la queue de l’avion. Pour le reste, je ne suis plus sûre. Avant de me diriger à l’arrière, j’interpelle Cloé, la directrice pour qu’elle me fournisse de plus amples détails.

  • Tu fais le service de bar et de repas.
  • Ah ok. Juste ça ?, demandai-je soulagée.
  • Ben tu sais aussi que tu dois breffer les passagers assis aux fenêtres de secours ?
  • Bien sûr !, mentis-je pour ne pas avoir l’air d’une incompétente.

Des perles de sueurs brillent sur mon front. Évidemment, mes collègues plus juniors ont dû se réjouir quand, grâce à mon ignorance, la plus sénior de l’équipage, en l’occurrence moi, a choisi la position la plus indésirée des quatre. Un avertissement aurait été apprécié. « Bel esprit d’équipe ! », m’offusquai-je. Je m’emporte. C’est ma faute. J’aurais dû demander dès le début un résumé des tâches.

Je prends ma pilule et poursuis mes vérifications prévol. Je confirme ensuite par une signature qu’elles ont été effectuées et retourne à l’arrière.

  • L’embarquement a été lancé, annonce la chef de cabine via l’interphone.

Je me poste en milieu de cabine, là où ma présence est requise en tant que L-2 A. J’observe mon environnement en tentant de m’y habituer. Les compartiments à bagages se referment différemment de ceux que j’ai l’habitude de voir. Une seule allée traverse l’avion de long en large. Même les hublots semblent prendre une forme unique. Je me sens déboussolée. Mon spacieux bureau s’est métamorphosé en quelque chose de plus effilé et exigu.

  • Mon siège est ici, m’annonce un passager.
  • Oh ! Pardon, dis-je en me déplaçant dans la rangée suivante.

Pour passer le temps, je récite en silence les explications que je devrai fournir aux passagers assis près des fenêtres situées au-dessus des ailes.

Un : en cas d’évacuation, êtes-vous volontaire pour ouvrir les sorties d’urgence ? « Vous feriez mieux de me dire oui », pensai-je.

Deux : Avant d’ouvrir, vous devez vérifier que la sortie est utilisable. « Traduction : il y a t-il du feu sur l’aile, de l’eau, des débris ? J’espère que vous serez encore vivants pour pouvoir le savoir. »

Trois : Le plus important. Comment ouvrir cette foutue fenêtre ? Retirez le couvercle protecteur et tirez sur la poignée supérieure vers l’extérieur et vers le haut. Euh…Serait-ce plutôt vers l’intérieur et vers le bas ?

  • Désolé Madame, je suis assis ici, m’apprend un autre second en me désignant son billet d’embarquement.
  • Oh ! Pardon, répétai-je en me déplaçant à nouveau dans une rangée libre.

Ou en étais-je ? Ah oui ! La poignée ! Tirez en haut ou en bas ? « Dans le fond, pensai-je, si ça ne marche pas par en haut, ils n’auront rien qu’à tirer par en bas. Je vais m’en tenir au principal », me conseillai-je avant de me lancer dans ma tentative officielle d’explications.

            Je remonte l’allée, enfin, je tente de remonter l’allée. Pardon par-ci et pardon par là, je n’avance guère dans la bonne direction. Le couloir est si étroit qu’il n’y aucune bretelle de dégagement. Une collision assurée lorsque l’un s’engage dans ce sens unique. J’abandonne.

  • Et merde c’est quoi cet avion !, me lamentai-je à Diane en atteignant la « semblant » de galley à l’arrière.
  • C’est l’avion le plus vendu au monde, m’annonce-t-elle tout bonnement.

Comment elle sait ça ? Diane, la perdue et l’insomniaque est aussi cultivée ?

(Extrait retiré)

Quoiqu’il en soit… Bon vol! 

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=Iq_d2QI8v6o&w=560&h=315]

 

Poursuivre la lecture
Partagez!
14 mai 2014
Par Elizabeth Landry

Quand la fiction frise la réalité

YUL-BCN (24 h) DH CDG

(Montréal – Barcelone – Deadhead Paris) 

Qui aurait cru que ce que j’écrirais dans mon livre (L’hôtesse de l’air tome 2) se transformerait en réalité (en partie seulement…) Survol de ma dernière escale.

« Allo les gars, c’est moi qui prendrai soin de vous ce soir ».

Le commandant se retourne pour me saluer. Première impression : cute, air sympathique ? À confirmer.

L’autre m’ignore. Déduction : timide ? ou juste indifférent ? Probablement un pilote intello et gêné qui restera caché dans son cockpit pendant toute la traversée. À confirmer.

« Ah c’est toi la chanceuse! », blogue le commandant.

«Euh… pas que je voulais, j’ai pas eu le choix… »

Ai-je vraiment dit ça ? C’est la vérité. J’étais la plus junior dans l’équipage donc j’ai obtenu la dernière position, celle dont j’ai horreur. Pas que je déteste les pilotes mais je n’aime pas être postée en avant lors d’un vol de nuit. En fait, cette position implique de travailler en Première. Et qui dit « Première » dit moins de passagers. Ce qui signifie: moins de boulot, plus vite assise, plus vite je me tourne les pouces et plus vite je gèle mes entrailles parce qu’il fait un froid de canard dans la galley avant.

À l’inverse, mes collègues jaseront à l’arrière et parcourront l’allée pour servir l’avion de long en large. En bougeant, ils ne se laisseront pas gagner par la fatigue autant que moi qui regardera mes protégés ronfler depuis trop longtemps. Pour me sortir de l’embarras, je reformule.

« Ce que je voulais dire c’est que sur un vol de nuit, j’ai toujours froid et c’est trop tranquille. »

« Bon, on te demandera des cafés aux minutes alors ! », ajoute le commandant pendant que son voisin reste de marbre à regarder ses instruments.

« Ouin, pensai-je, je vais avoir du gros fun à soir… »

Bienvenidos a Barcelona

Nous prenons place dans le bus qui nous amènera à notre hôtel.

« Qui est-ce qu’on attend ? », lance une agente de bord.

« Les pilotes», précise le directeur de vol.

Pendant que nous patientons dans le bus stationné sur le tarmac, je me dis que peu importe l’attente notre hôtel est tellement près d’ici que ça ne changera pas grand-chose. Je revois cette scène dans le tome 2, où Scarlett finit par jeûner un dimanche car, par réduction budgétaire, les équipages ont changé d’hôtel pour dormir à proximité des aéroports. « En Espagne, le dimanche est un jour consacré au repos. Pour un agent de bord qui séjourne désormais hors du centre-ville, loin des commodités, le jour du Seigneur signifie plutôt la descente aux enfers » dit-elle à la page 274.

« Quel jour on est ? » demandai-je affolée.

« Dimanche ! » me lancent mes collègues à l’unisson.

Ah ! Je comprends maintenant pourquoi j’ai obtenu ce vol. Moi qui me trouvais très sénior d’avoir eu un Barcelone direct et de ne faire qu’une mise en place sur Paris le lendemain.

« Je vais vous accompagner en taxi jusqu’au centre-ville », dis-je aussitôt en sachant que l’équipage planifie une sortie en ville.

Pendant que j’essaie mentalement de planifier ma soirée, les pilotes entrent dans le bus et s’asseyent sur un banc près du mien. Le silencieux reste silencieux. D’ailleurs, il n’est sorti qu’une seule fois pour utiliser les toilettes sans même me dire un mot. Conclusion : très discret et ennuyant. Tout le contraire du commandant.

« Désolé de vous avoir fait attendre ! Le gars au sol n’arrivait pas à connecter le BLA BLA BLA et BLA BLA BLA !» explique-t-il avec un débit rapide et un volume élevé pour être certain qu’on l’entende tous. Impression : il est 7 heures du matin (heure de Montréal). Je n’ai pas dormi. J’ai les yeux rouges de fatigue et mes oreilles sont agressées par ton explication expressive.

Il poursuit en amplifiant la situation.

« C’est pas difficile de connecter un BLA BLA BLA et BLA BLA BLA ! C’est toujours comme ça en Espagne BLA BLA BLA! L’autre jour à destination X j’ai dit BLA BLA BLA! »

Impression : il était juste cute. Conclusion : Il m’énerve !

Barcelone

En voyant la vue depuis ma chambre, je suis encore plus convaincue que je prendrai le taxi avec l’équipage vers le centre-ville. J’ai hâte ! Depuis le changement d’hôtel, je n’y suis pas retournée depuis presque un an et demi. Les filles planifient d’aller manger du poulet péruvien. « Beurk !, pensai-je, aucune chance que j’aille manger du poulet en Espagne ».

Je décide de faire cavalière seule et d’aller m’asseoir sur un merveilleux tabouret de la Cerveceria Catalana, un resto connu des touristes, mais qui reste très apprécié des locaux qui y font un arrêt obligé plusieurs fois par semaine. J’engloutis mes tapas préférées, je bois trois verres de Rioja et une fois les pommettes rosées, je saute dans un taxi vers les Fontaines de Montjuïc.

  

Le conducteur, un Pakistanais qui parle un parfait espagnol m’explique que c’est par hasard s’il vit maintenant en Espagne. « C’est ce pays qui a été pigé lorsque j’ai appliqué pour l’immigration. », précise-t-il. Un beau pays d’accueil, mais où le taux de chômage est extrêmement haut. « Vous êtes chanceux, lui dis-je, vous avez un emploi. » Il approuve avant de me déposer près d’un trottoir, Plaça Espanya.

J’admire pendant une heure le spectacle de sons et lumières qui se déroule sur la place. Les fontaines bougent et changent de couleurs au rythme de mélodies variant entre un Queen ou un classique de Mozart.

Il y a une dizaine d’années, j’étais venue ici. C’était ma première fois en Espagne. J’étais venue en immersion pour apprendre la langue du pays. Les souvenirs sont revenus l’instant d’une valse et j’ai à nouveau sauté dans un taxi.

Le conducteur, un catalan pur et dur me fait la conversation.

« Vous venez d’où ? »

« Du Canada. »

Je remarque le doute dans ses yeux. Je précise comme à chaque fois.

« Le Québec. C’est pour ça l’accent français.»

« Por Supuesto ! Et le référendum ? »

Monsieur le conducteur de taxi connaît bien la situation politique au Québec. Animé par le sujet, il s’empresse de me parler de sa Catalogne natale.

« Nous voulons l’indépendance ! L’an passé nous avons marché à travers toute la Catalogne pour faire pression sur les dirigeants politiques afin de nous donner la possibilité de voter librement pour notre indépendance. Ils n’ont pas voulu. »

« Hum… si c’est la volonté du peuple catalan, vous devriez pouvoir le faire. L’Espagne est un pays libre non ?»

Et voilà, Monsieur le conducteur s’enflamme avec son discours jusqu’à se perdre dans les ruelles vides du quartier sans vie où je séjourne.  Je regagnerai mes quartiers sans anicroche avec un joli souvenir d’un homme ayant la Catalogne tatouée sur le coeur.

Deadhead Paris

Le lendemain, c’est à Paris que je m’envole. Pourquoi l’écrire quand c’est écrit dans mon livre?

La scène où Scarlett pousse son sac à main comme une vieille serviette dans son bagage, c’est moi! Comme si j’avais su prédire l’avenir! HA HA HA (Chapitre 25 )

L’hôtesse de l’air – Tome 2 – L’atterrissage de Scarlett Lambert est disponible dès aujourd’hui dans tous les grands magasins du Québec!

Poursuivre la lecture
Partagez!
3 avril 2014
Par Elizabeth Landry

Lorsque la turbulence me fait sentir comme une méchante sorcière

«Mesdames et Messieurs, nous traversons une zone de turbulence. Nous vous demandons de retourner à votre siège et d’attacher votre ceinture. Veuillez ne pas utiliser les toilettes pendant ce temps. Merci !»

« Désolé Monsieur, je devrai revenir après la turbulence », mentionné-je à un passager en train de faire du shopping dans la boutique hors-taxe.

Ma collègue et moi sécurisons le chariot à l’avant.

« Je vais faire les checks ! » lui dis-je pour qu’elle parte s’asseoir au plus vite à son strapontin.

Comme je me prépare à parcourir l’allée d’un bout à l’autre de l’avion afin de rejoindre mon siège, une secousse se fait sentir. Je bascule vers la droite d’un trait, sans même pouvoir me retenir. Heureusement, un siège de passager bloque ma lancée. « Ouf ! Ça brasse » pensé-je.

En marchant, j’agrippe la barre de retenue qui se trouve sous les compartiments à bagages. Je vérifie les ceintures des passagers au passage «Seatbelts, ceintures, Seatbelts, Ceintures! »

Lorsque je m’attache enfin, mon interphone retentit. La voix de la directrice de vol se fait entendre : « Le commandant vient de m’aviser qu’on va avoir de la turbulence modérée d’ici cinq minutes pendant 20 minutes. Assurez-vous que tout est bien sécurisé »

A-t-elle bien dit « Turbulence modérée » dans cinq minutes ? Je pensais qu’on était déjà dedans… Il semblerait que non, car comme prévu, au bout d’un moment les secousses s’accentuent. De mon siège, j’ai une vue panoramique sur l’appareil. Les têtes des passagers valsent vers la gauche et ensuite vers la droite au même moment. J’aimerais me lever pour ramasser ma bouteille d’eau rangée dans un compartiment mais je n’ose pas le faire. En résumé, ça bouge assez pour que moi, l’hôtesse de l’air qui en a déjà vu d’autres, pense qu’il ne faut pas se lever. Je n’ai pas peur, je reste seulement consciente qu’une secousse plus intense et imprévisible pourrait me plaquer contre le mur, le plafond ou le sol. Dans mon top 3 turbulences, cette séquence en fait officiellement partie.

Mon scénario idéal dans ce genre de situation est le suivant : l’appareil se fait remuer d’un bord et de l’autre pendant les vingt minutes prévues. Par évidence de la situation, les passagers restent sagement assis à leurs sièges. La turbulence cesse. Tout le monde peut maintenant se lever et moi je conserve mon rôle de gentille hôtesse de l’air dédiée à la sécurité.

Un beau scénario irréaliste où j’ai dû me transformer encore une fois en une méchante police de l’air. Voyons voir.

Dix minutes viennent de passer depuis que je suis assise à mon strapontin. Peut-être plus. Je le répète ça brasse. Comme je ne peux moi non plus me lever, je regarde le film, muet pour moi, à ma grande déception. Je connais l’histoire jusqu’à la fin mais je ne l’ai jamais visionné avec du son.

Une dame se lève. Elle est assise à la rangée 4, en avant. Elle n’a pas vu le signal des ceintures attachées qui est allumé. Ni senti les secousses qui frappent fort? Étrange… Elle marche d’un pas décidé vers l’arrière. Ma collègue assise au milieu de l’avion l’intercepte et lui mentionne de retourner à son siège.

Une minute passe. Une autre dame se lève. Soit 1  – elle n’a pas vu l’autre dame se lever ou 2 – elle pense faire exception à la règle.

« Désolée, nous sommes encore en turbulence, vous devez demeurer assise », ordonné-je.

Elle fait la moue et rebrousse chemin. Un sentiment de méchante sorcière m’envahit. Je l’ignore.

Les secousses continuent. Cinq minutes passent et là j’aperçois maintenant plusieurs têtes dans l’allée qui me regarde. Depuis les dernières rangées, une femme me regarde en panique et remue les lèvres pour me parler. Je réussis à lire son message. « J’ai envie de pipi ! », me lance-t-elle.

« Vous ne pouvez pas vous retenir un petit instant ? », aimerai-je lui demander. Je me contente de bouger la tête négativement. Elle se retourne. Et puis, comme si cette dame venait de jeter un mauvais sort à l’avion en entier, j’ai l’impression de ne plus avoir affaire à des passagers matures et vaccinés. J’effectue plutôt un voyage dans le temps. Nous voilà à la petite école. À tour de rôle, des femmes me regardent. En espérant m’attendrir, elle prennent un air de chien battu et prononcent un « J’ai envie de pipi ! »

« Moi aussi ! », pensé-je. J’aimerais les laisser y aller mais la turbulence m’inquiète. De plus, mon strapontin se situe dans le passage menant aux toilettes. Si je les laisse passer, je devrai me détacher et mettre ma propre sécurité en danger. Pas question !

Une dame insiste et se lève. « J’ai vraiment envie de pipi. Je vais le faire dans mes culottes ! » m’annonce-t-elle. Wô ! On m’épargne les détails s’il vous plait ! Je cède. J’en ai assez de jouer à la police. Je la laisse se faufiler entre mon strapontin et la toilette sans me détacher. Elle se contorsionne autant qu’elle peut et réussit à y entrer en effleurant ses formes sur mon épaule.

Soudain, je réalise la grosse erreur que vient de commettre. D’autres dames se lèvent. Je ne sais plus où légiférer. Ce n’est pas le temps de jouer à l’infirmière de guerre et de faire le tri des cas de pipi suffisamment pressants pour leur permettre le passage. Et là, une file de passagers s’accumulera devant moi pour qu’une secousse brutale les forcent à me piétiner ? D’un air autoritaire, je retourne tout le monde à leur siège.

« Ben là ! Pourquoi elle et pourquoi pas moi ? », entendis-je. Et bien, parce qu’avec cette turbulence, vous allez en mettre partout sur le plancher…

Cette anecdote ce termine ainsi. J’aimerais poursuivre, vous raconter comment tout cela s’est terminé mais je dois partir. Déjà? Oui, désolée… J’ai envie de pipi !

P.S. Vous remarquerez que ce ne sont que des femmes qui se sont levées pour utiliser les toilettes. Aurions-nous des vessies plus petites que les hommes ?

 

Poursuivre la lecture
Partagez!
6 mars 2014
Par Elizabeth Landry

Le Karma des délais

Je reviens d’un long courrier. Une semaine que je qualifierais d’interminable. Pas parce que les passagers étaient trop exigeants ni parce que l’équipage m’était antipathique, mais bien parce que ces derniers jours furent seulement, comme je l’ai dit: INTERMINABLES!

Délai #1 –  YUL-PTY-YYZ

Tout a commencé à Montréal. L’itinéraire prévu nous faisait voler jusqu’au Panama pendant 5h56. Ensuite, une heure au sol et c’était reparti vers Toronto pendant 5h15. Bref, nous étions prévus pour effectuer deux allers vers Paris dans la même journée. Du gros plaisir de fatigue mais pour cela il fallait partir…

Les passagers une fois assis à leurs sièges, nous étions prêts à fermer la porte et décoller au plus vite. Malheureusement, il nous était impossible de le faire. Un problème mécanique? Une tempête de neige aveuglante? Non, pas de nourriture à bord… Apparemment, le fournisseur de chariots était occupé ailleurs. Tellement busy busy qu’il a pris 1h30 à venir!

Souvent, un délai en engendre un autre. Et nous voilà ainsi devant un autre problème: notre date d’expiration est arrivée à échéance. Car, il ne faut pas l’oublier, un équipage est constitué d’êtres humains, ces petites bêtes sensibles qui doivent à l’occasion dormir, manger et respirer. Pour cela, un temps limite en devoir a été établi. Si nous le dépassons et le savons avant de partir, nous devons être remplacés.

C’est ainsi que les spéculations commencèrent.

«Ils nous renvoient chez nous!» dit l’un.

«On va dormir au Panama!», dit l’autre en revenant de l’avant de l’appareil.

«Impossible! J’y croirai juste quand je serai rendue à l’hôtel», dis-je incrédule.

«Ils n’ont pas le choix. C’est ça ou ils mettent un autre trois heures de délai pour changer d’équipage», précise-t-il.

«On vient de me dire qu’il nous envoie directement à Toronto et on continue le reste de notre courrier», ajoute un autre.

Le jeu du téléphone arabe prend tout son sens dans un avion. Finalement, après un traité de «paie» conclu, nous nous envolâmes comme prévu, fîmes nos deux vols INTERMINABLES et arrivâmes à notre hôtel à Toronto après un peu plus de quinze heures au boulot.

Délai # 2 – YYZ – CUN – YQB

Lors du deuxième vol, après un repos de 24 h à Toronto, nous effectuions un vol vers le Mexique. Une fois atterris, nous sommes demeurés une heure au sol, sur la piste, à attendre que l’appareil qui occupait notre barrière puisse être redirigé ailleurs car il était bloqué au sol pour cause de bris mécanique. Lorsque nos nouveaux passagers ont embarqué finalement à bord, ils nous ont demandé:

«Il y avait une tempête au Canada? C’est pour ça que vous êtes arrivés en retard?»

Et non, même pas!

Délai # 3 –  YQB-VRA-YQB

«Dring! Dring!», retentit le téléphone dans la chambre.

«Oui, allô?», répondis-je, les cheveux humides, tout droit sortie de la douche.

« Bonjour, ici Crew Sked. Il a un délai de 45 minutes sur ton vol.»

«Ok! », confirmai-je sans surprise.

Délai # 4 – YQB – PUJ – YQB

« Bienvenue à bord de ce vol vers Québec. Nous vous demandons de ranger vos bouteilles d’alcool sous les sièges et non dans les compartiments au-dessus de votre siège..

La porte se fermera sous peu. Le vol d’aller s’est bien passé. Pas de délai. Les passagers sont sortis se faire dorer la couenne en République. J’ai pris du soleil sur l’herbe près de la piste. Soudain, Monsieur Pedro arrive. Les autorités aéroportuaires à Punta Cana soupçonnent un bagage suspect… Ils doivent retrouver la valise qui est devenue suspecte soudainement après l’avoir monté à bord. Rien ne fait de sens mais on doit suivre les instructions et s’y conformer.

Monsieur Pedro nous informe qu’on fouille dans le cargo. On cherche le bagage. Et puis, on ne le trouve pas. Ils décident alors de sortir tous les bagages du cargo et de les repasser sous les rayons X.

« Quoi? Ça va prendre combien de temps ça?», demande le commandant.

« One hour. Maybe two…», précise l’homme, sans la moindre émotion.

« Par intuition, j’opte pour la deuxième option…», m’exclamai-je, convaincue d’avoir le temps de feuilleter toutes les pages du magazine que j’ai récupéré sur le vol d’allée.

Résultat: Délai de deux heures pour un bagage qui était finalement sans danger. Disons seulement qu’on a évité de dire à tout le monde le nom du propriétaire de la valise retardatrice.

Délai # 5  – YQB- CUN – YUL

Désormais, plus rien ne m’étonne. Avec une belle avance de trente minutes sur notre horaire prévu, nous atterrîmes au bercail, après huit jours. Aie-je pu profiter de ce temps d’avance? Je vous laisse deviner! Un indice: il y avait un appareil à notre barrière…

Ah! J’oubliais! J’ai rapporté avec moi un ami: une belle grande grippe/laryngite 🙂 À revivre!

Poursuivre la lecture
Partagez!
28 août 2013
Par Elizabeth Landry

La guerre des DING

Comme agent de bord, certains éléments nous irritent lorsque nous travaillons. Il y a en a qui détestent ramasser les plateaux vides par exemple, alors que d’autres, ne bronchent pas pour un plateau, mais sautent plutôt un plomb si les verres ramassés sont à moitié remplis de liquide… (C’est si difficile que ça finir son minuscule verre d’eau?) De mon côté, j’ai besoin de le dire: c’est le DING qui me rend folle.

Certains appareils sont munis d’un bouton d’appel fixé au-dessus des sièges. Il est rouge et pour l’enclencher, il faut lever le bras, s’étirer et presser. Lorsque l’un s’enclenche, comme la tâche est plus difficile à accomplir pour le passager, sans nul doute, une requête m’attend. Je me rends donc auprès du passager, le regarde et inévitablement, il me fait sa requête. Je ne bronche pas, car il avait effectivement besoin de quelque chose: un verre d’eau, un stylo, un conseil. Jusque-là, tout va bien.

L’irritation arrive ailleurs. Dans un autre contexte. Dans un autre type d’appareil. Là où rien n’est vraiment évident pour le passager et où le siège semble être un vrai piège à presser le bouton. À ce moment, j’en veux aux designers d’intérieur d’avion qui, de toute évidence, n’ont jamais eu à éteindre ce DING interminable et qui ont sûrement pensé:

« On va mettre le bouton d’appel accessible pour faciliter la tâche au passager». Résultat: 90 % du temps, le DING est enclenché par erreur et l’hôtesse, consciente du phénomène, tarde maintenant à se pointer le bout du nez pour neutraliser le bouton. Voyons voir.

1. Le design des boutons sur le dessus de l’accoudoir.

Quelle superbe idée d’installer le bouton d’appel sur le dessus de l’accoudoir tout près du passager. Bien sûr, il peut enclencher ledit bouton au besoin pour nous faire venir et nous demander quelque chose. Le hic c’est qu’il ne sait même pas ce que le petit bonhomme signifie et la première chose qu’un passager fait en s’asseyant à son siège c’est de toucher à tout.

Il touche au bouton pour le son, à celui de la musique et à celui qui fait DING, DING.  Il ne réalise pas que ce DING c’est lui qui le fait en pressant sur le bouton alors il recommence. DING! DING! DING! L’avion en entier entend le son produit en posant son doigt sur le bouton mais encore là, il n’associe pas le doigt qui se pose sur le petit bonhomme et le DING qui s’en suit. Il recommence jusqu’à ce que j’arrive en trombe.

L’hôtesse de l’air: « Que se passe-t-il monsieur? Y’a-t-il une urgence? Tout va bien?»

Et le passager de répondre: «Hein?»

De toute évidence, aucune urgence. Ce n’est que l’embarquement.

2. Le design du bouton sur l’accoudoir pour Monsieur Bébé.

La différence entre un bébé/enfant et le passager c’est que l’enfant entend effectivement bien le DING en pressant sur le bouton. Par contre, lui, il aime ça! Il va continuer de presser sur le bouton non pas parce qu’il cherche le son de la musique mais bien parce qu’il adore entendre un DING en réponse à ses actions. Il apprend à interagir avec ses alentours. C’est magique de m’en savoir faire partie!

3. Le design du bouton sur le côté de l’accoudoir

Là, les designers s’y sont donnés à coeur joie en matière de design. Pourquoi mettre les boutons sur le dessus de l’accoudoir? Ce n’est pas esthétiquement soigné! La console devrait plutôt être dissimulée sur le côté de façon à ce que personne ne la voie et que le passager l’accroche amplement, à son insu, et ce en demeurant quasiment immobile sur son siège durant tout le vol.

Ainsi, le passager enclenche le bouton sans le vouloir, sans le savoir, sans même s’en douter. On entend DING! DING! Il décide de croiser les jambes. DING! encore. Il les décroise. DING! DING! encore. Quelques secondes plus tard, un autre passager revient des toilettes. Celui-là par contre est un peu plus en chair. Il prend place et accroche le bouton. DING! DING! Une mélodie de DING! s’en suit.

Les agents de bord en pause se regardent. Qui va se lever pour aller éteindre le bouton et répondre au passager? C’est à mon tour…

GRRR! Je mange mon pain. J’ai faim. J’entends encore DING! DING! Une urgence? Sûrement pas! Mais ce DING me rend effectivement folle. Je veux manger en paix alors je ne tarde pas à me lever. Je m’avance dans l’allée. Je sais avec l’expérience qu’il n’y a pas le feu. Plus je m’approche de la rangée retentissante et plus j’observe avant de parler. Pas question que je me fasse prendre encore une fois lorsque j’éteindrai le bouton d’appel en disant:

L’hôtesse de l’air: «Vous avez besoin de quelque chose, monsieur? (car véritablement avec ce DING on dirait que c’est la panique!) » 

Le passager qui réfléchit: « Ah! Justement! Je prendrais un verre d’eau à bien y penser!»

Non! Je ne demande plus. Je m’avance tranquillement. Je m’arrête au siège. J’éteins le bouton d’appel en regardant le passager. Il me regarde de ses gros yeux curieux mais ne parle pas. Il ne veut rien. Il se demande même qu’est-ce que je fais ici. Si tout va bien, je m’éclipse en un clin d’oeil, sans demande, sans rien.

Par contre, si j’ai affaire à un petit fouineur, j’aurai droit à:

Passager: « Qu’est-ce qu’il y a?»

L’hôtesse de l’air tout en sourire lui explique honnêtement: « Ah! Vous aviez enclenché le bouton d’appel, monsieur. Ce n’est pas grave.»

Passager: « Non! Non! Je n’ai rien enclenché! Ce n’est pas moi! »

L’hôtesse de l’air:  —————————————- (Silence)

Ça va. Je vous crois. Pour le reste, mon pain m’attend. De retour à mon coup de fourchette, qu’est-ce que j’entends?

DING! DING! DING!

Poursuivre la lecture
Partagez!
Image du site http://www.lhotessedelair.com
13 mars 2013
Par Elizabeth Landry

Les joies du Stand-by

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, je suis une femme et comme beaucoup de femmes, j’aime bien prévoir et contrôler légèrement (voire un peu trop) les évènements de ma vie. J’aimerais tant quelques fois penser comme un homme et considérer une chose à la fois sans «m’enfarger» dans les fleurs du tapis mais non, j’en suis incapable. Ceci étant dit, lorsque je voyage, j’essaie toujours de me laisser porter par le courant car souvent les plus beaux voyages en découlent. Néanmoins, je tente quand même de planifier mon itinéraire pour ne pas me retrouver sans toit pour la nuit.

Mais l’imprévu étant ce qu’il est, il n’arrive jamais en annonçant sa visite. Résultat: on perd le contrôle et il faut s’adapter. Regard sur les joies du stand-by.

Destination: Los Angeles (LAX)

Plan A: Bus jusqu’à New York (Newark) / Avion jusqu’à Los Angeles (JFK -LAX)

Plan B: Avion jusqu’à New York (NEWARK) / Nuit à NYC / Avion JFK – LAX

Plan C: Imprévu…

En tant qu’agent de bord, je peux voyager sur d’autres compagnies aériennes selon les ententes que ma compagnie détient avec certaines d’entre elles. La procédure: je me présente au comptoir de la compagnie désirée. Je demande le droit de voyager en stand-by vers une destination x. Après avoir montré ma carte d’identification de membre d’équipage et vérification des ententes respectives, me voilà en possession d’un billet d’embarquement stand-by. Je traverse la sécurité et à la dernière minute, si un siège est disponible, je m’envole vers New York, Atlanta ou ailleurs. Tout cela pour 0 $ (ou généralement pas plus que 50$). Alléchant? Certainement! Il me fallait essayer!

En restant consciente que le stand-by offre la possibilité de voyager qu’uniquement si un siège est disponible à bord, j’avais planifié un peu à l’avance mon itinéraire. J’aurais pu choisir l’option 1 et prendre l’autobus de nuit jusqu’à New York pour ensuite rejoindre l’aéroport. Les chances que tout fonctionne étaient très élevées car je n’aurais eu qu’à faire du stand-by qu’une seule fois. Si je manquais le premier vol de la journée, il m’en restait encore 4 ou 5 à prendre. Rien d’inquiétant.

Mais pourquoi prendre l’autobus pendant 8 heures quand on peut s’y rendre en 2 heures? J’ai donc choisi l’avion. Le plan semblait prudent. Je dormirais une nuit à New York, ce qui me donnerait ainsi toute la journée pour m’y rendre (l’option de ne jamais me rendre ne voguait pas dans mon esprit) et ainsi je pourrais visiter la ville et partir le lendemain à Los Angeles. Tout était en règle jusqu’à ce que New York tombe sous la neige…

 

YUL-YYZ – ?

J’avais décollé à 7:30 du matin pour Toronto. Je devais prendre ensuite le prochain vol vers Newark. Pas un seul stand-by à part moi sur le vol et plusieurs sièges de libre. Comme prévu, je visiterais la Grande Pomme en après-midi. Il était 9 heures du matin. J’avais pleinement le temps de me rendre. Je m’assis donc tranquillement dans l’aire d’attente. Quelques délais s’affichèrent sur l’écran mais encore confiante, je ne m’y attardai pas.

Un premier vol vers New York partit. Le mien était le prochain. 10 h. 11h. 12h. Toujours rien. Je demandai des informations. La dame me dit que les vols étaient en délai mais qu’ils allaient partir bientôt. 13h encore rien. Je m’avançai à nouveau vers la dame au comptoir. J’étais un peu plus inquiète.

«Madame, quelles sont les chances que j’embarque vers New York?»

Elle consulta son écran d’ordinateur, me regarda et me dit: «Honnêtement. Aucune. »

Quoi?! Aucune! « Mais je n’ai pas de plan B!», pensai-je. En fait, tous les vols étaient annulés. Il n’en restait que trois et tous les passagers prévus sur les autres vols venaient d’être transférés sur ces trois vols. Aucun siège de disponible pour moi. L’imprévu venait de frapper. J’avais soudainement l’impression de devoir concocter une recette de gâteau sans oeufs et sans farine. Il me fallait trouver des ingrédients de remplacement. Lesquels? Si New York n’était plus ma ville de transit, quelles autres possibilités s’offraient donc à moi? Dormir à Toronto et partir le lendemain pour New York? Et si la tempête persistait? Je réfléchis.

Après avoir utilisé la géniale application SkyScanner, j’entendis une voix salvatrice.

«Mesdames et Messieurs, dernier appel pour Washington D.C. Tous les passagers devraient être à bord.»

Je consultai SkyScanner à nouveau. Un vol vers Los Angeles était prévu dans deux heures.  Je courrai alors au comptoir, tassai les autres passagers en file telle une enragée et dictai à la dame que je voulais tenter ma chance vers Washington. Quelques minutes plus tard, j’entrais la dernière à bord de l’appareil et me présentais au capitaine en disant: « Hey… Désolé… J’étais censée partir pour New York mais finalement ce sera Washington. Je ne sais pas trop comment je vais me rendre en Californie mais bon… on verra!»

Une fois atterri dans la capitale, je ramasse mes valises et je sors de l’appareil en pensant réussir ma mission vers LAX. Malheureusement, j’avais oublié les douaniers! Je dus attendre deux heures en file d’attente avant de pouvoir présenter mon passeport à un agent de l’immigration. Grrrr!

      

Il est maintenant 17 h. Je décide d’aller voir tout de même au comptoir de Virgin Airlines (la compagnie sur laquelle je peux voler). On m’informe que le vol vers Los Angeles est déjà parti mais qu’il y en a un qui part pour San Francisco (SFO) dans 50 min. Et voilà! Je m’envole vers SFO où je n’aurai d’autre choix que d’y passer la nuit.

Le lendemain, j’embarquerai vers LAX, encore une fois à bord d’un appareil de Virgin Airlines. Un vrai plaisir de voler sur cette compagnie où les agents de bord sont magnifiquement vêtus, où l’éclairage de cabine nous donne l’impression d’être importants et où même les verres nous parlent. Pas surprenant quand son propriétaire s’appelle Sir Richard Branson.

Au final, ça n’aura pas été si terrible comme expérience. J’ai entendu bien pire comme histoire… Disons plutôt que ce fût agréable de se laisser guider par le courant.

Ce que j’en conclus: tous les chemins mènent à Los Angeles!

Poursuivre la lecture
Partagez!
21 février 2013
Par Elizabeth Landry

8 jours en vol ça peut être long sauf que...

… on revient aussi avec des histoires à raconter.

Déjà qu’en 8 jours, il s’en passe des choses, imaginez combien il s’en passe en 16 jours (2 fois le même courrier) et ce, en touchant huit aéroports différents à travers le monde. Voyons voir.

YUL-PUJ

Premier arrêt: Punta Cana. On opère le vol de l’aller vers la République Dominicaine et on dort à destination. Court vol de 3 h 45. Rien de fatigant. On pense déjà au souper et à notre choix de cocktail pour la soirée. Bien entendu, je me dis «ce soir, je reste tranquille pour être en forme pour le lendemain». Encore une fois, je me mens à moi-même et je finis à la discothèque de l’hôtel. Heureusement que la quantité d’eau absorbée était proportionnelle à la quantité d’alcool consommé, car le lendemain la plage m’attendait! Ce fut donc une tentative de planche à voile qui aura réussi à endolorir mes muscles pour deux jours. Au moins, j’aurai avivé mon teint basané pour la semaine.

PUJ- YVR- YYC

Après une sieste récupératrice, ce fut déjà le temps de quitter la chaleur du Sud pour la froideur des Rocheuses Canadiennes. Et voilà, nous étions déjà repartis en direction de Vancouver. Plus de 8 heures de vol avec un départ à 18h35. Une fois atterri, pas de dodo pour nous car nous devions nous rendre à Calgary. J’ai récupéré ma clef de chambre vers 5 heures du matin, heure de Montréal.

Le lendemain, une journée de repos nous attendait. Pour le premier courrier, j’ai visionné James Bond SkyFall dans mon lit bien douillet et à ma deuxième visite Argo. J’ai bien aimé les deux films. Le soir, l’équipage s’est rejoint pour déguster un bon steak de l’Alberta. À noter qu’il faut bien mâcher sa bouchée pour ne pas s’étouffer…

Lorsque l’on est agent de bord, une formation en secourisme nous est donnée afin d’intervenir rapidement si l’un de nos passagers s’étouffe. Par contre, les probabilités que cela arrive sur un vol demeurent assez faibles. D’autant plus minces que cela arrive à l’un de nos collègues. Et bien, c’est possible! Je vous laisse imaginer la scène: un agent de bord s’étouffe au restaurant. Il ne tousse plus! L’air ne passe plus! Il faut agir vite! Merci à notre collègue «sauveur», voisin de l’étouffé qui, par la méthode de Heimlich, a comme un pro, chassé le vilain morceau de viande!

YYC-CUN-YYC

La longue journée du courrier, c’est celle-ceci. Enfin, en théorie. Un aller-retour à Cancun depuis Calgary. Temps vol vers Cancun: 4h40. Temps vol au retour: 6h00! Wô! C’est un Montréal-Paris ça! Fatigue à l’horizon.

À bord, nous servons de la bière, de la bière et de la bière. Une fois les Heinekens disparues, c’est au tour des vodkas, des gins et des scotchs d’y passer. En tant que consommation d’alcool, un Albertain, ça n’a pas de fond. En tout cas, pas ceux sur ces vols. Pourtant, ils se tiennent encore bien droits comme une barre après des heures. Ils n’ont même pas l’air un peu bourrés. Au retour, personne ne boit car plusieurs sont… disons…malades! Tourista en vue…

Comment je le sais? Parce que l’un ou l’autre vomit en arrière et aussi parce que je ne compte plus les visites nauséabondes aux toilettes. Au moins, l’équipage est en santé… Mais pas pour longtemps! Une heure avant l’atterrissage à Calgary, voilà que notre collègue «étouffé» de la veille ne se sent pas très bien. Le sandwich d’il y a une heure ne passe pas. Le pauvre! Encore lui. La scène ressemble à ceci: le premier officier va à la toilette. Pendant qu’il fait sa petite besogne, notre collègue «étouffé» alias «collègue mal de coeur», ne peut plus attendre que la toilette se libère. Et HOP! Il déverse tout son liquide verdâtre en plein devant la porte du poste de pilotage. C’est encore une fois collègue «sauveur» qui arrivera à la rescousse pour nettoyer cet inopportun déversement. Peut-on dire que c’est ça l’esprit d’équipe?

YYC-LGW (BHX)

Après un 13h45 en devoir, voilà que nous n’avons que 17 heures de repos avant de s’envoler pendant 8 h 21 vers Londres Gatwick. Nous décollons à 16 h 00, ce qui nous fera arriver à une heure respectable en Angleterre. Enfin, en théorie…

En vol, nous servons du Gingerale et du thé. (Je ne sais toujours pas pourquoi les anglophones boivent du Gingerale, quelqu’un peut m’éclairer?). Les passagers sont relativement sympathiques mis à part 21 C qui commence sérieusement à titiller mes nerfs. J’en parle à ma collègue et elle me répond: «Non! Pas toi aussi!» Finalement, 21 C énerve tout l’équipage! Jamais en tant qu’agent de bord, je n’ai eu l’impression d’être une idiote, mais cette femme a réussi à m’en faire douter pendant un court moment. À chacun de mes passages, elle rit de moi avec sa voisine. J’ai le goût de m’approcher à deux centimètres de son visage et de lui dire: «YOU HAVE A PROBLEM?» Mais à voir ses dents jaunes et à sentir son haleine de cigarette, je n’ai pas le désir de faire quoique ce soit. Mieux vaut l’ignorer.

Nous sommes en descente vers Gatwick. Soudain, le commandant nous informe qu’il y a trop de brume sur la piste et que nous devons attendre qu’elle se dissipe. Nous tournons en rond à 10 000 pieds. Nous pourrons faire cela pendant seulement 18 minutes, car après, le carburant nous manquera. Finalement, nous dévions vers notre aéroport de dégagement, Birmingham, pour refaire le plein et attendre le OK pour atterrir à notre destination. 4 heures plus tard, nous atterrissons à Gatwick. 21 C m’énerve encore.

LGW-AGP

Mise en place vers Malaga le jour suivant. Nous sommes encore crevés de la veille. Nous volons sur Easyjet. C’est toujours un plaisir de voyager sur cette compagnie où les sièges ne s’inclinent pas, où les annonces sont interminables et où l’agent de bord a l’air de Mister Bean. GRRRR!

AGP

C’est la fin du courrier. Maintenant plus qu’une nuit avant de retourner à la maison. En attendant le vol de retour (qui sera sans anicroche) je fais une visite éclair au Corte Inglés afin d’acheter mes 2 bouteilles de vin permises. En chemin, je fais un stop à La Antigua Casa de Guardia pour prendre un vin típico de la région de Malaga.

  

 

Maintenant, c’est le temps des congés bien mérités!

Bon retour:)

P.S. J’aimerais ajouter que le mystère demeure toujours afin de connaître l’identité de la mystérieuse personne qui envoie 12 roses rouges à ma chambre le jour de la St-Valentin…

Poursuivre la lecture
Partagez!
15 janvier 2013
Par Elizabeth Landry

Compte-rendu des premiers vols

Je n’avais pas volé depuis un petit bout de temps…(4 mois au total, ce qui m’aura permis de rédiger mon premier roman qui sera publié chez Libre-Expression à l’automne!) Me voilà maintenant de retour dans les airs. Compte-rendu des premiers vols de janvier.

1- La clientèle

Qui dit janvier dit vols dans le Sud. J’apporte maintenant de joyeux vacanciers se faire dorer la couenne sur une plage idyllique. Les passagers sont donc, en quelque sorte, très différent de mon dernier vol vers Bordeaux. Je dirais que c’est un mélange entre Les Bougon, La Galère et Occupation Double. Un peu de tout, quoi! Ça donne un résultat très intéressant.

2. Les heures de vol

Plutôt que de partir en soirée pour voler toute la nuit vers l’Europe, nous opérons maintenant davantage des vols de jour. Bien sûr, les courriers dans les autres pays existent mais reste que la majorité des vols sont des aller-retour dans la même journée. Nous pouvons donc d’une certaine manière, nous créer une simili routine. Les départs se font donc très tôt le matin ou en après-midi pour revenir tard dans la nuit et avoir la possibilité de retrouver son entrée de garage bloquée par un tas de neige compactée (grrrr!)

Pour ces deux types de vols, il y a deux types d’expérience à bord.

A – Les vols de matin se résument à: lever à 3 am (hum, j’aime moins ça), passagers qui dorment à l’allée (ah, j’aime ça) et au retour, ils boivent moins, ayant pris leur baril d’alcool dans le resort.

B- Vols en après-midi: Un dodo récupérateur. À l’aller, les passagers sont prêts pour les vacances. On peut donc entendre régulièrement des :«Madame! J’peux-tu avoir une bière!» avant le décollage. On s’habitue et on répond: « Désolé, c’est impossible. Seulement après le décollage.» Et on se fait répondre: « Ah! Vous êtes ben pas de party!». Et on dit plus rien… Parce que ça ne sert à rien. Au retour, ils dorment (tant mieux!).

Dans les deux cas, les passagers applaudissent à l’atterrissage. YOUHOU!

3 – La charge de travail

Comme les vols sont maintenant plus courts pour se rendre à la destination, nous n’avons pas de temps pour relaxer. Le positif c’est que les vols passent très très vite. Le négatif c’est que, pour ma part, j’ai mal partout et la journée suivante, j’ai l’air d’une zombie. Mais de toute façon, même après un vol en Europe, je me sens autant zombie. Ça revient donc au même. Il faudrait juste que je m’y fasse.

4. Le melting pot des premiers jours

Voici ce qui me vient en tête en pensant à mes derniers vols

– Des peaux brûlées par le soleil

– Une dame frustrée car son autobus est parti le dernier de l’hôtel. «Ça sert à quoi de voyager avec vous si l’autobus part en dernier de l’hôtel? », m’a t-elle demandé. Je n’ai pas trop compris le rapport entre la compagnie aérienne et l’autobus. Personne n’a de contrôle là-dessus et puis, forcément, un des groupes arrivera en dernier.  Avoir su, j’aurais fait une demande spéciale pour que l’autobus de Madame Unetelle parte en premier…

– Un passager dans la vingtaine avec sa blonde qui lisait un journal style Porno… avec des photos très explicites d’une femme aux gros seins. Désolé, dans un avion, ce n’est pas la place.

– Un passager qui s’est évanoui pour ensuite rester allongé le reste du vol devant la sortie d’urgence. Il s’en est sorti indemne.

-Une femme en pleurs car son mari n’a jamais voulu embarquer à bord de l’avion par angoisse de voler. La femme est partie seule pour leurs vacances. Le bagage du mari a été retiré de la soute et cela a créé un léger retard. C’est pardonné!

Et bien sûr, il y a tous les autres. La femme souriante qui m’a dit merci à chaque fois. La vieille dame qui a souligné son admiration pour notre courage de travailler dans un espace aussi restreint. Le couple à la rangée 44 qui était tellement poli que j’avais le goût de les gâter durant tout le vol. Le passager à 24 H qui était le seul qui était sensiblement “cute” dans l’avion.

Et puis, pour terminer, l’équipage qui sans leur bonne humeur et leurs sujets de conversations inépuisables, ont rendu mon retour au travail agréable. Merci!

Poursuivre la lecture
Partagez!
26 septembre 2011
Par Elizabeth Landry

Inversion des rôles - Je m'assois et servez-moi!

Aujourd’hui, je n’incarnerai pas le rôle de l’hôtesse de l’air. Je me transformerai plutôt en votre «invitée». Je passerai vous rendre visite dans votre humble demeure. Nous dégusterons un délicieux café, mangerons un peu et je repartirai aussitôt. Nous en avons tant à rattraper. Plusieurs années ont déjà passé. Vous serez mon hôte. N’est-ce pas merveilleux?

Vous m’avez invité à me joindre à vous vers les onze heures. Je suis tout énervée. Je me prépare chez moi en pensant à cette belle rencontre que nous aurons cet après-midi. Pendant ce temps, vous terminez les derniers préparatifs. Vous avez nettoyé la cuisine. Vous avez épousseté les bibelots et les tablettes du salon. Vous avez passé l’aspirateur dans tous les coins de la maison. Vous avez acheté de l’eau pétillante, du vin et une bouteille de champagne pour m’impressionner. Vous êtes enfin prêt à m’accueillir.

Il est presque onze heures maintenant et je ne suis toujours pas là. Je ne tarderai pas à arriver. Vous mettez alors une douce musique d’ambiance pour alléger l’atmosphère. Vous êtes angoissé à me rencontrer. Cela fait si longtemps.

Il est onze heures et je ne suis pas là. J’arriverai certainement bientôt. Vous changez la musique pour un rythme plus entraînant. Le temps passe. Toujours aucun signe de vie. Où suis-je? Vous êtes inquiet. Serais-je perdue dans le quartier?

Je finis par me pointer à la porte. Je ne m’étais pas égarée, je prenais seulement mon temps. Pourquoi me presser pour vous? Je vous connais à peine?

Vous m’accueillez avec un grand sourire malgré votre légère déception. Vous êtes souriant et accueillant. Vous semblez être heureux de me voir. Vous m’invitez à l’intérieur. J’entre sans vous saluer.

Nous prenons place au salon. Nous nous asseyons sur les deux fauteuils noirs que vous venez de vous offrir. Vous en êtes si fier. Vous me demandez ce que j’en pense?

«Je n’ai jamais vu des sièges aussi inconfortables et affreux de toute ma vie! Mon ami, ma soeur et mon voisin possèdent des bien meilleurs sièges que vous! », réponds dis-je.

À cette affirmation, vous êtes soudainement choqué, voire triste. Vous croyiez que vous aviez acheté de douillets fauteuils pour vos invités. Pourtant, ces sofas en cuir valent une fortune et ont été dessinés par des experts. Vous passez outre ma critique.

Nous discutons tout de même un brin au salon. Durant notre conversation, je n’arrête pas de vous interrompre.

«Pardonnez-moi, quand allons-nous manger? Quand allons-nous passer à table? J’ai faim!»

Pour tout vous avouer, je m’ennuie. Vous êtes ennuyeux! Manger passerait le temps, voilà tout! Pour me distraire, je me mastique une gomme à mâcher.

Vous sentez mon impatience, mais vous ne pouvez pas vous hâter davantage car la dinde est toujours au four et les patates aussi. Le repas ne sera prêt que dans seulement quinze minutes. C’est le mieux que vous puissiez faire.

Quinze minutes? J’ai certainement le temps de prendre mes aises alors. Je retire donc mes bas blancs afin de faire respirer mes pieds et je les étends sur le pouf en cuir devant mon fauteuil. Mes ongles d’orteils ne sont pas coupés, mais je n’en ai aucune honte. Vous êtes scandalisé.

«Comment ose-t-elle? », pensez-vous.

L’alarme du four sonne. C’est enfin cuit. Vous m’invitez à passer à table. Vous allez chercher la nourriture. Pendant que vous avez le dos tourné, je colle ma gomme à mâcher sous la chaise. Je suis beaucoup trop paresseuse pour me lever et la déposer dans la poubelle de la cuisine. Je ne songe même pas à l’enrouler dans la vieille facture d’épicerie qui traîne dans le fond de mon sac à main. Et puis, qu’est ce que cela peut bien changer? Elle est bien dissimulée, vous n’y verrez que du feu.

Vous revenez de la cuisine avec le repas. Vous déposez sur la table une dinde farcie au fromage de chèvre accompagnée de patates au four et de pleurotes grillés. Je vous regarde avec mépris.

«Je n’aime pas le fromage de chèvre! Vous n’auriez pas autre chose?»

Vous bégayez maladroitement que vous n’avez rien d’autre à m’offrir. Je rétorque que je ne mangerai pas. Je préfère rester le vendre vide que de manger cette dinde infecte. Vous êtes peiné de ne pas pouvoir répondre à mes désirs. Vous n’aviez vraiment pas imaginé cette situation déplaisante. Cela dit, vous ne montrez aucune émotion. Je suis tout de même encore votre invitée.

Comme les choix manquent, j’accepte de me soumettre aux petites patates et aux pleurotes. Je picosse dans mon assiette. J’ai faim mais par orgueil et frustration, je refuse de manger. Je veux vous montrer que vous n’êtes pas à la hauteur de ma personne. Au mieux, le dessert me rassasiera.

À la fin du repas, vous vous approchez à mes côtés pour me desservir. Soudain, j’ai une soudaine envie d’uriner. Je ne peux pas patienter. Je me lève et vous pousse. Vous êtes sur mon chemin! Dégagez! À cet instant, vous manquez de tomber et de renverser les assiettes au sol.

Je marche rapidement vers le fond de la pièce. Où sont toilettes? J’entre dans la cuisine. Elles n’y sont pas. Je cherche dans le placard. Elles n’y sont pas. Je m’arrête un instant et je réfléchis. Ah! Les voilà!

Une fois à l’intérieur de la salle de bain, je prends la position adéquate pour uriner. Par hygiène, je ne dépose pas mon fessier sur le siège de toilette. Je m’empresse d’évacuer le nécessaire. Un vrai plaisir et quel soulagement! Une fois terminée, je réalise que j’ai laissé ma trace tout autour du siège. Je n’ai aucune intention de nettoyer cette urine qui est MIENNE sur cette toilette qui est VÔTRE. Ce n’est pas ma toilette! C’est VOTRE toilette!

Je nettoie mes mains et les essuient rapidement. Maintenant, il est temps de jeter ce papier mouillé dans la poubelle. Cependant, je ne la vois pas. Pour être honnête, je ne regarde pas vraiment autour de moi. Je jette alors mon papier à main humide sur votre plancher. Vous le ramasserez. C’est VOTRE salle de bain après tout!

Je reviens à table comme si de rien n’était. Deux heures ont maintenant passé et j’en ai assez d’être ici. Je veux m’en aller. Sans même vous offrir de l’aide pour ramasser, je me lève et me dirige vers la porte. Pourquoi vous donnerais-je le moindre coup de main? C’est vous qui m’avez invité! C’est VOTRE maison, pas la mienne!

Sans même vous dire MERCI, je franchis la porte sous votre regard ébahi.

Vous n’arrivez pas à comprendre ce qui vient de se passer. Vous m’avez invité dans votre maison et avez pris soin de moi. Vous m’avez préparé à manger et avez fait de votre mieux. Cette maison vous la chérissez. Comment puis-je agir de la sorte? 

Et si cette maison était un avion, votre avion? Mes agissements seraient-ils alors plus acceptables?

Poursuivre la lecture
Partagez!
26 juillet 2011
Par Elizabeth Landry

Dans un avion, le jus d'orange ne sent pas l'orange

Je vous ai déjà parlé du jus de tomate? Et bien, maintenant c’est le temps de vous parler du jus d’orange!

Pour la plupart des agents de bord, servir du jus de tomate est une activité répugnante, désagréable voire horrifique! Les raisons de cette aversion, je vous les ai déjà expliquées dans mon tout premier article. Je vous laisse donc le lire pour tout comprendre. Là où je veux en venir, c’est qu’en comparaison au jus de tomate, le jus d’orange nous répugne tout autant, mais pas pour les mêmes raisons…

En réalité, le jus d’orange est la boisson idéale pour une hôtesse de l’air. Il est facile et rapide à servir. Beaucoup de gens en boivent et nous en avons toujours à bord. De plus, nous n’avons pas besoin d’y ajouter des glaçons. Donc, pas de deuxième étape à franchir et pas de temps de perdu. Bref, si ce n’était que de moi, il n’y aurait que du jus d’orange dans l’avion! Maintenant, vous vous demandez sûrement pourquoi le jus d’orange nous répugne autant alors?

Et bien, ce n’est pas le jus d’orange en lui-même qui nous dégoûte mais ce qu’implique le moment de le servir. Je m’explique.

La société est routinière. Pour une grande majorité, vous vous levez le matin et prenez le petit-déjeuner. Ensuite, vous allez travailler. Ensuite, vous dînez ou (déjeunez) et allez travailler. Ensuite, vous soupez. Ensuite, vous vous amusez un peu. Ensuite, vous dormez. Et ça recommence le lendemain.

Pour chaque étape de la journée, des éléments reviennent généralement d’un jour à l’autre afin d’apporter un peu plus de stabilité dans votre vie.  Le jus d’orange fait partie de l’un de ses éléments récurrents du petit-déjeuner qui, lorsque consommé, rappelle le lever du soleil et la belle journée qui commence! 🙂

Lorsque vous voyagez vers l’est, disons en Europe, votre routine sera perturbée sans aucun doute. Vous allez traverser quelques fuseaux horaires et à votre arrivée à destination, votre corps sera déboussolé. Pour aider votre adaptation, les compagnies aériennes proposent pour la plupart une sorte de routine une fois à bord. Comme la majorité des vols vers l’Europe depuis le Canada partent généralement le soir, nous pouvons suivre votre train-train quotidien: souper/dodo/petit-déjeuner.

Par conséquent, après le décollage, nous vous offrons le plus tôt possible un repas. Nous essayons de terminer nos services rapidement afin de vous laisser dormir. Légèrement rassasié, vous vous endormez. Certains passagers bougent alors sans arrêt, d’autres se lèvent à chaque heure pour nous demander quelque chose ou certains dorment vraiment.

Au bout d’un moment, c’est le quasi-silence. Tout le monde ronfle. Les enfants ont le cou mou et tordu. Les femmes sont étendues sur leurs maris et les maris ont la bouche pendue jusqu’aux oreilles.

Nous traversons alors l’Atlantique. Les heures de vol s’écoulent peu à peu et le soleil se lève déjà à l’horizon. Nous, hôtesses de l’air, parlons et marchons dans les allées pour voir si tout va bien. Les gens dorment encore. Les hublots fermés, un filet de lumière traverse la cabine. C’est déjà le matin. Pourtant, il fait nuit à Montréal. Nous atterrirons dans moins de deux heures. Voilà déjà le temps du petit-déjeuner!

Je sais que vous êtes fatigués mais pour s’accoutumer rapidement mieux vaut s’adapter aussitôt à l’heure du pays!

Hôtesse de l’air: « Mesdames et Messieurs, il est 9h à Rome et nous atterrirons dans maintenant 1H45 minutes. Dans un instant, nous passerons dans les allées pour vous offrir un petit-déjeuner accompagné de jus d’orange, café et thé. Si vous voulez manger, s’il vous plaît, veuillez abaisser votre tablette. Merci et bon matin!»

Le jus d’orange sera bientôt servi. Sous peu, nous circulerons dans les allées et votre réveil se fera indéniablement. Nous allons nous aventurer dans cette cabine remplie de passagers, qui, il y a quelques minutes, dormaient à point fermé depuis quelques heures. Nous devons le faire. Nous en sommes obligés!

Pour vous offrir votre jus d’orange, nous irons à votre rencontre. Quelque trois cents passagers attendent, comme vous, le ventre vide. Le dernier repas remonte à il y a quelques heures. Et vous qui s’étiez endormi sans même vous brosser les dents. Et que dire de vos trois cents voisins qui se réveillent également dans cette même seconde?!

Tous sont là, la bouche ouverte, prêts à engloutir un jus d’orange et une petite brioche.

À cet instant, au moment de servir votre jus d’orange, la cabine s’imprègne d’une odeur chaude, suffocante et répugnante. C’est l’odeur du matin qui nous envahit. Je suis attaquée!

Ça y est, dans l’avion, le jus d’orange ne sent assurément pas le jus d’orange!

Poursuivre la lecture
Partagez!
27 mai 2011
Par Elizabeth Landry

Où sont passés les hommes courtois du Québec?

Un avion est une réplique de la société. À chaque vol, je suis témoin de comportements humains qui représentent assez bien la population.  Il m’arrive à plusieurs occasions d’être choquée par les agissements des passagers mais mon but n’étant pas de les éduquer, je reste impassible et je me contente de leur sourire.

Pourtant, bien que ne puisse pas leur dire ce que je pense, je suis déstabilisée après coup. Je réalise que ce qui me décourage vraiment n’est pas de servir tous ces gens mais de les voir plutôt sous leurs vrais visages. Un visage qui représente la société dans laquelle je vis. Un visage souvent individualiste largement accepté à notre insu.

J’ai évidemment une image en tête lorsque je parle d’individualisme. Je ne désire pas soulever la polémique ici, car bien sûr, plusieurs me diront qu’ils sont altruistes, empathiques et dignes d’être aimés, mais j’ai envie de vous faire part d’un comportement récurrent à bord et qui, à mon humble avis, témoigne d’un manque de respect pour l’être aimé au sein de nombreux couples.

En fait, selon mes observations, un phénomène de non-courtoisie persiste auprès des hommes québécois.

Comment puis-je affirmer une telle chose? Et bien, c’est grâce à un petit test tout simple appelé LE TEST DU VERRE DE PEPSI POUR LA COURTOISIE que j’en suis arrivée à cette conclusion.

Selon mes expérimentations, ce sont les hommes québécois âgés entre 20 et 40 ans qui auront davantage tendance à échouer l’épreuve. En contrepartie, les hommes plus âgés, italiens, anglais ou espagnols passeront haut la main. Il semble que ces derniers soient plus courtois et plus attentionnés envers leur dulcinée que nos hommes du Québec. Allez savoir pourquoi?! L’enquête est toujours en cours 🙂

Mon but n’étant pas de comprendre le pourquoi du comment, je vous laisse le choix d’en tirer vos propres conclusions. Je vous présente donc le TEST DU VERRE DE PEPSI POUR LA COURTOISIE. Une épreuve insignifiante, j’en conviens, mais qui en dit long sur qui vous fréquentez.

LE TEST DU VERRE DE PEPSI POUR LA COURTOISIE

Cette épreuve ne peut être imposée à tous les hommes dans l’avion. Quelques critères d’admissibilité doivent être observés pour être éligibles à ce test.

Critères d’admissibilité:

# 1: Le candidat doit être de sexe masculin.

# 2: Le candidat doit être accompagné de sa compagne, copine, blonde, femme ou maîtresse.

# 3: Le candidat doit être assis à côté de sa compagne. Il doit être assis le près possible de l’allée, la compagne étant la personne la plus éloignée de l’hôtesse de l’air.

# 4: Le candidat et sa compagne doivent boire la même chose.

La première étape consiste à partir avec les chariots dans les allées afin de servir à boire aux passagers. Avertissement: il faut s’user de patience car il se peut que plusieurs d’entre vous ne soient pas admissibles au test.  N’oubliez pas, les quatre critères doivent être respectés. Pas un! Pas deux ! LES QUATRE! En vérité, VOUS êtes celui qui décidera de participer à l’épreuve, et ce à votre insu.

Je vous mets en situation. Disons que vous êtes dans l’avion. J’avance avec mon chariot. Je m’arrête à votre rangée. Vous êtes un homme qui s’appelle Jonathan. CRITÈRE # 1 RESPECTÉ!

Vous êtes Québécois. Vous vivez en région éloignée ou en ville. Peu importe! Vous avez trente-quatre ans. Vous êtes en couple. Marié? Je ne crois pas. Conjoint de fait? Probablement. Vous voyagez avec votre copine. CRITÈRE #2 RESPECTÉ!

Elle est assise près du hublot. Vous êtes assis près de l’allée. CRITÈRE # 3 RESPECTÉ!

Je vous regarde tous les deux et vous demande ce que vous aimeriez boire. Vous me répondez: deux verres de Pepsi. CRITIÈRE # 4 RESPECTÉ!

Ça y est, vous êtes éligible! Le test peut commencer.

Notez que Jonathan et sa copine auraient bien pu boire deux verres d’eau, deux cafés ou deux «je ne sais quoi». L’important c’est que les deux demandent la même boisson.

Je verse du Pepsi dans le premier verre. Comme je suis dans l’allée, il m’est naturellement plus facile de donner le premier verre à la personne qui est assise le plus près de moi. J’évite les déversements sur les passagers en distribuant les liquides ainsi. C’est une simple logique qui me semble assez évidente. J’assume qu’instinctivement tout le monde devrait comprendre ça et faire la distribution par la suite. NON?

Pourtant, Jonathan ne semble pas comprendre le principe. Je lui donne le premier verre de Pepsi. Je le lui donne à lui car il est celui assis côté allée mais aussi parce qu’il est mis à l’épreuve.

Je teste l’attention qu’il porte envers la belle demoiselle qui lui tient la main.  Il a une amoureuse qui l’adore, mais sait-il vraiment qu’elle existe?

Et bien, il semblerait que non! Jonathan, ce beau jeune gaillard québécois, prend le premier verre de Pepsi dans ses mains. Il ne le passe pas. Il le garde pour lui! Ce verre était pourtant destiné à sa belle éloignée. Elle n’a toujours rien à boire et voilà que Jonathan a déjà les lèvres trempées dans le Pepsi glacé! Et sa douce?

Au risque d’accrocher la tête de Jonathan, j’allongerai donc mon bras vers sa dulcinée afin de lui servir le second Pepsi…

Jonathan vient d’échouer au TEST DU VERRE DE PEPSI POUR LA COURTOISIE…

Et vous mesdames? Aimeriez-vous être accompagnées d’un Jonathan?

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Poursuivre la lecture
Partagez!
10 mai 2011
Par Elizabeth Landry

Les passagers qui criaient au loup

Vous connaissez cette fable du petit garçon qui s’amusait à crier au loup afin d’attirer l’attention des villageois et qui à force de répéter ces fausses alertes ne fut pas secouru lorsque le loup arriva vraiment au village? Cette histoire n’est peut-être bien qu’une histoire, mais elle soulève tout de même un point: lorsque le danger est inexistant, n’en exagérez pas l’importance, car vous risquez de ne pas être écouté le jour où vous serez en véritable danger…

Bien que vous connaissiez déjà ce conte pour enfants et que vous soyez convaincu d’avoir compris la morale derrière la fable, j’ai tout de même envie de vous la raconter une autre fois…

L’histoire des passagers qui criaient au loup dans l’avion.

Il était une fois des passagers qui s’aventurèrent dans un avion. D’un air fébrile, ils avançaient tranquillement dans l’allée. Plusieurs d’entre eux étaient déjà monté à bord de l’un de ces engins volants auparavant mais ils semblaient l’avoir oublié. Les hôtesses de l’air voyant les passagers désorientés les aidèrent patiemment à s’asseoir et à ranger leurs énormes bagages.

Une fois bien assis dans leurs sièges, hommes, femmes et enfants débordaient d’énergie. Les yeux tous ronds, ils regardaient les autres passagers s’installer. L’embarquement semblait durer une éternité. Un vrai supplice! Que pouvaient-ils faire pour passer le temps?

C’est alors qu’ils se mirent à toucher à tout. De la pochette du siège avant aux magazines à l’intérieur, à la carte de sécurité, au sac à vomissure jusqu’à la gomme à mâcher enrobée dans un bout de vieux papier journal. Soudain, de par toute cette agitation, l’un d’entre eux accrocha par mégarde le bouton d’appel situé sur l’accoudoir du siège.

À cet instant, une sonnerie se fit entendre à travers l’avion. Les hôtesses de l’air qui étaient affairées à aider d’autres passagers firent une pause afin de voir de quel siège provenait l’appel. L’indicateur afficha 12 E.

Sensible au bien-être de ses hôtes, l’une d’entre elles accourra rapidement vers le passager qui avait demandé de l’aide.

Hôtesse de l’air: «Tout va bien ici?»

Passager à 12 E: «Hum…oui.»

Hôtesse de l’air: «Ah! D’accord, c’est que vous avez réclamé notre aide en appuyant sur le bouton d’appel sur votre accoudoir…»

Passager à 12 E: «Non, non, ce n’est pas moi. Je n’ai rien touché

Hôtesse de l’air: «Pas de problème alors. Fausse alerte. Désolé

Et elle annula l’appel crée par le bouton du siège 12 E qui s’était allumé miraculeusement avec l’aide du Saint-Esprit.

Quelques minutes plus tard, une autre sonnerie résonna dans l’avion. Et puis, une autre. Et une autre. DING-DONG par-ci et DING-DONG par-là, voilà que cinq passagers venaient de réclamer de l’attention en dix secondes.  Les hôtesses de l’air affairées à aider d’autres passagers partirent à la rescousse. L’une d’elles se dirigea vers le milieu de l’avion là où la plupart des lumières s’étaient allumées.

Hôtesse de l’air: «Tout va bien? Vous aviez besoin de quelque chose?»

Le passager regarda l’agent de bord d’un air stupéfait. Tout allait bien. Qu’avait-il fait pour mériter cette douce attention? C’est alors qu’il saisit l’occasion.

Passager: «Je prendrais un verre d’eau.»

Fausse alerte alors! L’hôtesse de l’air prise au dépourvu par la demande n’eut d’autre choix que d’acquiescer. Elle éteignit la lumière du bouton d’appel qui avait été encore une fois enclenché par mégarde et partit chercher le précieux verre d’eau.

L’avion décolla. Une fois bien en vol, une autre sonnerie retentit. Cette fois-ci sans dérougir. DING-DONG! DING-DONG! DING-DONG! DING-DONG! Que se passe-t-il? «UNE URGENCE!», pensa l’équipage. Un passager ferait-il un arrêt cardiaque? Une femme serait-elle prise de panique? Vite, vite, à la rescousse!

L’une des agents de bord avança rapidement vers la lumière allumée qui ne cessait de clignoter. DING-DONG! DING-DONG! DING-DONG! Qu’allait-elle découvrir? Un homme inconscient accompagné de sa femme en pleurs et qui dans l’espoir de sauver son mari était en train d’appuyer sur le bouton d’appel à la vitesse de l’éclair?

    

L’hôtesse de l’air le coeur battant se voyait déjà demander l’aide d’un médecin à l’interphone. Plus elle avançait vers le siège en question plus elle entendait le DING-DONG retentir de plus belle.

C’est alors qu’elle arriva enfin à destination. Curieusement, aucun homme n’avait perdu connaissance. Personne ne vomissait sur le plancher. Aucune femme n’était prise de panique non plus. Qui pouvait bien appeler à l’aide alors?

C’est alors que l’hôtesse de l’air remarqua un petit enfant au sol. Il devait avoir quatre ou cinq ans. Il avait les deux mains pendues sur l’accoudoir du siège de ses parents qui le regardaient émerveillés. Le petit homme n’avait probablement jamais vu un accoudoir de sa vie. C’était tout nouveau pour lui. Et que dire de tous ses boutons émettant des bruits lorsqu’on les touche! Rien de plus divertissant pour un enfant! Mais fausse alerte pour la millième fois!

Croyez-vous que l’hôtesse de l’air accourra rapidement la prochaine fois que la sonnerie retentira?

Poursuivre la lecture
Partagez!
7 mars 2011
Par Elizabeth Landry

Pédant un jour, mais pas pour toujours

Sur terre, il y a toutes sortes de monde pour faire un monde. Dans les airs, il y a toutes sortes de passagers pour remplir un avion. Souvent, et ce malgré vous, vous serez voués à côtoyer votre antonyme. Les gentils côtoieront ainsi les méchants et les généreux partageront leurs biens avec les égoïstes. Les impatients attendront en ligne derrière des plus patients et les simplistes s’assiéront aux côtés de quelques pédants.

Les pédants? Je parle ici de ces gens vaniteux, imbus d’eux-mêmes qui se croient tout permis dans la vie. En général, ils sentent l’arrogance à plein nez. Ils sont humains tout comme vous, mais selon EUX, ils sont plus que cela. Ils proviennent d’une dynastie supérieure et personne ne leur arrive à la cheville. Ils se croient le centre de l’univers et lorsque vous leur adressez la parole, ils vous jettent un air de supériorité à toute épreuve. Bref, selon eux, le monde est à leur merci.

Rassurez-vous, car une fois assis dans l’avion, toute cette attitude royale s’envolera une fois le vol bien entamé. Ces pédants, que nous surnommerons aujourd’hui Monsieur ou Madame P, redeviendront de simples humains comme tous et chacun, et ce, à leur insu.

Me chargerai-je de les remettre à l’ordre? Jamais. Je laisserai plutôt la nature s’en charger…

Qui sont Monsieur P et Madame P?

Voilà que l’embarquement est lancé. Monsieur P entre. Comment pourrais-je être certaine que c’est bien lui qui se trouve devant moi?

Évidemment, s’il m’avait dit : « Bonjour, je m’appelle Monsieur P », j’aurais su immédiatement que j’avais affaire à lui. Par contre, avouez que si Monsieur P s’était vraiment présenté ainsi, il aurait été un imposteur, car Monsieur P ne dit jamais bonjour.

En revanche, voilà ce que Monsieur P me répond lorsque je lui demande sa carte d’embarquement en entrant dans l’avion : « Mon siège est 8 A. Je sais où aller ! ».

En résumé : « Je connais la configuration de cet avion. Je voyage tous les jours. Ce n’est surtout pas vous qui me direz où aller m’asseoir. Je refuse de vous montrer ma carte ! ». Sans aucun doute, j’ai affaire à Monsieur P.

Après insistance, il me montre ce que je demande, soupire, lève les yeux, murmure un commentaire imperceptible mais suffisamment notable pour me faire sentir stupide, et part s’asseoir à son siège royal.

Nous décollons. L’avion monte en altitude… 10 000 pieds, 20 000 pieds, 30 000 pieds, 40 000 pieds. Nous atteignons notre altitude de croisière. La cabine est maintenant pressurisée à 8000 pieds         (2 440 mètres). L’atmosphère à l’intérieur de l’avion est maintenant la même que celle que l’on retrouve au sommet d’une petite montagne. Du haut du mont Sinaï en Égypte, Monsieur P respire un air ayant une plus faible teneur en oxygène qu’au sol. Le sang circulant dans ses veines est maintenant un peu moins oxygéné qu’il en a l’habitude. Pourtant, il n’en ressent toujours pas les effets immédiats et il demande toujours un traitement royal.

Voilà que Monsieur P refuse de remonter son siège pour accommoder le passager derrière lui durant le repas. Lorsque je lui sers son verre d’eau, il ne tend pas la main vers moi pour le ramasser. Il se contente plutôt de fixer le verre de ses yeux perçants et de diriger son regard vers la tablette. Ma main n’a d’autres choix que de suivre le mouvement de ses yeux vers la table et de déposer le verre où il le désire. Si j’attendais qu’il le prenne, cela prendrait une éternité alors je préfère laisser mon orgueil de côté et jouer l’esclave. Monsieur P joue du coude avec son voisin. L’accoudoir qu’il devrait partager avec lui est le sien. Pas de partage !

Et que dire de Madame P?

Elle est une chanteuse assez connue et voyage vers Paris en classe économique. Elle demande une bouteille de vin à l’agent de bord.

Hôtesse de l’air : « Ce sera six dollars, s’il vous plaît. »

Madame P : « Pour vrai? »

L’hôtesse de l’air un peu confuse répond : «  Hum…oui c’est six dollars… »

Madame P : « Ben, vous ne savez pas qui je suis ? »

Hôtesse de l’air : « Ouf, désolée ! Êtes-vous une amie d’une de mes collègues? La copine? La femme du président de la compagnie? »

Madame P : «  NON ! Je suis X ! »

Hôtesse de l’air : « Qui? »

Madame P : « X, la chanteuse ! »

Hôtesse de l’air : « Non, désolée, je ne connais pas X et c’est six dollars ! »

Madame P paya la note insultée. (Quelle artiste québécoise aurait bien pu agir de la sorte?)

La transformation de Monsieur P

Le vol maintenant bien entamé, notre passager chéri devient alors moins exigeant. L’énergie dépensée à jouer son précieux personnage semble s’esquiver. Les effets de l’altitude se font maintenant ressentir. Le corps de notre bon vieux gaillard ne demande que du répit. Il laisse tranquillement toute cette supériorité de côté pour faire place à sa vraie nature humaine.

Ses paupières deviennent lourdes et il s’assoupit. Sa tête s’affaisse d’un côté ou de l’autre du siège. Petit à petit, il s’endort. Les bruits ne le dérangent plus. Sa bouche s’entrouvre millimètre par millimètre. Son maxillaire inférieur s’alourdit et son menton vient toucher sa poitrine. Sa langue, bien à découvert, s’assèche. Ses glandes salivaires déclarent soudainement l’urgence et se mettent à sécréter un amas de bave aqueuse. La salive s’accumule dans sa cavité buccale. Plus les minutes passent, plus la tête de Monsieur P est attirée vers le côté. Et BOOM ! Elle tombe directement sur l’épaule de son voisin qui reste soudainement bouche bée et immobile.

L’amas de substance gluante qui s’accumulait dans la bouche de MonsieurP se déverse maintenant goutte à goutte sur les vêtements du voisin…

Qu’êtes-vous devenu Monsieur P ? Auriez-vous oublié votre statut ? Comment un homme de votre rang peut-il s’endormir d’une telle manière ?

Oh, je sais ! Vous êtes humain, voilà tout !

Poursuivre la lecture
Partagez!
30 janvier 2011
Par Elizabeth Landry

Les miraculés de l'aviation

Cette semaine, j’ai traversé l’hémisphère nord dans toutes les directions: du Panama à l’Ouest canadien en passant par la République Dominicaine. En trois jours, j’ai eu la chance de boire un mojito dans le casco viejo à Panama City et d’en boire un autre à Punta Cana. Il n’y a rien à dire là-dessus, ça arrive, c’est mon travail.

Cependant, ce voyage m’a permis de m’épanouir spirituellement. Croyez-le ou non, j’ai été témoin d’un MIRACLE lors de mon dernier vol. Je vous le dis, il y a des phénomènes que la science ne pourra jamais expliquer…

Tout commença lors de l’embarquement. Nous étions à Edmonton et nous nous préparions à nous diriger vers le soleil chaud de la République Dominicaine. Il était six heures du matin. Comme toujours, nous avions invité les passagers à mobilité réduite à embarquer les premiers.

Cette procédure est largement employée par toutes les compagnies aériennes et est d’ailleurs très appréciée, car elle assure un embarquement prioritaire aux personnes ayant besoin d’assistance. Comme ces dernières entrent avant les autres, les agents de bord ont le temps de les aider, les bagages sont vite rangés et les autres passagers peuvent ensuite circuler plus rapidement dans les allées.

J’entends l’une de mes collègues m’appeler. Elle a besoin d’aide car à la barrière s’alignent six fauteuils roulants. Je m’avance vers la porte. Je suis prête à accueillir ces hommes et dames qui peuvent à peine marcher. Mes biceps se gonflent à bloc. Je devrai faire preuve d’endurance. D’un bras j’attrape la main de la première dame et de l’autre, je soulève ses grosses valises. Nous avançons main dans la main vers le siège qui lui est assigné. De peine et de misère, elle marche derrière moi. Sa fille suit les mains vides. Jusqu’ici aucun MIRACLE.

Toutes ensemble, à pas de tortue, nous parcourons l’allée. J’ai l’impression qu’à tout moment, je devrai bondir pour empêcher cette dame de tomber. Ses souliers traînent au sol. J’entends le frottement de ses semelles chauffer le tapis. Je jurerais même qu’elle porte de grosses pantoufles en phentex.

Son poids pèse dans ma main. Mes muscles commencent à surchauffer. Je lui demande encore une fois son numéro de siège. Elle ne semble pas m’entendre. J’ai soudainement un éclair de génie: 17A! Je me concentre et fixe mon but. Nous nous rapprochons de plus en plus de ladite rangée. OUF! Nous y parvenons enfin!

Je dépose ses grosses valises au sol. «Je les rangerai une fois que ces deux passagères seront assises», me dis-je. Je regarde ma pauvre dame s’installer à son siège. Elle semble être sur le bord de s’évanouir. Je reste aux aguets. D’une main elle s’appuie sur le dossier voisin et de l’autre sur le dossier d’en avant. Sa fille reste derrière elle, ébahie. Jusqu’ici aucun MIRACLE.

Une fois mes deux passagères assises confortablement, je ramasse les grosses valises une à une. Je les range en haut, en bas, partout. Mis à part cette sueur qui s’échappe d’en dessous de mon soutien-gorge (et qui enlève par la même occasion ma fraîcheur d’avant vol), je termine ma tâche sans embûches.

Avant de leur souhaiter un bon vol,  je précise à ma chère dame qu’un fauteuil roulant l’attendra à son arrivée à Punta Cana et qu’elle devra ainsi attendre que tous les autres passagers descendent. Je viendrai la chercher au moment opportun.

Elle acquiesce.

Je retourne à l’avant afin de voir si quelqu’un d’autre a besoin de moi. L’embarquement général a été lancé. Tous les passagers à mobilité réduite ont été aidés par mes collègues. Un vent d’antifraîcheur parcourt l’avion. C’est parti, nous décollons!

Le vol se passe bien mais toujours aucun MIRACLE à l’horizon…

Nous atterrissons tout en douceur sur la piste.

Hôtesse de l’air: «Mesdames et Messieurs, bienvenue à Punta Cana! Il est 16 h 10 et la température extérieure est de 28ºC. Tous les passagers nécessitant de l’assistance sont priés de demeurer assis jusqu’à ce que les autres passagers soient descendus. Nous vous assisterons ensuite avec plaisir (…)».

ET LE MIRACLE SURVINT!

Les passagers sans assistance ayant maintenant tous descendu, les agents au sol apportèrent en bas de l’escalier les six fauteuils roulants destinés à nos passagers à mobilité réduite.

Je me rendis alors dans la cabine afin d’aviser ma dame et les autres qu’ils pouvaient maintenant débarquer à leur tour.

À mon grand étonnement, nulle âme ne fit surface. Je me rendis alors au siège 17A. Ma chère dame serait-elle tombée sous les sièges? Toujours aucun signe de vie, pas même une fourmi.

Mais où sont passés mes passagers qui s’apprêtaient à tomber à tout moment?

DISPARUS? OUI, ET MIRACULÉS PAR LA CHALEUR DU SUD!


Poursuivre la lecture
Partagez!
6 janvier 2011
Par Elizabeth Landry

La patience est une vertu qui ne s'acquiert pas dans un avion.

Un avion est une réplique de la société. Tous les comportements humains s’y retrouvent: des plus altruistes aux plus égoïstes.

L’impatience que vous éprouvez au volant de votre voiture durant les heures de pointe possède elle aussi une jumelle à bord. Je vous présente L’IMPATIENCE VERSION AVION.

Nous venons de décoller. Dix minutes ont passé. Quinze maximum. Il reste encore quatre heures de vol et tous les sièges sont occupés. Nous avons plus de 350 passagers à bord. Beaucoup de passagers et donc beaucoup de demandes.

Je dois me rendre à l’arrière de l’appareil. Cette épreuve me semble réalisable. Pourtant, un doute flotte dans mon esprit. Lequel?

J’entreprendrai mon périple à la rangée 1 située complètement à l’avant de l’avion. Je sais qu’en théorie, je devrai terminer à la rangée 43. Pourtant, j’avoue que je n’ai aucune idée du temps qui s’écoulera entre ces deux nombres. Que se passera-t-il entre la rangée 1 et la rangée 43? Mystère et boule de gomme.

Avant mon départ, je calcule mes chances de réussite. Une rangée compte trois passagers de chaque côté d’une allée. Cela fait donc 6 passagers dans une rangée . Il y a 43 rangées. Je risque de me faire intercepter 258 fois. Bref, j’ai 7 chances sur 10 d’être arrêtée en chemin par quelqu’un.

Je laisse mon sort entre les mains du destin. J’arriverai quand j’arriverai!

Je m’élance. D’un pas décidé, je passe la rangée 1-2-3. Je franchis le rideau en me dirigeant vers mon objectif. Je marche bien droite. Je ne veux montrer aucune faiblesse. Je suis maintenant à la rangée 10. J’ai réussi à passer dix rangées les deux doigts dans le nez!

J’ai le goût de laisser transparaître ma joie. Je me ressaisis immédiatement. Je me dis: «Hey, la p’tite, il te reste encore trente autres rangées. Je ne serais pas aussi positive à ta place!».

Et j’ai bien raison de me dire cela, car voilà que survient l’inévitable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Monsieur 12 D m’accroche par le bras: « (Désolé) (Pourrais-je) (Serait-il possible) Une autre carte de douane! (S.V.P) (Merci) (De rien)»

Je poursuis ma course vers l’arrière.

Je note dans ma tête la demande numéro 1: CARTE DE DOUANE.

Je poursuis ma descente. 12-13-14.

Soudainement, une dame m’intercepte d’un ton fort.

Madame 14 A: « (Désolé) (Pourrais-je) (Serait-il possible) Des écouteurs, vous m’avez oublié! (S.V.P) (Merci) (De rien)

Je note dans ma tête la demande numéro 2: ÉCOUTEURS.


Je continue l’épreuve. 14-15-16-17-18-19-20. Un enfant m’arrête à son tour.

Enfant 20 C: « Pourrais-je avoir un sac de jouets comme mon frère?»

Je note dans ma tête la demande numéro 3: SAC DE JOUETS.

Mes espoirs sont maintenant anéantis. J’ai déjà trois demandes et je n’en suis qu’à la moitié de l’avion. Je garde pourtant l’espoir d’atteindre mon but rapidement. Je franchis maintenant le cap de la trentième rangée!

Voilà que je regagne soudainement confiance. Je me dis: «L’épreuve n’était pas si difficile que cela finalement».

Encore une fois, j’aurai parlé trop vite! Madame 31 C m’intercepte. Elle est accompagnée de son mari à 31 B. Ils ont quelques questions pour moi.

Madame 31 C et Monsieur 31 B: «On écrit quoi à NATIONALITÉ? C’est quoi qu’ils veulent dire par PORT D’EMBARQUEMENT? C’est quoi le numéro du vol?»

Je passe un instant avec eux. Je leur mentionne qu’ils sont Canadiens et qu’ils ont bel et bien embarqué à Montréal…

Je poursuis ma route vers mon objectif. 31-32-33-34-35

C’est à cet instant, lorsque je croyais atteindre mon but sans trop d’embûches, qu’un bombardement survint.

UN CRAYON! UN VERRE D’EAU POUR UN MÉDICAMENT! UN AUTRE VERRE D’EAU! DES ÉCOUTEURS!

J’arrive à l’arrière un peu mêlée. Une comptine retentit dans ma tête.

«Quand je vais au marché, je mets dans mon petit panier: une carte de douane, des écouteurs, un sac de jouets, un crayon, un verre d’eau, des écouteurs. »

Je ramasse tout ce dont j’ai besoin. J’essaie de faire vite car ma mémoire a ses limites. Je chante encore.

«Quand je vais au marché, je mets dans mon petit panier: une carte de douane à Monsieur 12 D, des écouteurs à Madame 14 A, un sac de jouets à Enfant 20 C, un crayon à lui, un verre d’eau à l’autre, des écouteurs à la dernière rangée!»

Voilà que je suis enfin prête à faire les distributions. Je remonte.

LES VERRES D’EAU. LE CRAYON. LES ÉCOUTEURS.

Je remets le SAC à 20 C. Je remonte à 14 A et lui tends les ÉCOUTEURS.

Il ne me reste plus que Monsieur 12 D. Je suis une vraie championne! Moins de dix minutes se sont écoulées. Il reste encore plus que trois heures de vol.

J’arrive à Monsieur 12 D. Je suis prête à lui rendre cette carte qu’il m’a demandée il y a quelques minutes.

Vous savez, cette carte de douane que je me suis efforcée de garder en mémoire depuis le tout début. Oui, cette même carte de douane qu’il a encore trois heures pour remplir.

Je lui tends la carte. Il me regarde surpris. J’aperçois sur sa tablette une carte déjà dûment remplie.

Monsieur 12 D: «Vous n’arriviez pas alors j’ai demandé à quelqu’un d’autre…»

En effet, la patience n’est pas une vertu qui s’acquiert dans un avion!

Poursuivre la lecture
Partagez!
22 décembre 2010
Par Elizabeth Landry

Au Québec, il fait FRETTE en hiver

Hôtesse de l’air: « Mesdames et Messieurs, je vous souhaite la bienvenue à l’aéroport de Montréal. Il est actuellement 13h et la température extérieure est de – 10 degrés Celsius. Pour votre confort et sécurité, veuillez demeurer assis avec la ceinture attachée et vos bagages rangés…»

Passager: «QUOI! BAHHHHHH! ARK! GRRRR! OUF! Mon dieu, Guétan, il fait – 10 degrés Celsius dehors! »

Le passager me regarde complètement dérouté.

Passager: « Il fait tellement froid. On est pas habitué! »

Vraiment? Vous n’êtes pas habitué? Vous avez déjà oublié qu’au Québec, il fait froid en hiver? Vous devez en avoir bu des mojitos pour oublier une telle chose!

À vous regarder, j’avoue que j’ai presque envie de vous croire. Vous portez maintenant une légère camisole de coton et une petite robe de plage rose bonbon. Sans parler des sandales! Où sont passées vos bottes? C’est dans cette tenue que vous comptez affronter à nouveau nos rudes hivers québécois?

Pourtant, il y a une semaine, vous portiez un gros manteau chaud. Où est-il passé? Ne me dites pas que vous l’avez laissé à la femme de ménage de l’hôtel à Varadero?

Vous êtes bien né au Québec, non? Avez-vous vraiment oublié tous ces beaux souvenirs hivernaux en une seule semaine au soleil?

Souvenez-vous de votre tendre enfance où Maman emmitouflait précieusement votre corps dodu dans un habit de neige.  Elle enfilait une tuque de laine sur votre minuscule tête. Elle entrait vos petites mains de bébé dans de chaudes mitaines et elle recouvrait votre cou et votre visage d’un long foulard piquant. Vous n’aviez que vos yeux à découvert. De votre petit traîneau, vous pouviez admirer cette belle neige au sol. Vous vous souvenez? Bon, je vous l’accorde, vous étiez un peu jeune.

J’essaie encore.

Vous vous souvenez peut-être de ces fois où Maman vous chassait dehors durant une grosse tempête de neige. Vous criiez que vous ne vouliez pas sortir. Pourtant, elle vous prenait par le bras et vous ne pouviez répliquer. De toute façon, qu’auriez-vous fait à l’intérieur? Le PlayStation n’existait pas durant ce temps là!  Vous affrontiez donc l’hiver comme un grand garçon. Vous geliez royalement, mais vous teniez bon. Vous rentiez à la maison avec la morve au nez. Vous aviez eu FRETTE mais que de bons souvenirs!

Avouez que la mémoire vous revient? Non, vous ne vous souvenez toujours pas!

Essayons ceci alors.

Il y a une semaine, vous étiez à la maison, prêt à partir avec vos valises pleines. Quelques minutes avant votre départ, vous êtes sorti démarrer la voiture pour la réchauffer. Vous en avez profité pour déglacer les fenêtres et déneiger le toit. Vous aviez les mains gelées. Cependant, vous avez quand même déblayé la cour afin de ne pas rester bloqué dans cette neige nouvellement tombée.

Entre-temps, vous vous disiez: « Maudit qu’il fait FRETTE! »

Par la suite, vous êtes retourné à la maison prendre les valises. Quel bonheur de partir enfin en vacances!

Les routes étaient remplies de sloche brune. Vous deviez asperger du lave-glace sur le pare-brise à toutes les secondes pour entrevoir votre chemin. Le gros bonheur!

À l’aéroport, vous êtes entré dans l’avion avec un manteau sur le dos et la broue dans le toupet.

Vous vous souvenez maintenant? La voiture? La neige? Le froid? La buée? C’était il y a une semaine seulement!

Quand avez-vous donc perdu la mémoire?

Je sais maintenant!

Au décollage, la neige s’est éloignée rapidement en dessous de vous. Quelques nuages ont alors brouillé l’horizon pendant un instant. Puis, un beau grand ciel bleu est apparu. À cet instant même, vous avez oublié votre passé…

Hôtesse de l’air: « Pour votre confort et sécurité, veuillez demeurer assis avec vos ceintures attachées et vos bagages rangés jusqu’à l’arrêt complet de l’appareil. Si vous avez besoin d’assistance pour le débarquement, veuillez demeurer assis jusqu’à ce que les autres passagers soient descendus. J’aimerais aussi vous rappeler qu’au Québec, il fait FRETTE! Je vous souhaite à tous un bon retour à la maison et un JOYEUX TEMPS DES FÊTES! »

JOYEUX NOËL ET BONNE ANNÉE 2011!

 

 

Poursuivre la lecture
Partagez!
5 novembre 2010
Par Elizabeth Landry

Ça m'énerve - Section Café & Thé


La saison d’été est ENFIN terminée! J’ai l’air d’en avoir plein ma tuque? Désolée, ce n’est pas mon intention. Je suis bien heureuse d’avoir passé la majorité de mon temps en Europe, mais je tiens tout de même à vous préciser la raison de mon soulagement.

En mai, c’est la saison d’été qui commence. Fini les vols vers le Sud! Les passagers ne s’appelleront désormais plus Roger, Pauline ou Cindy, mais Arnaud, Fabrizio ou Agathapoulos. Nouveaux passagers et nouveaux comportements. Durant les premiers mois, les hôtesses de l’air seront compréhensives et riront gentiment de ces gestes que les passagers répètent d’un vol à l’autre. Pourtant, au fur et à mesure que les mois avanceront, ces comportements banals se transformeront en des «ÇA M’ÉNERVE!».

Peu importe votre nationalité, que vous soyez Italiens ou Espagnols, Français ou Canadiens, il semble que certains comportements se reproduisent à bord constamment. Nous les avons déjà considérés comme drôles et naïfs mais désormais ils sont devenus irritants.

Je vous présente donc mon TOP 3 «ÇA M’ÉNERVE» SECTION CAFÉ & THÉ

1. Café ou thé?

Mise en situation : Après que nous ayons passé les plateaux de nourriture à tous les passagers, nous passons par la suite dans les allées avec le café et le thé.

Il y a une hôtesse de l’air pour le THÉ. Une autre pour le CAFÉ. Il me semble que ce n’est pas compliqué. Vous me suivez jusqu’ici? Donc, si je résume bien, il y a deux hôtesses de l’air dans l’allée qui circulent avec un pot de café et un pot de thé. Elles se suivent de près.

Celle qui tient le café dit «CAFÉ».  Celle qui tient le thé dit évidemment «THÉ». Vous me suivez encore? En général, nous crions haut et fort CAFÉ, CAFÉ, CAFÉ, juste pour être certaine qu’aucun passager ne se trompe de personne. En anglais, c’est COFFEE, COFFEE, COFFEE. En Espagnol, c’est CAFÉ, CAFÉ, CAFÉ. En italien, c’est CAFFE, CAFFE, CAFFE. Grosse différence hein?

Quand quelqu’un veut du café, il doit nous tendre sa tasse. Pour être certaine qu’il veut bien le café, nous allons lui répéter que nous sommes celle qui verse le café. Nous disons alors: «Café?» et nous le regardons en signe d’approbation.  Il hoche la tête. Nous servons donc le café dans sa tasse bleue. Et là, horreur! Il nous regarde avec un air épaté et stupéfait. «Mais ce n’est pas du THÉ que vous servez! Je voulais du THÉ, MOI». ÇA M’ÉNERVE!

2. La tasse sur le plateau S.V.P

Continuons toujours avec le café et le thé pour ne pas mélanger personne. Comme il y a trois personnes dans chaque rangée, il nous est assez difficile d’aller verser le café directement dans la tasse de la personne assise près du hublot.

Pour nous faciliter la tâche, nous tenons donc d’une main le pot de café ou de thé et de l’autre un petit plateau avec des petites crèmes, des petits laits et des sachets de sucre. Un espace est laissé libre sur notre plateau afin que tous puissent y déposer leur tasse et que nous puissions verser le liquide de manière facile et sécuritaire. Tous les passagers semblent vivre LE QUESTIONNEMENT de leur vie lorsqu’il arrive le temps de nous tendre leur fameuse tasse bleue qui se trouve sur leur plateau. Je ne crois pas avoir déjà déstabilisé autant de personnes en même temps…

Imaginons que le passager voulant du café est assis au hublot. Je lui tends alors mon plateau afin qu’il y dépose sa banale tasse. Premièrement, il va regarder mon plateau avec une paire d’yeux vides. Il ne sait pas du tout quoi faire et je le sais. Je lui laisse pourtant le bénéfice du doute et j’attends un peu. Là, il s’agite et prend une petite crème supplémentaire, mais ne dépose toujours pas sa tasse sur mon plateau. Je ne dis rien. J’attends qu’il réfléchisse le moindrement. Il ne dépose toujours pas sa tasse. Il la tient fermement dans sa main.

Il se dit que je lui offre peut-être encore des petits laits et des petits sucres. Il prend alors un sucre supplémentaire. Là, il me regarde et il me dit:  «Je n’ai plus besoin de rien, seulement du café». Je lui réponds donc: «Veuillez déposer votre tasse sur mon plateau».

L’histoire pourrait s’arrêter là mais non. Je dois alors répéter: «Monsieur, la tasse sur le plateau. La tasse sur le plateau Monsieur. Monsieur LA TASSE sur le PLATEAU!»

Et puis, il y a l’extrême où je devrai littéralement déposer mon pot de café au sol. Me lever. Prendre sa tasse bleue. La déposer sur mon plateau. Reprendre mon café par terre. Verser le café et lui tendre sa tasse. ÇA M’ÉNERVE.

3. Une crème à la place du lait

Poursuivons toujours avec le café et le thé. Qui aurait cru qu’il y en avait autant à dire à ce sujet? Je suis aussi surprise que vous:)

Revenons donc à la scène où la tasse est maintenant remplie de café sur mon plateau. Le passager peut maintenant prendre sa tasse et me laisser continuer de servir les autres passagers. Et non! Il y en a toujours un qui veut changer son petit lait pour une petite crème. Il va donc prendre sa tasse avec une main et de l’autre changer son lait pour une crème.

Où croyez-vous qu’il déposera son petit lait indésiré?

— Il pourrait le remettre avec les autres laits qui sont tous bien ordonnés autour des sachets de sucre.

— Il pourrait le remettre dans l’espace libre qu’il vient de créer en prenant sa crème.

NON! NON! NON !

Il le met directement dans l’espace vide réservé aux tasses!

Ce lait s’amuse maintenant à bloquer le chemin. Il roule d’un côté et de l’autre. Il ne reste pas au même endroit. Et je ne compte surtout pas sur l’aide du passager suivant pour le déplacer. Il va sûrement me regarder et me dire: «Il n’y a pas de place sur votre plateau!» Je suis livrée à moi-même!

L’intention du passager était-elle de me faire enrager? Comment croit-il que je déplacerai ce lait qui prend maintenant l’espace pour la tasse? J’ai les deux mains pleines! ÇA M’ÉNERVE!

Poursuivre la lecture
Partagez!
15 octobre 2010
Par Elizabeth Landry

L'enfer Ryanair

Qui choisir? EasyJet ou Ryanair?

Comme je m’oblige à répondre à cette pénible question, je comparerai alors Easyjet au tunnel chaud voire brûlant qu’empruntent les âmes pécheresses lors de la descente aux Enfers. C’est orange, c’est agressant. On n’aime pas.

Ryanair, pour sa part, c’est déjà l’Enfer! Le feu brûle et détruit tout sur son chemin. C’est jaune. C’est trop jaune. C’est plus qu’agressant. On veut mourir.

Il y a peu de temps, une jeune hôtesse de l’air et son équipage embarquèrent à bord d’un des Boeing 737-800 de Ryanair. Le prix des sièges (si l’on peut appeler ceux-ci des sièges) valait probablement une petite bouchée. Le vol durait environ une heure. Ce n’est rien qu’une heure, vous direz. Attendez un instant! C’est une heure de trop. Une heure de cauchemar.

L’équipage en question n’avait pas encore fermé l’oeil, car tous avaient volé durant toute la nuit au-dessus de l’Atlantique.

Après deux heures d’attente dans l’aéroport, l’avion arriva enfin. Les passagers qui étaient déjà à bord descendirent. Une annonce se fit alors entendre et tous les nouveaux passagers se mirent en ligne dans l’espoir d’embarquer rapidement.

Vite, vite, vite. Coups de coude par-ci et coups de bagages par-là. Voyons c’est quoi le problème? Ah! j’avais oublié Ryanair, tout comme Easyjet, n’assigne aucun siège. Premier arrivé, premier servi. Une vraie partie de hockey. «Désolé, j’étais là avant vous.» «Non, c’était moi». Bla, bla, bla.

Durant ce temps, les agents au sol (ceux qui vérifient les billets d’embarquement à la barrière) se préparaient à s’amuser avec toutes ces petites sardines bien cordées, hôtesse de l’air et équipage inclus.

Le Rack

C’est à ce moment que l’ennemi juré des passagers fit son entrée en jeu: le fameux «rack» utilisé afin de mesurer la dimension d’un bagage. Le chef exécutif de Ryanair, Micheal O’Leary a tout compris. Il n’est pas fou ce gars-là. Même si un passager coriace réussit à passer outre au comptoir d’enregistrement, il va se faire prendre à la barrière.

Donc, voilà que le dangereux «rack» bleu s’approche de l’équipage en question. Les petits carry-on des agents de bord (les petites valises à roulettes) doivent donc sans exception entrer aisément entre les barreaux du «rack» sinon il faut payer. Combien? 35 euros!

Après avoir payé ledit montant, notre jeune hôtesse de l’air coupable de voyager avec sa petite valise dans le cadre de son travail, entra sans problème à bord de l’avion infernal. Personne ne lui demanda de la mettre dans le cargo. Personne!

Pourtant, cette charge ridicule n’était-elle pas imposée afin de mettre la valise en soute? Ce «rack» n’était-il pas utilisé dans le but de coincer les malheureux bagages trop corpulents pour entrer dans les compartiments supérieurs? Il semblerait que non, car la petite valise noire entra sans problème et surtout sans question à bord de l’avion.

Je soupçonne que ce «rack» bleu a même été construit trop petit dans le but précis de faire plus d’argent…

Un avion sans équipage ne vole pas loin

Non, ce n’est pas terminé. L’enfer ne fait que commencer. Il y a quelques instants, nos petites sardines fatiguées s’alignaient en file cordée. Ne voilà toujours pas d’embarquement après 30 minutes d’attente.

45 minutes…

1 h…

1h30…

Peut-on monter à bord? Non, impossible. L’équipage du super Boeing est porté disparu. Les passagers sont pourtant en ligne depuis bientôt deux heures mais personne n’est là pour voler l’avion. Et surtout pas question de retourner s’asseoir dans la salle d’attente. Qui va à la chasse perd sa place!

C’est ainsi que l’équipage et l’hôtesse de l’air, à bout de nerfs depuis un bon moment, découvriront alors une nouvelle fonction à leurs carry-on apparemment trop gros pour entrer dans un «rack» Ryanair. Le banc portatif était né!

Mais où est passée la bienséance? Honnêtement, je crois qu’elle s’est envolée quelque part entre minuit, plusieurs au revoir, quelques heures d’attente et 35 euros.

Astuces Marketing

Si Ryanair fait vivre l’enfer à tous les équipages en mise en place, il faut l’admettre, Ryanair détient la formule pour réduire ses coûts d’exploitation et augmenter ses profits.

Voyons voir :

1- Il n’y a pas de cartes de démonstration d’urgence imprimées sur du papier. Sauvons la planète, mais sauvons plutôt notre porte-monnaie en imprimant directement les consignes de sécurité directement sur les sièges.

2. Il n’y a pas de sacs de vomissure non plus. Si vous vomissez, on vous charge probablement 2 € pour le sac! Mais comme le derrière des sièges sont en plastique, j’imagine que quelques gouttes de vomi se nettoient assez bien.

3. À bord, on a droit à un vrai marché ambulant. Les agents de bord font des annonces pour vendre toutes sortes d’items : des cigarettes qui ne produisent pas de fumée, des coupons de loterie ou des articles de la boutique hors-taxes.

4. D’ici deux ans, vous pourrez voyager debout pour moins cher. Voir le video.[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=E_dQH1hNCsg]

5. Vous devrez également payer pour faire pipi! Boeing est en train de développer un système de toilettes payantes pour les avions de Ryanair. Vous devrez alors débourser 1 £ ou 1 € pour utiliser les toilettes sur les vols d’une heure et moins. Une toilette seulement sera alors disponible à bord de certains appareils. L’autre toilette sera enlevée et remplacée par des sièges de passagers. $$$

4. Procurez-vous également le CALENDRIER 2010 mettant en vedette les hôtesses de l’air sexy de RYANAIR. Les profits sont versés à un organisme de charité… Vraiment?

Je pourrais continuer cette énumération pour encore longtemps en vous parlant des «FAT TAX», cette taxe qui pourrait s’appliquer pour les personnes obèses. Ou leur pratique controversée de mettre le minimum de kérosène dans le but précis d’épargner, mais aussi d’obliger leurs pilotes à se poser coûte que coûte à l’aéroport de destination.

Bref, le génie marketing de Ryanair n’a pas de fin.

Poursuivre la lecture
Partagez!
22 juillet 2010
Par Elizabeth Landry

Le Passager JE, ME, MOI

PETITE CARICATURE RIGOLOTTE


Je reviens de Marseille et je ne suis pas revenue les mains vides. J’ai évidemment une bonne adresse de restaurant à vous révéler sous peu. Par contre, aujourd’hui, j’ai envie de m’exprimer sur un autre sujet. Délicat? Je ne crois pas. Nous avons ou incarnerons tous un jour le rôle de ce mystique personnage que j’appellerai aujourd’hui : LE PASSAGER «JE, ME, MOI ».

En fait, je fais référence ici à cet unique passager qui sait se faire remarquer et qui s’arrangera pour nous occuper durant tout le vol. Il peut être seul ou accompagné de plusieurs complices et il porte différents noms tels que «je suis dans les jambes de tout le monde» ou bien « je suis un adulte en santé, je n’ai pas 10 ans, mais pourtant, j’ai constamment besoin d’attention ». Ça suffit, démasquons-le!

Dès les premières minutes de l’embarquement, il signale sa présence. Il porte à son bras sa maison entière. Et moi qui croyais qu’un seul bagage à main était permis en cabine! Non, ce passager se réserve le droit d’apporter son sac à main, sa grosse valise, une autre grosse valise et pourquoi pas quelques bouteilles d’alcool qu’il aura achetées à l’aéroport (et il refusera évidemment de les mettre sous le siège). Il est surchargé, c’est bien évident. Il vous obligera à soulever ses quelques sacs et vous irez même jusqu’à porter son bébé dans vos bras, car il est trop occupé à s’installer à son siège. Jusque là, ça va.

Avant le décollage, il vous demandera un bon vieux verre d’eau en ajoutant « c’est pour prendre un médicament », ou « je suis déshydraté », ou « c’est pour faire passer ma bouchée de sandwich». Bref, demande de verre d’eau suivi de la raison de la demande du verre d’eau. Un simple : « Pourrais-je avoir un verre d’eau? », serait suffisant, mais apparemment, il faut toujours justifier. Allez savoir pourquoi! Encore là, ça va.

Durant l’embarquement, il restera debout. Les allées seront encombrées davantage. Il ne veut pas s’asseoir. Il se dit:  «Je vais passer huit heures assis, alors je reste debout ! ». Pendant, ce temps-là, les autres passagers s’impatientent et passent quasiment sur lui.

Après le décollage, il désire savoir l’heure du repas. SES enfants ont faim. L’un est probablement allergique aux champignons, l’autre aux petites tomates rouges. Pire, la famille entière est allergique au lactose, aux noix et est végétarienne. Pourtant, papa et maman n’ont rien apporté à grignoter…Curieux non?

Durant le repas, LE Passager « JE, ME, MOI » n’aura pas son premier choix parmi les trois plats suggérés. En fait, si quinze choix étaient offerts, SON choix n’y serait pas. Bref, la panique! Nous courons en avant pour lui trouver une banane et des craquelins.

Petit Quiz : Acceptera-t-il la banane et les craquelins?

Durant le vol, il fait froid. Tous les autres passagers ont chaud, sauf lui. Il a tellement froid qu’il dit porter plainte à la compagnie, ou pire encore, poursuivre le pilote de l’avion. On aura tout vu!

Lorsque nous sommes dans l’allée avec les chariots, il a soudainement envie d’aller aux toilettes. Il ne peut pas patienter et il nous le fait savoir. Il respire dans notre cou et s’arrange pour rester très près de nous afin que nous ayons aucun autre choix de le laisser passer. La même chanson à son retour des toilettes.

Lors de la turbulence, il se lève de son siège pour aller chercher l’item inutile qui se trouve dans le compartiment supérieur. Je peux vous assurer qu’il prendra bien son temps. Il se dit encore une fois que l’annonce faite auparavant afin que tous demeurent assis avec leurs ceintures attachées ne lui était pas destinée. Rien de surprenant!

À la descente, pour nous en mettre encore plein la vue, l’un des enfants du Passager «JE, ME, MOI» aura mal au ventre. Mal de ventre qui se transformera en mal de coeur. Mal de coeur qui se transformera en «j’ai envie de vomir maman!». Et comme prévu, le petit n’aura pas le temps de se rendre aux toilettes pour évacuer toutes les friandises qu’il aura englouties durant le vol. Malchance! La main devant la bouche afin d’empêcher un dégât, il évacuera le tout sur le plancher, les fours, la porte et finalement notre strapontin (le siège rétractable des agents de bord).

Et puis, maman nous laissera ramasser cette substance indésirable avec nos beaux gants en plastique. Parfait!

Dernier Quiz:

Une fois atterri, un passager détachera sa ceinture avant les autres. Un seul osera se lever le premier pendant que l’avion sera toujours en mouvement. De qui parlons-nous? Quel est son nom?

ET OUI! C’EST MONSIEUR «JE, ME, MOI»!

Poursuivre la lecture
Partagez!